03/06/2008

J'ai les "chocottes", mais je me soigne ...

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Enfin de compte, peux-t-on se soigner de sa peur, de ses peurs ? La question a de l’importance. Nous connaissons tous des personnes phobiques, anxieuses ou souffrantes d’un syndrome post-traumatique. Les thérapies médicamenteuses aident, un peu. Les thérapies comportementales ou psychothérapeutiques peuvent être un succès, mais malheureusement chez un petit nombre de malades.

Il faut peut-être renverser la question et se demander ce qui fait que nous n’avons pas peur.

Un groupe de recherche de l’université de Hambourg-Eppendorf a mis en évidence une régulation de la peur grâce à notre système opioïde. Vous savez ces substances que nous fabriquons (une morphine endogène) et qui sont peut-être ce que nous pourrions appeler « l’hormone du bonheur ».

Cette équipe de chercheurs a demandé à 2 groupes de volontaires de subir une petite expérience. Chaque groupe percevait des stimuli douloureux en relation avec une image prédéfinie (des triangles ou des ronds). Un triangle, boum une douleur, un rond rien.

Un des groupes recevait en plus une injection de Naloxone, une substance qui bloque le système opioïde. Le groupe « normal » ne présentait de plus de réactions de peur après quelques stimuli. Par contre l’autre groupe ne voyait aucune diminution de ses réactions de peurs (The Journal of Neuroscience, 5336-07.2008).

Il est donc très probable que les personnes souffrant d’anxiété chronique, de peurs non contrôlables ou de sensation de panique, souffrent en fin de compte d’une dérégulation de leur système opioïde.

La peur est utile. Il permet de nous défendre et de nous protéger.

Mais trop de peurs ou une peur immense, une « trouille » terrible (« la peur de sa vie ») peuvent perturber la sécrétion de neurotransmetteurs en diminuant la quantité de certains.

Cette modification empêche et perturbe les réactions normales du cerveau.

Les chercheurs doivent maintenant trouver comment remettre les choses en place.

C’est probablement la chose la plus difficile.

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