31/10/2008

Le scandale continue...

 

Mais pourquoi faut-il aller voter ?

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Franchement entre vous et moi est-ce utile.

Je commence à en douter.

Le 1er juin 2008, nous avons été 69.5 % a refusé le nouvel article constitutionnel 117a, 90 % dans le canton de Genève. Le peuple a donc clairement dit qu’il était pour le libre choix du médecin et pour la gestion des hôpitaux par la communauté publique.

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La commission de la santé du Conseil des Etats (chambre des cantons), a de nouveau fait fi de la décision populaire en proposant un système d’assurance maladie donnant le plein pouvoir aux caisses maladies et en limitant le choix du médecin. En résumé vous aurez deux options, la variante chère avec le libre choix de votre médecin et la variante light sans choix.

Je vous parie 1 kilo de chocolat que dans la variante chère vous trouverez tous les cas lourds et toutes les personnes âgées.

J’avais eu l’impression que nous avions choisi un système d’assurance démocratique et solidaire.

Mon œil.

Tiens cette année, essayez de changer de caisse si vous n’êtes pas miss Suisse.

Dès que vous parlez de vos bobos, la personne au bout du fil a brusquement une colique, un sanglier sur le feu ou ne comprend plus un mot de la langue de Voltaire (je devrais dire plutôt Rousseau étant genevois).

En résumé, ces parlementaires commencent à nous échauffer les oreilles. Cette commission est à la botte des assurances et il faudra aux prochaines élections nous rappeler de quelques noms.

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Commentaires

De toutes façons, l'économicité des coûts ne sera jamais réglée par des idées des assureurs-comptables ni par des calculs de primes mais bien par une médecine intégrative qui propose le juste geste au moment adéquat.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 31/10/2008

Entièrement d'accord, c'est pour cela qu'il ne faut pas penser que la médecine se gère comme les paquets de la Poste.
Avec l'idée géniale du coût par dignostic (DRG) nous allons droit au mur et complètement à l'encontre de ce que vous préconisez.

Écrit par : Bertrand BUCHS | 31/10/2008

Bonjour Docteur,
Il me semble que la commission de santé du Conseil des Etat n'est pas seule
a être à la botte des assurances, un certain P. Couchepin l'est également...

Écrit par : bidouille | 31/10/2008

Scandaleux !

"Cette commission est à la botte des assurances et il faudra aux prochaines élections nous rappeler de quelques noms."

Des noms, des noms !!!

Bon, je m'y colle:
Schwaller Urs (président) (PDC), Kuprecht Alex (vice-président) (UDC), Altherr Hans (LIB-RAD), Brändli Christoffel (UDC), David Eugen (PDC), Egerszegi-Obrist Christine (RAD-LIB), Fetz Anita (PS), Forster-Vannini Erika (LIB-RAD), Frick Bruno (PDC), Gutzwiller Felix (RAD-LIB), Maury Pasquier Liliane (PS), Ory Gisèle (PS), Stähelin Philipp (PDC). (merci admin.ch)

C'est bien beau mais on sait même pas qui a voté quoi. Quoique, vu le dernier scandale des dons de l'UBS et CS à certains partis, on imagine.

Écrit par : Fufus | 31/10/2008

Selon l'hebdo de cette semaine, les caisses maladies sont de loin les premiers "contributeurs" sur les 10 millions annuels que nos parlementaires touchent sous forme de jetons de présence au sein de conseils d'administration. Inutile de rappeler que cet argent provient en grande partie de nos primes.
Il est donc peu surprenant de voir ceux-ci soutenir les yeux fermés un projet d'assurance maladie "duale", terme politiquement correct pour désigner une médecine à deux vitesse.

En termes clairs: une minorité d'assurés pourra garder -contre un supplément- des soins de bonne qualité et un accès au médecin de son choix. La majorité devra, elle, se contenter de soins de piètre qualité dispensés par un médecin peu zélé choisi par sa caisse maladie.
C'est ce les assureurs désignent par "davantage de liberté pour les assurés". En effet, nous bénéficions tous de la liberté d'acheter une Rolls-Royce, mais dans les faits, bien peu d'entre nous peuvent se l'offrir...

Alors que la crise financière nous montre les risques d'une déreglementation excessive, les assureurs exigent plus de liberté dans un domaine où elle ne pourra s'exercer qu'aux dépens de la qualité et de l'accessibilité des soins.

Ce modèle "dual" reprend la proposition de Helsana qui en avait fait sa base d'application en cas d'acceptation de l'article constitutionnel sur la santé le 1er juin passé. Or ce texte a été massivement rejeté, ce qui a rendu une telle proposition de facto caduque.
Santésuisse veut donc revenir par la petite porte, en espérant faire passer par petites portions ce que lui a été fort justement refusé par le peuple.
Un tel mépris pour nos institutions ne semble pas inspirer de scrupules à nos parlementaires si généreusement stipendiés...

Écrit par : François Salina | 31/10/2008

Il faut dire aussi que le jour où les patients reprendront activement les rênes de leur santé, ils seront aussi beaucoup plus efficaces pour se dresser face aux propositions des caisses qui n'ont que leurs comptes pour proposer des solutions à l'évolution des coûts de l'assurance de base.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 31/10/2008

Dr. Buchs,
Dr.de Meuron,

Vous avez entièrement raison et merci de nous sensibiliser sur ce problème.
Mais sachez qu'il y a des médecins qui usent de leur pouvoir de vie et de mort sur les patient, leur racontant tout et son contraire, les rendant dépendants de l'ordonnance pour des médicaments récurrents. La relation est biaisée et très inégale.

Écrit par : Juliette de C. | 31/10/2008

Mme Juliette de C.
Effectivement, ces relations binaires existent. Voilà pourquoi il vaut la peine de créer des centres de médecines intégrée qui incluent les médecines alternatives où divers thérapeutes prennent soin des différents problèmes d'un patient. Ces problèmes peuvent relever de plusieurs plans humains qui nécessitent souvent chacun une thérapie appropriée Ainsi un équilibre peut se créer dans le traitement et permettre à la relation thérapeutique de sortir d'un système binaire restrictif par définition.Les résultats sont si concluants qu'ils aboutissent à un rapport efficacité-économicité tout-à-fait satisfaisants.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 01/11/2008

Madame Juliette de C.

L'assurance de base vous permet de consulter le médecin de votre choix. Si la relation avec votre médecin ne vous convient pas, vous êtes toujours libre d'en changer.
Si d'aventure le modère "dual" des assureurs maladie venait a être adopté, cette liberté vous serait alors retirée et vous seriez dans l'obligation de consulter un médecin sélectionné par votre assureur. Ce médecin aura pour priorité de ne pas dépasser le cadre budgétaire que lui sera imposé, et sera contraint de veiller à la bonne santé du bilan de votre caisse maladie au détriment de la vôtre.
Si, l'âge aidant, vous devenez trop coûteuse, il sera contraint de vous adresser aux bons soins de l'hôpital public et de ses files d'attentes.

Bien sûr vous aurez toujours le choix de payer les soins de votre poche ou de retrouver votre liberté thérapeutique en choisissant un modèle d'assurance plus onéreux. Celui-là même dont vous bénéficiez aujourd'hui...

Le modèle "dual" est d'autant plus superflu que les assurés qui désirent obtenir des primes plus basses en renonçant au libre choix de leur médecin, peuvent le faire aujourd'hui en choisissant un modèle de type HMO. Ils existent depuis plusieurs années mais ne rencontrent que peu de succès auprès des assurés, confirmant ainsi le choix exprimé le 1er juin dernier par le peuple suisse.

Écrit par : François Salina | 03/11/2008

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