01/09/2008

Je me répète, mais promis je vais me soigner...

Cela devient une fixation.

Un objet de transfert.

Je deviens neuneu.

Ces assurances maladies me rendent dinguo.

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C’est quoi ce groupe de pression, SantéSuisse, qui peut dicter ses volontés aux conseillers aux Etats et faire entériner ses propositions sans discussion.

La démocratie est bafouée et c’est grave.

La commission de la santé et des affaires sociales du Conseil des Etats avaient demandé aux cantons et aux médecins de trouver une solution à l’ouverture de nouveaux cabinets médicaux.

Cela a été fait et le projet proposé tenait bien la route.

Mais les assureurs vexés de n’avoir pas été consultés, ont sorti de leur chapeau une autre proposition qui a été adoptée sans débat par la dite commission.  

Et pourquoi, simplement parce que la majorité des commissaires sont des représentants des caisses maladies et qu’ils sont payés par elles.

Est-ce que nos élus sont là pour nous défendre ?

Sont-ils sourds au ras-le-bol de la population ?

Ou bien sont-ils simplement des employés de SantéSuisse ?

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Gardes à vous, petits doigts sur la couture du pantalon, alignez couvert. Circulez, il n’y a rien à voir.

L’automne va être chaud, je vous le promets…

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Commentaires

Le véritable noyautage de la commission de santé du Conseil des Etats par les assureurs maladie (5 membres sur 13) conduit à s’interroger sur la légitimité de l’action de ce puissant lobby au Parlement. Sachant que les assureurs gèrent un prélèvement obligatoire (au même titre que nos impôts) par délégation du Conseil Fédéral, et sont donc considérés comme un organe de l’Etat, on pourrait supposer qu’ils soient tenus au devoir de réserve que cela suppose. Or il n’en est rien, car ils représentent aujourd’hui le principal facteur de blocage dans la recherche de solutions pour notre système de santé, comme l’ont démontré des évènements survenus il y a peu.
La commission de santé du Conseil des Etats a récemment demandé et obtenu un projet visant à encadrer la fin du gel des nouveaux cabinets médicaux. Ce projet, fruit d’un compromis historique entre cantons et médecins, prévoit la mise en place de garde-fous cantonaux ainsi que la mise en place d’incitations à l’ouverture de cabinets dans les régions qui en manquent. Mais aux yeux de santésuisse ce projet a un défaut rédhibitoire : il se conforme trop à la votation du 1er juin dernier qui a vu le rejet massif de son article constitutionnel par le peuple suisse. La faîtière des assureurs s’est donc empressée de bâcler un projet concurrent qui n’est qu’une resucée des propositions contenues dans son défunt article, et qui tente à nouveau d’entériner dans la Lamal la suppression du libre choix du médecin, cette fois-ci derrière le paravent d’une assurance de base « duale ». En d’autres termes, une médecine à deux vitesses.
Usant de sa représentation disproportionnée au sein des commissions parlementaires de santé, santésuisse est parvenu à faire passer en force son projet, coupant court à toute discussion. La stratégie est simple : il s’agit d’ensabler les débats au Parlement afin d’empêcher que soit examiné le projet des cantons pourtant bien plus pragmatique et viable. En pratiquant ainsi la politique du pire, les éminences grises de santésuisse (qui ne sont autres que les présidents des plus grandes caisses maladies) n’hésitent pas à faire payer à la population le prix de leur aveuglement forcené.
Devant cette confiscation du débat démocratique par une nébuleuse d’assureurs, il n’est désormais plus possible à nos autorités de se retrancher derrière une passivité souriante sous peine de perdre définitivement une crédibilité déjà fort entamée.
Voir ainsi la volonté populaire contestée par un groupe de pression parlementaire constitue également un facteur d’instabilité institutionnelle en créant un précédant dans lequel d’autres n’hésiteront pas à s’engouffrer. Les promoteurs d’un tel chaos pourraient ainsi avoir bien involontairement œuvré à la résurrection de la caisse unique…

Écrit par : François Salina | 03/09/2008

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