29/05/2008

Moratoire sur l'ouverture des cabinets médicaux: armistice ou guerre ?

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Le Conseil des Etats a décidé de proroger le moratoire sur les ouvertures des cabinets médicaux.

Sachant que cette assemblée possède en son sein les plus fervents défenseurs des caisses maladies, il me semble que cette proposition doit être interprétée comme une offre de négociation. Vous avez peur de l’arrivée des médecins étrangers, de l’ouverture de dizaines de cabinet, alors acceptez nos propositions et nous vous aiderons.

Je m’explique. Comme par hasard, l’Helsanna a présenté un projet d’assurance pour le moins particulier. Franchise à 300 francs et 10% de participation si vous optez pour une liste de médecins ou franchise à 1000 francs et 20 % de participation si vous voulez garder votre médecin.

Les assurances maladies n’ont toujours pas abandonné leur quête du Graal. Elles veulent pouvoir décider quels sont les médecins qui seront remboursés. C’est que nous nommons dans un langage pseudo-gynécologique : la fin de l’obligation de contracter.

Excusez-moi mais ce terme me fait toujours rire car je ne peux pas m’empêcher d’imaginer toutes les femmes de Suisse refusant de contracter lors des accouchements. Bref c’est un petit exemple de l’humour un peu particulier des carabins. Fin de l’aparté.

Je me suis toujours demandé en quoi l’abandon du libre choix du médecin allait résoudre l’augmentation des coûts de la santé. Je n’ai toujours pas de réponse.

Exclure les moutons noirs à savoir les médecins qui facturent trop : non car dans le système actuel les assurances peuvent déjà refuser de rembourser un médecin.

La population doit savoir que les brebis galeuses (pour rester dans un langage bucolique et ovin) sont connues, sont toutes exclues des associations de médecins, mais qu’elles continuent à être honorées par les caisses. Cherchez l’erreur ou à qui profite le crime.

J’espère que vous vous rendez compte que les assureurs veulent prendre le pouvoir. Le marché de la santé est plus qu’intéressant en terme d’argent.

La votation du 1er juin en est l’exemple le plus parlant (n’oubliez pas de voter NON).

La Santé appartient aux citoyens comme l’éducation. C’est votre Santé, c’est votre avenir qui se joue. Soyez vigilant…

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Commentaires

Alors même que plusieurs études mettent en doute l'influence du nombre de médecins, l'expérience montre qu'une limitation de l'accès aux soins pratiquée par des assureurs a toujours les mêmes conséquences: diminution de la qualité des soins par une sélection basée sur les coûts (USA). L'argent ainsi "économisé" ne contribuera pas à baisser les primes, mais ira grossir des réserves en partie investies sur les marchés financiers, et servira a payer l'important appareil administratif nécessaire à la gestion d'une offre "diversifiée" en assurances. Cet euphémisme désigne en fait l'atomisation du catalogue de soins dans le but de créer des produits d'assurance à forte valeur ajoutée avec les grandes inégalités que génère un tel système.
Le projet d'Helsana n'a qu'un but: mettre le pied dans la porte afin de ne pas tout perdre le 1er juin.
En faisant accepter un tel projet, les assureurs espèrent pouvoir ensuite l'assouplir à leur guise jusqu'à arriver de fait à une suppression du libre choix du médecin.
Quant à l'épouvantail des centaines de médecins étrangers prêts à s'installer en Suisse, il s'agit là encore d'une manoeuvre destinée à faire pression par laquelle on brandit l'improbable pour tenter de faire passer l'inacceptable. Rien n'indique en effet qu'une telle déferlante se prépare dans un pays qui connaît déjà une forte densité en cabinets médicaux dont un certain nombre ferme chaque année faute de patients. Une éventuelle planification cantonale restera toujours plus efficace que celle d'assureurs plus soucieux de leurs propres bilans que de santé publique.

Écrit par : J. Schmidt | 29/05/2008

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