11/06/2008

Avez-vous envie de tuer votre médecin ?

 

Franchement cette question n’est pas anodine.

De plus en plus de confrères se font menacer et commencent à avoir peur pour leur intégrité physique.

Il y a quelques années, les risques étaient présents dans les centres d’urgences et les consultations psychiatriques.

Aujourd’hui, aucun médecin n’est à l’abri d’une agression.

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La pression sociale, la précarité, la solitude et le manque de compréhension sont de grands facteurs de risque.

L’avenir de beaucoup de patients se joue sur une décision d’un office social, d’une assurance ou de l’assurance invalidité.

Il existe la plupart du temps un gouffre entre le vécu du malade et la prise de position d’un juriste ou d’un médecin expert.

Une étude américaine a démontré que plus l’incompréhension était grande, plus le sentiment d’injustice augmentait avec le risque que la frustration se transforme en violence.

Il est donc essentiel d’expliquer les décisions, de le faire même en amont bien avant un quelconque verdict.

Le médecin doit mieux se former en droit des assurances sociales, doit bien connaître le fonctionnement administratif de l’aide social. Il doit être là, en plus de sa consultation, pour lire les lettres, les expertises, soutenir son patient si la décision lui semble injuste.

Il doit rassurer, monter son empathie et dire que si une porte se ferme, une autre peut s’ouvrir.

La solution existe toujours.

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Commentaires

C'est inquiétant que des bagarres éclatent dans les urgences, que le personnel hospitalier est insulté et que des médecins sont menacés par des personnes qui n'admettent pas d'être contrariées et qui n'arrivent pas à se maîtriser. La médecine n'est pas un libre service où les clients viennent prendre ce qu'ils veulent et quand ils le veulent. Si la situation se dégrade, les médecins devront se protéger comme les commerçants le font déjà.

Écrit par : demain | 11/06/2008

Cher Cousin, tu te cherches en ce moment....! en efet, hier tu déplores que l'UEFA censure des images de violence, aujourd'hui tu te plains de l'agressivité ambiante, notamment par rapport aux médecins.
Cette agressivité ambiante est très grave, je n'ai malheureusement pas LA solution, mais cela passe certainement par l'éducation d'une part, et éviter de montrer de la violence à la TV, au cinéma, dans les jeux vidéos, etc....d'autre part.
Je suis donc, pour une fois !, d'accord avec l'UEFA car il faut aussi expliquer sans cesse que la violence dans les stades est faite par des gens qui ne s'intéressent pas au football: c'est un problème de société, tu le dis aujourd'hui.
Hopp Suisse ce soir !

Écrit par : Pierre-Alain Gras | 11/06/2008

Il faut plutôt changer de médecin avant de le tuer! Sans vouloir les tuer, j'ai beaucoup de peine avec les médecins. Ca vient du fait que la plupart n'avouent pas quand ils ne savent pas nous aider et mettent la faute sur nous. Ils sont souvent expéditifs et prétentieux, hautains. Ils ricanent lorsque l'on parle de remèdes alternatifs ou de grand mère, mais ne cherchent pas pour autant plus loin que ce qu'ils ont appris à l'uni. Souvent, ils prescrivent des médicaments qui font plus de mal que de bien. En plus, on continue à souffrir et eux encaissent de l'argent! Si c'était un garagiste qui n'a pas pu réparer notre voiture nous n'aurions pas payé. Mais notre corps peut continuer à souffrir sans que ça touche le médecin! J'aime mieux cette philosophie: on paie le médecin tant qu'on est en bonne santé mais lorsqu'on tombe malade c'est gratuit.

Écrit par : K. | 11/06/2008

A ce que je sache, un médecin a un devoir de moyens, mais pas de résultats. Tout comme les avocats. Comment garantir qu'on parviendra à éliminer une souffrance, ou remporter un procès ? Mais on peut par contre s'engager à tout faire pour.

Écrit par : Yann | 12/06/2008

Yann, bien sûr on ne peut pas exiger d'un médecin qu'il nous guérisse, mais on peut exiger qu'il nous respecte suffisamment pour ne pas mettre la faute sur nous lorsqu'il n'a pas de réponse à notre souffrance. On peut exiger qu'il nous écoute et qu'il prenne le temps de regarder avec nous toutes les pistes susceptibles de nous aider. Qui a dit "Ecoutez vos patients, ils vous diront ce qu'ils ont." ?

Écrit par : K. | 13/06/2008

Je réagissais juste sur un point précis, mais je vous rejoins totalement sur la nécessité de l'écoute. Le médecin, de par sa formation, est un "expert" des maladies. Le patient est un "expert" de lui-même. Les succès doivent donc se bâtir en équipe.

Écrit par : Yann | 13/06/2008

La relation patient-médecin est certes pas toujours évidente. Mais de là ... Il existe aujourd'hui un site-blog www.okdoc.ch. Les gens sont invités à y poster leur commentaires sur tel ou tel médecin ainsi que des évaluations traduites en ... notes.

Est-ce bien ou mal? je ne sais, si ce n'est qu'on peut craindre un défouloir, en vue d'une catharsis personnelle ou en groupe, peut-être des diffamations suite à une frustration face à l'impossibilité de faire des miracles.

Ce qui est parfois dur, c'est vrai, est que les demandes se heurtent à des normes médicales et non sur une vérité scientique. C'est donc le pouvoir et non le soin médical qui met peut-être hors de lui le patient désespéré.

Merci Dr. Buchs d'avoir posé cette question par votre billet!

Écrit par : Micheline Pace | 22/06/2008

Merci, Mme Pace, d'exprimer si clairement que les demandes peuvent se heurter à des normes médicales et non sur une vérité scientifique. Que le droit prévaut contre le soin médical.
A croire que les dogmes de l'Eglise qui autrefois dirigeaient la société et les moeurs ont été remplacés depuis quelques temps par les dogmes de la science médicale académique! Seulement, le peuple n'est plus aussi endormi qu'à l'époque et les failles de cette science académique apparaissent de plus en plus clairement, tant par les coûts que par certains modes de procéder et les effets iatrogéniques.

Écrit par : maflor | 24/06/2008

En ce qui me concerne, le gros problème qui peut créer des tension est l'énorme pouvoir dont dispose un medecin sur votre propre vie. Je m'expliques:

Perso je ne suis malade (arrêt de travail) en moyenne qu'une semaine tous les trois ans. Dans ces cas je m'estime parfaitement assez adulte et responsable pour dire a mon employeur ou a mon asssurance perte de gain "je ne suis pas en état". Pourquoi sachant que la petite grigripe ou refroidissement va de toutes façons passer dans quelques jours faudrait il en plus allez demander a un doc "l'autorisation" (i.e. certificat medical) d'être malade ? Avec ce que ça implique comme frais pour la société et d'infantilisation de chacun ? Du coup tous les 3 ans je prefère une semaine de vacances gaspillé ou sans salaire que de me prêter a ce jeux.

Bien entendu ça ouvre aussi la porte a tous les abus, puisqu'a partir du moment ou on a reussi a convaincre son doc qu'on est vraiment très malade, on est totalement lavé de toutes responsabilités, que ce soit légales ou morales.

Finalement c'est ça le problème, notre société tend de plus en plus vers une anniliation totale de la responsabilité individuelle au profit de la bureaucratie.

AF

Écrit par : Alain Fernal | 25/06/2008

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