20/11/2007

Polypragmasie

Késaco ?

Ce terme, d'origine allemande, est utilisé pour définir un abus de prescriptions, de la part de médecins.

SantéSuisse part à la chasse des médecins trop onéreux. Tout professionnel qui dépasse 130 % de la moyenne est suspecté.

Il doit donc se justifier, d'abord par lettre, puis devant un tribunal dit arbitral.

Jusque là, vous me direz, il n'y a pas à fouetter son chat.

Le problème c'est que les statistiques utilisées par SantéSuisse sont sujettes à critique et que surtout le fardeau de la preuve est renversé. Le médecin doit se justifier avec ses chiffres qui souvent ne correspondent pas avec ceux de la partie adverse.

Qui a raison, qui à tort ?

Nous remarquons que beaucoup de confrères sont en train de changer leur pratique pour ne pas devoir subir de contrôles.

Je m'explique. Vous pouvez être dispendieux car vous êtes un tricheur et là vous méritez que l'on vous sanctionne.

Mais vous pouvez également sortir de la moyenne, car vous prennez plus de temps avec vos patients, Vous soignez des personnes avec des problèmes graves nécessitant des traitements compliqués. Vous avez dans votre consultation beaucoup de malades avec une grande franchise (les assurances comptabilisent les factures mais n'enlèvent pas les frais non remboursés). Vous vous déplacez à domicile. Vous évitez les hospitalisations en demandant plus de prises en charge sur le lieu de vie.

Vous voulez vous éviter des soucis : alors c'est simple.

Faites le contraire !

Et refusez les cas lourds...

Vous voyez que la pratique peut changer à cause de statistiques.

Je vous rassure, vos primes ne vont pas baisser pour autant.

 

 

 

 

 

06:35 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook |  Imprimer | | | |

Commentaires

Cher Docteur,
Comment dénoncer les médecins qui trichent, car il y en a, sans doute plus qu'on ne le croit.

J'avais un gynécologue, qui, en plus du grand status gynécologique, me facturait un examen urinaire (c'était autrefois avec le système des codes, dont j'avais la liste, je pouvais donc contrôler ce qu'on me facturait). Lorsque je lui ai demandé ce que c'était que ce contrôle urinaire fantôme, il m'a répondu, après quelques détours, qu'il mettait le nombre de points qu'il fallait pour arriver à ce que LUI estimait être la valeur d'un simple contrôle de routine (150,- pour 10 minutes). Je l'ai dénoncé à l'AMG, à l'assurance maladie, sans résultat.

L'année suivante: rebelotte, j'ai à nouveau contesté l'examen urinaire fantôme et la réponse du médecin a été "Ah oui, comme ça a marché l'année dernière, la patiente me refait le coup pour avoir un rabais". Il va sans dire que j'ai changé de gynécologue. Mais lui continue certainement de surfacturer et les patientes s'en fichent, "puisque c'est l'assurance qui paie".

Que peuvent faire les patients pour lutter contre ce genre de pratiques? Je comprends bien que le médecin doit finir de payer la piscine de son chalet à Verbier, mais quand même... pas sur le dos des patients!

Écrit par : Babouchka | 20/11/2007

Quel article exceptionnelle, j'ai découvert ce que nous cherchais, tout en vous remerciant bon weekend.

Écrit par : cotes france honduras | 15/06/2014

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