12/09/2008

Peut-on refuser de soigner quelqu'un ?

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Le gouvernement français veut obliger les médecins français à soigner tous les patients même ceux que ont une couverture minimale.

Lorsque j’ai lu cette nouvelle dans la presse française, cela m’a un peu interloqué et choqué.

Et je me suis demandé si  cela pourrait m’arriver.

En Suisse, notre système d’assurance permet de soigner pour le même prix tous le monde. Il n’existe pas un sous-tarif pour les assurés nécessiteux.

La question ne se pose donc pas.

Mais sur le fond de cette question, peut-on dire non.

Nous avons l’obligation de prendre en charge l’ensemble des patients. Nous avons juré le serment de Genève, qui remplace le serment d’Hippocrate. Les choses sont claires. Le devoir d’assistance ne peut pas être remis en question.

hippocrate.gif

C’est un principe.

Il m’est arrivé de ne plus vouloir prendre en charge un malade, uniquement pour des questions de confiance. Mais j’ai toujours trouvé un collègue qui a accepté de reprendre en charge le cas.

Et ceux qui ne payent jamais ?

Et bien nous pouvons toujours demander à être défrayé directement par la caisse maladie.

La médecine n’est pas et ne devra jamais être une activité purement  économique.

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Commentaires

Oui.
Tout comme vous refusez le débat, en effaçant les commentaires, même les plus censés.

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 12/09/2008

Certaines de vos affirmations m'étonnent. Parmi nos voisins, pourtant assurés, j'ai eu récemment connaissance de deux cas qui, sans être totalement en contradiction avec les principes que vous citéz, n'en respectent pourtant pas le fond:
- Le premier cas est celui d'une femme d'origine espagnole qui a dû se battre de tous ses moyens pour que son mari soit opéré du coeur, après que le médecin responsable ait déclaré "Il mourra de toute façon bientôt". Cet homme a dans la soixantaine et il est toujours bien vivant.
- Le deuxième est celui d'une femme d'origine péruvienne (hé oui, ma femme étant suisse mais d'origine sud-américaine, nous avons beaucoup d'amis hispanophones) que lhôpital refuse d'opérer d'un genou qui la fait beaucoup souffrir, alors même qu'il n'y a plus de traitement pour la soulager.
Je ne doute pas qu'une personne à moitié morte qui trouve son chemin jusqu'aux Urgences soit prise en charge. Mais de vastes disparités dans l'empressent à soigner les gens existent bel et bien, et cela mériterait qu'une nuance soit apportée à vos propos enthousiastes.

Écrit par : Mère | 12/09/2008

Bonjour,

@Mère

1er cas: Des attitudes pareilles de la part d'un médecin sont réellement condamnables, mais n'oublions pas que la médecine n'est pas une science exacte et qu'une part de subjectivité est toujours présente dans les diagnostic. Il faut aller voire un autre médecin dans ces cas.

2e cas: Je ne sais pas pourquoi l'hôpital refuse d'opérer votre amie péruvienne mais sachez que toute personne habitant en Suisse a l'obligation d'être assuré et ce même s'il elle n'a pas de permis de séjour (sans papiers) et bien évidemment les assureurs également. Chose qui rassure tout hôpital et médecin......

Écrit par : Dikaios | 12/09/2008

Merci à Dikalos, pour votre réponse, mais ...
Le premier et le deuxième cas ont ceci de commun que les personnes concernées sont manifestement des gens de condition plutôt modeste et d'origine étrangère (mais de culture très proche de la nôtre) qui, de par une certaine difficulté dans la maîtrise du français et une timidité en rapport avec cela-même et leur condition modeste, qui les rend dans leur pays d'origine encore plus vulnérable qu'ici ont de la peine à s'affirmer dans le monde de pur compétition dans lequel nous vivons maintenant.
- Dans le premier cas, il s'agit d'un couple qui vit à Genève depuis plus de quarante ans et dont les enfants sont totalement intégrés. Leur cas s'est résolu parce que l'épouse est d'une grande pugnacité et ne s'est pas laissé décourager comme le font beaucoup de gens de leur condition dans de pareilles circonstances et devant l'autorité des médecins de l'hôpital.
- Dans le second cas, votre commentaire donne probablement involontairement la réponse principale à leur difficulté, mais cette originaire du Pérou est mariée à un Suisse, ils ont un enfant, ils sont tous assurés. Il ne s'agit donc pas d'une femme de ménage au noir, selon le cliché que vous évoquez, et dont je ne vous fais pas vraiment reproche, tant ils sont courants dans notre population et notre administration.
- J'ajoute, pour en terminer, qu'il est de notoriété publique que l'hôpital a des listes d'attente de plus en plus longues et que les délais deviennent dans certains cas insupportables. Il semble bien que dans cette situation, comme dans toute situation de pénurie, s'installent des mécanismes peut-être nécessaires, mais certainement faillibles, qui se caractérisent surtout par l'arbitraire et les préjugés auxquels je faisais référence dans mon introduction, sans compter l'élément financier, qui prend la forme des assurances complémentaires.
- Le propos de mon intervention était simplement de nuancer une profession de foi idéaliste avec un grain de réalité quotidienne, grain qui au fil des années de notre existence a parfois, hélas, tendance à grossir comme une boule de neige qui dévale une pente.

Écrit par : Mère | 13/09/2008

Victor, merci pour ce commentaire.

Écrit par : K. | 13/09/2008

à ce sujet je recommande absolument le film de Michael Moore: "SICKO"

Écrit par : K. | 13/09/2008

K., je voulais simplement vérifier combien de temps mon commentaire, allait rester publié...
Visiblement, le docteur Buchs, aime les conneries, pas les commentaires argumentés...

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 13/09/2008

Vous avez inventé très intéressant article. J'espère beaucoup que vous continuez à écrire pour ce sujet, j'attendrai de nouveaux messages.

Écrit par : Reuben - Acne Network | 22/10/2008

Le devoir d’assistance ne peut pas être remis en question. Est-ce que le médecin n'aidera pas le patient dans la situation difficile, lui permettra de mourir?

Écrit par : Eliseo - Herbal Hoodia Gordonii Site | 31/10/2008

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