18/10/2007

Exit

Sujet grave et difficile, tabou même : Les personnes âgées se suicident.

Ras le bol de la solitude, de la décrépitude physique, du manque de respect. Elles me disent "Docteur je ne sers plus à rien, je veux m'en aller, que fait Dieu". Et moi j'essaye de les soutenir, de placer quelques banalités, de les faire sourire, mais je sais que tout cela ne sert à rien. C'est le vide.

"S'il vous plaît donnez moi quelque chose pour m'en aller" Et moi je dis non.

J'essaye les anti-dépresseurs, mais elles ne les prennent pas.

Alors, elles se tournent vers Exit.

En 6 mois, 3 des mes patients sont partis comme cela.

Les condamner ? Qui suis-je pour cela...

Il faut vraiment que nous réfléchissions sur la place des personnes âgées dans notre société. Nous n'avons pas le droit de les abandonner. Elles ont juste besoin d'un peu d'humanité et de tendresse.

06:36 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Facebook |  Imprimer | | | |

Commentaires

Cher Doc, voici un sujet bien plus lourd que celui d'hier... Et difficile à aborder. Le vide social et relationnel des gens âgés est une réalité... mais aussi le fait que certains d'entr'eux ne veulent plus vivre, ayant le sentiment d'avoir accompli leur mission en ce bas monde...

La généralisation est impossible, ce qui rend malaisée toute discussion "politique" de ce sujet.

Si je partage avec vous le sens du devoir de ne pas les abandonner, il convient aussi de respecter leur désir de partir si celui-ci est authentique et sainement décidé.

C'est l'ultime liberté qui nous appartient et que personne ne peut nous prendre.

Écrit par : Ernest-Rob Degudy | 18/10/2007

Cher Doc, voici un sujet bien plus lourd que celui d'hier... Et difficile à aborder. Le vide social et relationnel des gens âgés est une réalité... mais aussi le fait que certains d'entr'eux ne veulent plus vivre, ayant le sentiment d'avoir accompli leur mission en ce bas monde...

La généralisation est impossible, ce qui rend malaisée toute discussion "politique" de ce sujet.

Si je partage avec vous le sens du devoir de ne pas les abandonner, il convient aussi de respecter leur désir de partir si celui-ci est authentique et sainement décidé.

C'est l'ultime liberté qui nous appartient et que personne ne peut nous prendre.

Écrit par : Ernest-Rob Degudy | 18/10/2007

C'est la liberté fondamentale de chaque humain de disposer de sa vie.
Vous devriez les aider!!

Écrit par : Guye-Vuillème J.-F. | 18/10/2007

Vite dit. l'euthanasie active reste un crime. Les médecins sont complétement désarmés face à cette situation. Et je veux bien que ce soit l'ultime liberté mais comment faire quand vous êtes à peu près complétement impotent et donc dépendant des autres qui n'ont pas envie de passer pour des criminels ???

Écrit par : Géo | 18/10/2007

Pourquoi, au lieu de donner une pendule (quelle cruauté!) ou un fauteuil à 90 ans, ne remettrait-on pas un bon pour une pilule ou une fiole à chaque citoyen qui serait ainsi libre d'aller le chercher ou pas. Croyez bien qu'en possession du moyen infaillible de mourir, une grande partie d'entre eux/elles goûteraient cent fois mieux leur reste de vie et l'envie d'en finir s'estomperait.

Écrit par : Grosjean Mireille | 21/10/2007

Notre société vit dans une tourmente inter-générationelle, en particulier marquée par une discrimination par l'âge qui donne une image négative de la personne âgée : l'intégration d'un sentiment d'inutilité de la part de certaines personnes âgées marque bien que cette mise à l'écart est intériorisée par les personnes mêmes qui en sont victimes. Je trouve dramatique que la société règle cette question par la distribution d'une solution permettant l'auto-élimination de ceux qu'elle a elle-même contribué à exclure.

Écrit par : Patrick Beetschen | 21/10/2007

Les commentaires sont fermés.