20/03/2008

La "lourde" légèreté de l'hélium...

Pour pouvoir éviter l'intervention d'un médecin, l'association Dignitas propose un suicide assisté avec un sac rempli d'hélium.

Je n'arrive pas à imaginer une fin digne et sereine avec cette méthode qui me semble terriblement barbare. Mourir étouffé, l'horreur.

Dignitas ne nous aide pas, ne nous a jamais aidé. Leur attitude, malheureusement, empêche un débat humain sur une fin de vie digne.

La présence du médecin est essentiel. Sa place est centrale. Il doit d'abord pouvoir longuement discuter avec son patient, car il doit le connaître parfaitement. Il doit l'aider à surmonter la douleur avec tous les moyens disponibles. Et c'est seulement lorsque plus aucune solution humaine et digne est à disposition, que la suicide assisté doit être débattu.

Chaque cas est particulier. L'Homme doit être libre de choisir sa fin, mais il doit le faire en toute connaissance de cause en dehors de toutes dérives sectaires ou commerciales.

Mon travail c'est de défendre mes patients contre vent et marée. J'ai le devoir de l'éthique.

C'est dur, c'est lourd à porter, mais je n'ai pas le choix.

Chaque expérience est une baffe reçue en pleine poire.

 

 

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Commentaires

Bonjour à toutes et à tous,

Bonjour Docteur,

effectivement mourrir étouffé à l'hélium... ce doit être assez affreux.

Pour des raisons qui me sont propres, si je devais avoir recours à une "fin assistée" un jour... je choisirai plus facilement une overdose contrôlée d'opiacés, histoire de m'offrir un dernier voyage avant que le coeur ne s'endorme.

Vous avez entièrement raison de souligner le caractère très business qui est en train de s'installer autour de ce phénomène de société et de mettre le Ola.

Cher Docteur, les professionnels de la santé tel que vous font honneur au serment d'Hypocrate.

Bien à vous Docteur,

Stéphane

Écrit par : Stéphane | 20/03/2008

Etant donné les connaissances limitées en médecine, vous ne devriez pas être obligé de porter une si lourde responsabilité ni recevoir des "baffes". Je crois fermement que le patient et le médecin doivent être "associés" et chercher ensemble des solutions. Le patient parce qu'il vit la souffrance de l'intérieur est un expert. Et le fait d'agir pour lui-même est très bénéfique pour sa santé. Le médecin est un expert parce qu'il a une longue formation et apprend continuellement. Il est aussi important parce qu'il a une position d'autorité et de pouvoir dans notre société et peut aider à valider le patient. Mais il ne devrait pas être seul responsable.!

Écrit par : K. | 20/03/2008

Déçue de votre position, Docteur, malgré le respect dû à votre profession! La pratique vous mentionnez est une torture. Or, torturer un patient (épicène) déjà torturé par un mal infernal et fatal est totalement inhumain comme l'est l'charnement thérapeutique non consenti, d'ailleurs.

Il existe pourtant dans notre pays une association sérieuse dans son travail, tant au niveau humain que médical, législatif et éthique : Exit.
La solution léthale, le Penthobarbital sodique, constitue une réelle solution à ce problème ("pub" gratuite, je m'empresse de la préciser). Cette pratique rendue publique par les nombreuses conférences de presse et publications est indolore (sinon, pourquoi ajouter de la souffrance à la souffrance?) et prend en compte la globalité de la personne.

P. S. A lire aussi mon commentaire d'hier sur le blog de l'excellent M. Cuenod, que je remercie pour ses 2 billets concernant cette question cruciale!

Écrit par : Micheline Pace | 20/03/2008

Je voudrais d'abord préciser que chacun devrait pouvoir obtenir de l'aide lorsqu'il est atteint d'une maladie incurable. Ceux qui refusent le droit au suicide et à l'euthanasie sont des dictateurs qui veulent imposer aux autres leur dogme et ceux qui respectent l'être humain respectent aussi son droit de mourir. J'ai un cancer peut se répandre. Il serait normal que dès que c'est le cas j'ai le droit d'obtenir du pentobarbital pour mourir dignement. Apparemment dignitas conseille une autre méthode parce que cela deviendrait difficile d'obtenir via un médecin du pentobarbital? Est-ce vrai? La loi l'autorisant, ne trouvez-vous pas que les médecins suisses prescrivent du pentobarbital lorsqu'on a le cancer et qu'on ne veut pas suivre tous les stades de souffrances, alors qu'il est devenu incurable?

Écrit par : guillaume Plas | 15/02/2010

Il faut s'adresser à Exit. Cet organisme fonctionne très bien.

Écrit par : Bertrand BUCHS | 15/02/2010

J'aurais quelque propension à interprèter l'acharnement à vouloir faire vivre des gens malades,souffrants,qui demandent de façon consciente ,via des directives anticipées sans ambiguïté,à ce qu'une instance médicale collégiale les aide à mettre un terme à leur vie, comme le résultat d'un impensé, d'un blanc dans l'intellect, d'un handicap mental très localisé.
Nous avons ainsi en Lot et Garonne 2 sénateurs (vieux) Poncet et Soulage, qui jugent "qu'il ne leur appartient pas en tant que sénateurs de prendre publiquement position" !?.. et qui prétendent en outre partager le point de vue que nous évoquons...! Nous avons les sénateurs que nous méritons... probablement. Jean Marc Lhermet

Écrit par : lhermet | 25/10/2011

Je lis vraiment n'importe quoi!
"étouffé à l'hélium"! L'hélium n'est pas de la fumée de pot d'échappement, qui fait tousser et chercher à s'arracher de ça, c'est un gaz inerte, dont on ne ressent rien, sauf que la conscience se perd très vite et que la mort survient "dans la foulée".
Il y a quelque temps que j'ai préparé mon "exit bag", dans une armoire, sauf la bombonne, que j'acchèterais au dernier moment.
Si entre temps je DOIS aider quelqu'un qui en est réduit au suicde, je le ferais, après avoir bien discuté avec lui, et sans la moindre notion d'argent, encore heureux.

"le suicide n'est pasun choix, on y est conduit quand la douleur déoasse les ressources qui permettent d'y faire face".

Alors, aider une personne à ce stade, qui ne peut donc pas aller acquérir et monter le peu de matériel nécessaire, est un acte de charité, même d'amour, pour un souffrant.
Bien sur, en dehors de ma pathologie qui m'éteint dans des douleurs atroces, j'aiderai si besoin, quiconque me convaincrait qu'il est à bout.

L'euthanasie, mûrement réfléchie et consentie, est une des formes les plus respectables de l'humanisme.

Charles, infirmier, atteint d'un cancer du pancréas

Écrit par : Guillaume | 02/03/2012

Bonjour

je comprends que si je respire de l' helium il va prendre la place de l'oxygène dans les poumons.
Ce que je voudrais savoir, c'est est ce que j'ai un mouvement de respiration normal en respirant de l"hélium , ou dès que je le respire ma respiration s'arrete et je meurs étouffé ?


Merci

Écrit par : RATS | 26/01/2014

On me meurt pas "étouffé" avec de l'hélium Monsieur... quelle intox qui discrédite tous vos propos. Le plastique sur la tête c'est pour que le gaz ne s'échappe mais on perd conscience en très peu de temps et la mort suit, indolore.
Lire de telles inexactitudes d'un médecin prouve une chose : que les médecins nous prennent tous pour des cons.

Écrit par : Anne Barbet | 16/05/2014

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