02/06/2008

Continuons sur cette même voie...

180513972.jpg

 

Hier les citoyens suisses ont dit clairement ce qu’ils désiraient comme politique de santé.

Cette victoire a été affaire de tous. Elle est venue de la base. L’action des professionnels de la santé, des associations de malades, des défenseurs des consommateurs a permis, par des arguments simples mais « bougrement » sensés de faire changer l’avis des partis politiques d’abord au niveau cantonal puis au niveau fédéral.

C’est premièrement une sacrée défaite du parlement. Il faut une fois pour toutes que nos élus nous écoutent. La base de la Politique s’est le travail sur le terrain.

C’est également un revers pour monsieur Couchepin. En fin politicien, il avait vu le vent tourner et il a fait profil bas durant toute cette campagne, mais il ne doit pas penser que ce vote est une reconnaissance pour ses convictions.

Les caisses maladies ont pris une sacrée baffe. Elles ont eu l’estomac trop gros et elles ont pensés, avec l’aide du parlement, qu’elles pouvaient tout se permettre, même faire voter un texte mensonger. Leur tentative de prise de pouvoir a échoué.

Les médecins se sont réveillés. Il leur a fallu du temps. Ils ont compris qu’il fallait absolument qu’ils défendent leur patient, qu’ils rappellent ce qu’est la maladie (une sacrée injustice) et qu’ils se battent pour tous aient le même accès aux soins.

Les médecins ne vont pas se rendormir, faites-moi confiance. Nous avons pris goût à la bataille.

Nous continuerons à défendre le libre choix du médecin, Nous continuerons à nous battre contre une médecine à deux vitesses. Nous allons exiger la vérité sur la gestion des caisses maladies.

Il faut que nous lancions une initiative demandant que les caisses maladies s’occupent uniquement de l’assurance de base. Il faut séparer la gestion du privé et de la base par la même entité. Cela semble une évidence. Une caisse maladie reste une mutuelle. Elle appartient à ses membres. Elle doit se contenter de rembourser les factures, un point c’est tout. Ce n’est pas à elle de faire de la politique, de dicter la politique de l’Etat.

Qu’en pensez-vous ?

07:14 | Lien permanent | Commentaires (7) | |  Facebook |  Imprimer | | | |

Commentaires

Mais franchement, quand vas-t-on nous proposer de voter pour ou contre la continuation de la LAMAL, sous la forme actuelle, avec "prise en otage" du citoyen ?
Cette "obligation de contracter" est nuisible !

Que Couchepin, Président de la Con - Fédération s'en prenne plein la gueule, je suis tellement content, je ne puis exprimer ma joie !

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 02/06/2008

Bonjour !
Ouiiiiiiiiiiii Docteur !
Médecins, pharmaciens et patients ont pu constater l'effet quand ils se rendent compte qu'ils constituent en fait le "Peuple" et agissent en conséquence.
Que le "Peuple" continue dans cette voie pour que la maladie ne soit pas, en plus, une source de soucis pratiques et financiers.
Yé !
:o)

Écrit par : Blondesen | 02/06/2008

Cet article sournois et ubuesque a été piétiné par la sagesse populaire, et c'est là avant tout une victoire pour nos droits et nos libertés.
Toutefois, et à en croire les déclarations surréalistes de ses promoteurs, ce résultat n'aurait pour conséquence que de différer leur agenda. On fera passer en tranches au parlement grâce à un lobby puissant ce qu'a n'a pu obtenir à l'astuce devant le peuple. La volonté démocratique semble n'être pour eux qu'un concept abstrait sans influence notable sur la poursuite de leurs intérêts.
Un tel mépris doit nous amener à réfléchir sur l'action politique des assureurs et sa compatibilité avec nos principes démocratiques.
La lamentable farce qui a pris fin le 1er juin est en grande partie le résultat d'un lobbyisme financé par des fonds prélevés sur nos primes d'assurance maladie.
Est-il normal que l'on consacre des fonds publics afin de servir des intérêts privés au détriment de la santé publique ?
La Lamal qui autorise des entreprises à gérer à la fois l'assurance de base et l'assurance complémentaire ne fait qu'encourager l'inceste dans ce domaine. Il n'est plus un secret pour personne que l'argent de l'assurance de base sert souvent à couvrir les charges de l'assurance complémentaire, la rendant ainsi plus rentable. Les revenus générés par des réserves souvent excessives ne sont pas tous consacrés à faire baisser nos primes. La gestion opaque des assureurs laisse planer un doute sur l'économicité de leur fonctionnement, et pourrait offrir un potentiel d'économies important que pourtant personne n'ose évoquer à Berne, où l'on préfère réduire l'accès aux soins plutôt que toucher aux prérogatives des assureurs.
Il est évident que ceux-ci ne sauraient se soustraire plus longtemps aux mesures d'économies qui ont affecté tous les autres secteurs de la santé. Les réformes devront passer par un assainissement de l'exercice de l'assurance maladie obligatoire et son éventuelle dissociation au sein d'entités commerciales distinctes et sans lien entre elles, loin des incitations perverses qui caractérisent le système mixte actuel.
Ainsi pourra être restauré le caractère mutualiste de l'assurance maladie, seul garant d'une gestion saine et rationnelle au service des assurés.

Écrit par : J. Schmidt | 08/06/2008

Un grand merci pour ce commentaire plus qu'éclairé.
La situation actuelle ne peut plus être acceptée.
L'idée d'une initiative pour demander la séparation entre l'assurance de base et l'assurance privée est dans l'air.
Nous allons en discuter prochainement au sein de l'AMG (Association des Médecins de Genève)

Écrit par : Bertrand BUCHS | 09/06/2008

Les associations cantonales de médecins auraient l'intention de lancer une initiative populaire qui viserait à ancrer le libre choix du médecin (et de l'hôpital ?) dans la Constitution. Ce projet devrait rallier un front au moins aussi large celui de l'opposition à l'article constitutionnel. Même les assureurs devraient y souscrire puisque cette liberté figurait en bonne place dans leur argumentaire de campagne et sur leurs affiches.
Il faudrait même aller plus loin et y ancrer une transparence subordonnée à l'inviolabilité du secret médical. Ainsi serait garantie une relation patient-médecin saine exempte de l'interférence d'une tierce partie.

Il ne faut bien entendu pas crier haro sur les assureurs. Ceux-ci ont un rôle d'importance à tenir dans le système de santé. Mais force est de constater que les nombreuses dérives et blocages survenus ces dernières années sont imputables à leur volonté d'outre-passer leurs compétences pour se placer au centre du système en lieu et place des patients.
Ils ont consacré des ressources importantes pour vendre à des parlementaires en panne d'inspiration le mythe de leur toute-puissance en matière de santé. Or ils n'en sont qu'un acteur important certes, mais périphérique. Leur rôle se limite à collecter les primes et à les redistribuer de façon rationnelle et économique. Ils sont étrangers au monde de la santé proprement dit et à la relation patient-soignant qui en forme le coeur.
On comprend dès lors mieux que, confrontés aux logiques contradictoires de l'assurance de base et des complémentaires, leur action politique suscite plus de problèmes qu'elle n'en résout.
Une solution viable ne pourra venir que d'une concertation incluant tous les acteurs de la santé, dont chacun aura bien compris les limitations et possibilités de son rôle.

Écrit par : J. Schmidt | 10/06/2008

Merci pour ce sujet :-)

Écrit par : Tchat | 19/07/2011

Entièrement d'accord la plaisanterie a assez duré , le rire narquois du docteur Couchepin n'a plus lieu d'être!

Écrit par : lovsmeralda | 03/08/2011

Les commentaires sont fermés.