08/09/2008

Dernières nouvelles du front...

 

A quoi cela sert-il que l’on se décarcasse.

A quoi sert-il que nous votions.

Pour qu’à chaque fois nos amies, les caisses maladies, nous resservent la même « tambouille ».

Nous avons refusé à Genève (92 % de rejet ; un score soviétique) une loi qui sous-entendais la disparition du libre choix de son médecin.

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3 mois après, souffrant probablement de troubles de l’attention, SantéSuisse remet la compresse, avec la bénédiction des parlementaires qu’elle finance.

Le deal : Vous voulez choisir votre médecin, alors vous passez à la caisse, vous crachez dans le bassinet. Vous voulez que nous nous occupions de tout, avec au passage une petite réduction de primes, alors nous vous ne faites pas de soucis tout est sous contrôle.

Vous irez chez nos médecins, dans nos laboratoires, vers nos hôpitaux. Et attention à ne pas nous coûter cher.

En résumé, vous n’aurez plus aucun choix. Un deuxième avis ; pas possible. Changer de médecins ; probablement hyper compliqué. Avoir accès rapidement à un spécialiste ; a quoi pensez-vous ? des examens complémentaires ; vous rigolez !

En définitive une médecine au rabais, une vraie arnaque, un rapport qualité-prix catastrophique.

Je croyais que la loi sur l’assurance maladie voulait une égalité de traitement, une même médecine pour tous. Je suis encore trop naïf.

La médecine est un marché. Le fric gangrène tout.

Aux barricades, Citoyens…

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Commentaires

Vous, en tant que médecin, que proposez-vous ?

Écrit par : corinne | 08/09/2008

Comme vous l’avez relevé, une amnésie sélective semble régner chez les hiérarques de santésuisse. Serait-ce la fréquentation trop assidue de tables étoilées au Michelin, ou l’abus de cigares à 500 francs l’unité ? C’est à croire que la page du 1er juin 2008 a été arrachée de leurs calendriers.
Quoi qu’il en soit leur dernière trouvaille réside dans la cuvée 2008 de son « sondage santé ». Celui-ci invite à la réflexion non par son contenu, mais plutôt par l’interprétation pour le moins fantaisiste qu’en font ses commanditaires sur certains points.
Son examen objectif met en évidence les attentes contradictoires de la population face à son système de santé. On plébiscite d’un côté une assurance maladie donnant accès à des soins de qualité pour tous, tout en avouant du bout des lèvres ne pas être contre le principe d’une responsabilisation accrue des assurés (faire payer plus les fumeurs et les obèses) ou un assouplissement de l’obligation de contracter.
La réponse à cette apparente contradiction est une fois de plus à chercher dans l’énoncé des questions posées plus que dans une quelconque schizophrénie collective, et confirme l’adage selon lequel ont peut conditionner les réponses d’un sondage en jouant sur l’énoncé de ses questions.
Pour un citoyen X, il est difficile de discerner que derrière l’énoncé abscons « L’obligation de contracter doit être assouplie. Les caisses-maladies ne doivent plus être obligées de passer contrat avec tous les médecins ». Le protocole du sondage ne prévoyant aucune explication additionnelle, beaucoup de sondés auront tendance à rejeter à priori toute notion d’obligation, sans se douter qu’il y est question du libre choix du médecin par l’assuré. Quand cette même question leur est posée en des termes dépourvus d’ambiguïté (c'est-à-dire en stipulant le libre choix du médecin), comme ce fut le cas lors d’un sondage publié au printemps, il ressort que près de 80% des citoyens suisses témoignent d’un attachement au droit de choisir librement leur médecin. Le résultat de la votation du 1er juin a d’ailleurs largement confirmé ce choix, à l’issue d’une campagne qui aura placé cette liberté ainsi que le financement moniste des hôpitaux au cœur des débats.
L’interprétation tendancieuse par santésuisse d’une réponse peu décise (54%, en recul par rapport à 2007) à une question alambiquée tient donc plus de la méthode Coué que d’une analyse d’opinion sérieuse. Cette impression se voit confirmée par le fait que seuls 8% des personnes interrogées admettent avoir pleinement compris le contenu de toutes les questions qui leur étaient posées…
Le but recherché par la faîtière des assureurs est de nier la légitimité populaire, telle qu’exprimée dans les urnes, en lui substituant celle d’un sondage conçu, payé et interprété par ses soins. Le 1er juin passé, le peuple suisse s’est pourtant clairement exprimé contre la suppression de l’obligation de contracter et le financement moniste des hôpitaux, en dépit de la campagne mensongère et sournoise menée par les assureurs.
Se moquant ouvertement de cette décision démocratique, ceux-ci entendent maintenant faire revenir par la petite porte une partie de ces mêmes revendications déguisées sous un apparent choix entre 2 systèmes d’assurance de base. Un système « normal » et un autre « light » qui verrait les seules caisses-maladie décider quels médecins ou hôpitaux seraient remboursés. Pour préserver sa liberté de choix il faudra donc payer davantage (comme annoncé par M. Kaufmann, directeur de santésuisse) sous peine de se retrouver avec la majorité de la population dans la nasse du système « light » avec son cortège de soins de qualité inférieure dispensés au compte-gouttes par les assureurs, générateur de gros profits pour ces derniers.
Ce système de médecine à deux vitesses, qui a pourtant totalement failli aux USA, santésuisse compte maintenant se l’offrir au prix d’un petit sondage et de quelques enveloppes replètes offertes à des parlementaires peu scrupuleux.

Écrit par : François Salina | 08/09/2008

Chère Corinne,

je pense que nous devons lancer une initiative soit sur la séparation de la base et du privé (une assurance ne pouvant plus faire les deux) soit pour demander que les cantons fixent les primes (Genève, Vaud et le Valais semble être d'accord).
En fonction de l'augmentation des primes sur Genève et Vaud, nous pouvons également refuser de payer cette augmentation.

Écrit par : Bertrand BUCHS | 08/09/2008

Un jour, un sage dit :
"Votre voix compte toujours, ne vous taisez jamais".

Et un élève de répliquer :
"Mais que sommes-nous face aux États ? Il est impossible qu'on nous entende".

Le maître dit alors :
"Avez-vous déjà essayé de dormir dans une pièce où se trouve un moustique ?"

Écrit par : Docteur Peuplu | 09/09/2008

Vous avez tout-à-fait raison qu'il faut séparer les assurances de base des assurances complémentaires puisque celles-ci dépendent d'un droit différent.
Il faut aussi cesser de dire que ce qui ne passe pas dans la base va dans les complémentaires. En effet, plusieurs personnes n'ont pas les sous ou ne sont pas reçues dans les complémentaires.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 09/09/2008

La maîtrise des coûts de la santé passe aussi par la maîtrise des coûts de gestion des assureurs maladie. Lorsqu'on lit que M. Manser, patron d'Helsana, perçoit un salaire de 880'000 francs par année (hors jetons de présence et autres bonus) ou qu'un autre patron de caisse maladie possède un petit empire immobilier en Suisse et à l'étranger, on est en droit de penser que quelque chose ne tourne pas rond dans notre système de santé. Au contraire des hôpitaux et médecins, les assureurs ne "produisent" pas de santé ou de bien-être. En tant qu'intermédiaires, ils n'ont pour mission que de fournir une prestation administrative de contrôle des factures et de redistribution des primes. Ils sont un acteur du système, certes, mais un acteur périphérique.

Le potentiel d'économies dans leur gestion est important, et se doit d'être réalisé au même titre que dans les autres secteurs (hôpitaux, médecins, médicaments...). Or on ne peut compter sur la bonne volonté de santésuisse pour cela. Dirigé par ces mêmes patrons surpayés, ce lobby n'a d'autre objectif que de préserver leurs intérêts propres qui divergent diamétralement de ceux des assurés. Usant sans retenue de fonds provenant de nos primes, ils sont parvenus à subvertir le système politique à tous les niveaux (chambres, commissions parlementaires et Conseil fédéral) pour empêcher toute réforme qui irait dans le sens d'un accroissement de la transparence et d'une meilleure gestion, et faire passer au mépris de la volonté populaire des mesures visant accroître leur emprise dans un domaine dont la réalité leur échappe.

Séparer juridiquement et structurellement l'assurance de base et l'assurance complémentaire est désormais le seul moyen de rétablir la confiance et un semblant d'ordre dans un secteur largement compromis et discrédité par une décennie de laisser-aller et de complaisance politique.
Ainsi seulement pourra-t-on restituer à l'assurance maladie son caractère mutualiste et la débarrasser des incitations néfastes que génère une cohabitation malsaine et coûteuse pour l'assuré.
La volonté de créer une caisse-maladie cantonale à Genève, active uniquement dans l'assurance de base pourrait montrer la voie si elle parvient à surmonter les nombreuses embûches que M. Couchepin et ses amis ne manqueront pas de semer sur son passage.

Il est par ailleurs primordial que l'autorité politique se réapproprie la maîtrise des statistiques en matière de santé. Celles-ci sont l'unique fenêtre sur le système de santé dont elle dispose. Les laisser aux mains de santésuisse revient à céder le contrôle du système aux assureurs qui dès lors peuvent dicter leur loi. Un état de droit ne saurait tolérer une telle situation plus longtemps.
L'Office fédéral des statistques serait parfaitement apte à remplir cette mission, ce qui permettrait à l'OFAS d'avoir accès à de chiffres fiables et indépendants, tout en économisant les 3 millions de francs qu'il verse annuellement à santésuisse pour avoir accès à leurs données chiffrées.

Ces mesures seraient un prix bien modeste à payer en regard des bénéfices considérables qu'on peut en attendre pour notre système de santé.

Écrit par : François Salina | 10/09/2008

Entièrement d'accord.
C'est maintenant le tour des caisses maladies de faire des économies.
Même si leurs frais de fonctionnement reste toujours à 5 %, la masse des primes augmentant la somme à leur disposition devient toutes les années plus grande.
Les salaires servis aux cadres sont scandaleux pour le type de travail et de responsabilité.
Vous avez raison de rappeler le rôle des assurances. Purement technique.
Vos commentaires sont toujours excellents

Écrit par : Bertrand BUCHS | 10/09/2008

Les 5% de frais administratifs revendiqués par les assureurs ne sont que la pointe de l'iceberg. Comme vous l'avez justement remarqué, ce chiffre aurait dû décroître avec l'augmentation de la masse des primes due à la Lamal. A titre de comparaison, les assureurs maladie en Autriche travaillent à 3%.

Les moyens de réaliser des bénéfices avec l'argent de l'assurance obligatoire ne manquent pourtant pas.
La masse considérable des réserves rapporte beaucoup d'argent et permet toutes sortes de manipulations comptables. A titre d'exemple, un actif boursier (ou immobilier) acheté avec cet argent n'est inscrit dans les comptes qu'à sa valeur historique la plus basse, sans être réindexé. Cette pratique comptable obsolète (les assureurs maladie sont encore les seuls à la pratiquer) permet de revendre cet actif pour un prix inférieur à sa valeur réelle p.ex. à la branche traitant les assurances complémentaires au sein de la même caisse-maladie, qui pourra ainsi "blanchir" en bénéfices de l'argent provenant de l'assurance de base. Et l'OFAS ne dispose pas de moyens suffisants pour tracer le parcours de ces transactions. De même il est facile de payer un bâtiment administratif (ou du personnel) avec des fonds provenant à 60% de l'assurance de base alors que l'activité réelle relevant de ce secteur n'est que de 40%. On améliore ainsi la profitabilité des complémentaires aux dépens de la base. Là encore les assureurs refusent de livrer les indices de répartition des charges entre ces deux domaines. Et la liste n'est pas exhaustive...
Il est donc peu surprenant que les assureurs préfèrent augmenter leurs primes plutôt que de revenir à un seuil de réserves normal (20%).


Malheureusement, la Lamal, qui partait d'une noble intention, comporte beaucoup de lacunes dans lesquelles certains ont pris leurs aises. Ces lacunes sont encore aggravées par un manque de moyens et une volonté politique défaillante lorsqu'il s'agit de faire appliquer cette loi. Ce fait est encore aggravé

Écrit par : François Salina | 10/09/2008

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