29/01/2009

Vous allez bien me remettre un petit coup de moratoire …

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Ils ne savent plus comment s’en sortir nos bons représentants sous la coupole fédérale.

Comment faire pour réguler l’ouverture des cabinets médicaux ?

D’abord on décide de ne rien faire en gelant leurs nombres pour un certain temps. Mais promis c’est du provisoire.

Une super solution vous sera proposée sous peu.

On attend toujours.

Les assurances maladies sont venues, elles ont vu et elles ont décidé.

Fin de l’obligation de contracter, ce qui veut dire plus de choix du médecin. Vous allez où on vous dit, un point c’est tout.

Bien mais le bon peuple a brusquement décidé, à près de 80 %, de refuser cette superbe proposition.

Difficile de revenir devant les chambres fédérales avec la même proposition.

Mais alors quoi… vite une idée.

Simplement donner aux cantons la possibilité de réguler le nombre de médecins par spécialité. Cela existe à Genève et cela fonctionne.

Trop simple, nos députés persistent à refuser ce choix.

Bizarre, vous avez dit bizarre, comme c’est étrange.

Forcément pour une fois les assurances n’ont rien eu à dire.

Alors un petit coup de fil à certains de nos dignes représentants et on laisse pourrir la situation.

C’est dingue ce manque de courage politique.

Ce refus de prendre en charge la politique de santé de la Confédération Helvétique me sidère. Un manque crasse d’imagination.

Et pendant ce temps, face à leur perte abyssale en bourse, nos copines les assurances nous refont le coup de l’augmentation des primes. Avec toujours cet argument qui commence à fatiguer « c’est la faute aux autres ». Les malades, les hôpitaux, les médecins (qui sont des voleurs et des magouilleurs), bref on allume un contre feu.

Vous avez vécu la crise de Swissair, de nos banques, de nos belles certitudes et bien vous n’avez probablement pas encore tout vu.

L’effondrement de certaines assurances maladies est peut-être pour demain.

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Commentaires

"Ils ne savent plus s'en sortir nos bons représentants sous la coupole fédérale."
Bien au contraire, certains d'entre eux s'en sortent ma foi pas trop mal.
Prenez M. Pierre Triponez (PRD), que l'on présente comme auteur de cette curieuse propostition de prolongation. Depuis plusieurs années, l'assureur Groupe Mutuel lui verse près de 30'000 francs par année par le biais de son mystérieux "Groupe de réflexion santé" en échange de quelques heures de présence symbolique à des séminaires où sont vantés dans une rhétorique nord-coréenne les mérites et objectifs politiques du généreux sponsor (Le Matin, 5 juin 2005).
Et il n'est pas le seul. Plusieurs autres parlementaires comme Philippe Stähelin (PDC) et Roland Borer (UDC) mangent au même râtelier d'Octodure et, ô hasard, siègent dans les commissions parlementaires de santé en compagnie d'autres collègues représentant également les caisses maladie.
Les assureurs s'étant ainsi acheté une minorité de blocage, il n'est pas étonnant de voir notre politique de santé se fourvoyer lamentablement dans un cul-de-sac.
La proposition CDS-FMH (qui prévoit de les associer à une régulation subsidiaire des cabinets médicaux associée à des incitatifs visant à contrer la désertification médicale périphérique) avait un défaut majeur à leurs yeux: elle pouvait fonctionner. Or, prisonniers de l'obsession rétrograde de la vice-présidence de santésuisse, les assureurs n'ont -en dépit de leur défaite du 1er juin- pas renoncé à obtenir la fin du libre choix du médecin que cette proposition rend pourtant superflue. Ils ont donc préféré freiner des 4 fers en glissant par le biais d'un de leurs employés au Parlement une proposition bancale qui ne fait que reporter le problème vers des temps qu'ils espèrent moins critiques envers leurs appétits. En agissant de la sorte les caisses n'hésitent pas à jouer la carte du chaos quitte à ruiner pour mieux le dépouiller un système de santé dans lequel ils ne voient qu'une vache à lait.

Écrit par : François Salina | 29/01/2009

"Et pendant ce temps, face à leur perte abyssale en bourse, nos copines les assurances nous refont le coup de l’augmentation des primes"

Réglementées par une Lamal curieusement laxiste à leur endroit, rarement contrôlées en profondeur par un OFSP insuffisamment doté, nos fameuses réserves sont la poule aux oeufs d'or des assureurs maladie.
La fuite de "documents internes" vers des médias peu critiques orchestrée par santésuisse participe de l'écran de fumée que cette dernière compte lever afin de masquer des erreurs stratégiques et tenter d'en reporter la culpabilité sur les autorités politiques. L'annonce de chiffres catastrophiques (et non étayés) permettra de mieux faire passer la pilule d'augmentations destinées à compenser l'incurie dans la gestion des réserves par les assureurs.
Alors que les collectivités publiques et les entreprises privées publient leurs pertes dans un effort de transparence afin de restaurer la confiance du public, les assureurs maladie continuent de cultiver l'opacité qui est devenue leur marque de fabrique. Alors que les dirigeants de grandes banques fautives démissionnent et rendent leur bonus, nos braves dirigeants de caisses maladie se réfugient derrière des stratagèmes fumeux en attendant que passe la tempête pour ensuite faire payer aux assurés leur incompétences de management. Bien entendu, il n'est pas question de démission et encore moins de toucher à leurs faramineuses rémunérations.
Il n'est pas exclu que certaines caisses se voient exclues de l'assurance de base en raison de ces fautes. Il y a quelques années, M. Couchepin n'avait-il pas retiré l'autorisation de la caisse maladie Accorda pour cause de réserves insuffisantes ?
Il serait que fâcheux qu'en l'espèce nos politiciens se discréditent davantage en pratiquant une politique de deux poids deux mesures.

Écrit par : François Salina | 29/01/2009

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