28/03/2008

Faut-il une formation pour l'aide au suicide ?

772533361.jpgMonsieur Recordon pose la question et propose de mettre sur pied une telle formation durant les études de médecine.

L'idée peut sembler  judicieuse, mais j'ai comme un doute.

Je l'ai déjà écrit et je le répète, l'aide au suicide ne peut pas être une règle. Elle doit rester une exception. Ce geste ne doit pas devenir banal.

La question doit être discutée avec le patient seul à seul, sans que l'extérieur, avec ses ràgles et sa bonne conscience puisse intervenir.

Ne pensez pas que je sois contre ! J'ai déjà assisté plusieurs de mes patients et leur décision était juste et belle. A chaque fois, c'était différent et il a fallu improviser avec les  tripes et le coeur.

Il n'existe pas de livre, de protocole, de façon de procéder qui puissent dire. L'Homme n'est pas un programme d'ordinateur.

A chaque fois je repars de zéro. Je crois plus aux années de pratique qu'à un réglement.

Les étudiants en médecine doivent être mis au courant. Ils doivent savoir qu'Exit existe, mais aussi être formés en soins paliatifs. L'un de peut aller sans l'autre. L'un ne peut exclure l'autre.

Le reste c'est le coeur...

09:40 Publié dans Société - People | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook |  Imprimer | | | |

Commentaires

Est-ce que les toubibs afficheront leur diplôme de suicideurs patentés dans leur salle d'attente ?

Écrit par : stéphane-2 | 28/03/2008

formation au suicide? bizarre...
formation à l'accompagnement psychologique des malades et de leur famille: indispensable, même dans un profil de guérison presque sûre...
ras le bol de ces médecins hospitaliers qui ne disent jamais "bonjour", qui ne discutent jamais ni avec le malade ni avec ses proches, avec lesquels on a l'impression de n'être qu'un cas parmi d'autres, une maladie, et non pas un être humain...
encore plus indispensable si on veut dans le cas d'une mort annoncée, prévisible, après une longue maladie, ou simplement dans le cas de vieillesse très avancée, quand la personne ne trouve plus aucun intérêt à continuer de vivre...
cette formation d'abord pour considérer le "patient" comme un être humain, s'intéresser à lui, à son contexte familial ou amical, et pour la fin de vie, développer les soins dits "palliatifs"... ce terme m'agace un peu: il signifie quoi?
s'occuper de la personne et de son entourage (cela devrait être toujours le cas!)
supprimer les souffrances (là aussi, en dehors du cas de fin de vie, pourquoi laisser les gens souffrir quand on pourrait l'éviter?)
dans le cas de la fin de vie, lorsque le seul moyen de supprimer les souffrances (physiques et morales) est d'aider au passage serein vers la mort, cela peut être une aide par des soins palliatifs, par une mise dans le coma, mais aussi par une euthanasie ou un suicide assisté s'ils sont demandés

apprendre aux soignants que leur rôle est de guérir lorsque c'est possible, de permettre de vivre avec sa maladie lorsque les traitements sont possibles, mais d'abord d'empêcher la souffrance (sauf avis contraire de l'intéressé), y compris par une aide à mourir sans souffrances ni physiques ni morales. et que cela n'est pas "tuer", mais accompagner en douceur vers la mort.

Écrit par : jsalenson | 30/03/2008

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