16/02/2009

Les temps changent...

manifestation3.jpg

 

 

 

Il suffit de brandir la menace d’une grève pour que brusquement les médias s’affolent.

Les médecins en ont marre, ras le bol, ras la casquette.

La baisse des tarifs du laboratoire a signé la mort des analyses faites au cabinet.

C’est vraiment la goutte qui a mis le feu au lac (cette phrase c’est pour concourir au Champignac d’Or, je rêve de le remporter).

Nous sommes en train de démanteler la médecine.

La fin d’un travail de qualité, d’un travail d’artisan.

En Suisse, nous avions probablement la meilleure médecine ambulatoire du monde. J’avais la fierté de dire que les pauvres et les riches étaient pris en charge et soigné de la même manière.

Et bien c’est fini.

Economie, perte de compétence, réduction du personnel, liste d’attente dans les hôpitaux et bientôt restrictions à l’accès aux soins.

La prise en charge globale dans un cabinet, vous n’y penser plus.

Plus de labo, plus de radiologie.

Bientôt un médecin fonctionnaire, payé pour faire de la paperasse et refuser les examens car tous trop chères.

La santé ne peut pas être gérée comme la poste. Les patients ne peuvent pas être mis dans des catégories.

La santé ne peut pas faire de profit.

La santé vous appartient à vous tous. Elle n’appartient ni aux médecins ni aux caisses maladies.

Il faut maintenant se fâcher.

Nous serons dans la rue, nous allons faire grève. Nous allons faire des propositions, nous allons lancer une initiative.

Nous allons nous réapproprier notre métier. Pour vous.

manifestation2.jpg

07:10 | Lien permanent | Commentaires (11) | |  Facebook |  Imprimer | | | |

Commentaires

Où, quand, comment ?

Écrit par : duda | 16/02/2009

Merci de vos propos auxquels j'adhère entièrement. Infirmière, j'assiste tous les jours à la dégradation de notre système de santé; une nouvelle terminologie apparaît comme par exemple les patients "en fin de garantie", ce qui signifie que l'assurance ne paie plus l'hospitalisation même si l'état de santé le nécessite. Par aillers, on nous demande de facturer des prestations qui soient rentables pour l'institution, et la direction ne se prive pas de nous rappeller à l'ordre si nous n'avons pas assez facturé...
Il me semble donc important de diffuser ces constats auprès de la population, les gens ont en effet le droit de savoir que leur santé n'intéresse plus grand monde, et comme vous le soulignez, il est grand temps de se lever, de manifester notre désaccord, tout en faisant des propositions constructives...

Écrit par : Cailler Florence | 16/02/2009

Nous prenons notre décision mercredi prochain à 20h00.

Écrit par : Bertrand BUCHS | 16/02/2009

Bravoooooo ! Vive le Dr. Buchs, passionnario de la médecine de proximité !
p.losio

Écrit par : pierre losio | 16/02/2009

Vous devez informer largement sur les manifestations à venir afin que les patients et toutes autres personnes puissent s'associer à vos mouvements de contestation car les patients sont les plus touchés par ces mesures attentatoires à la santé.

Écrit par : duda | 16/02/2009

J'ai signé une pétition chez mon généraliste concernant ce problème. Pour raisons de santé, je me vois mal aller défiler avec vous, mais sachez que moralement j'y serai.
Je souhaite aussi que vous arriviez à mobiliser les organisations de patients pour vous soutenir. Il est certain que la prétendue économie dont il est question n'en sera pas une. Les grands laboratoires auront les coudées franches pour agir et d'ailleurs, à qui appartiennent-ils, ces grands laboratoires ?
D'autre part, il faudra une deuxième consultation pour connaître les résultats et on aura perdu du temps pour le traitement. Je ne suis qu'une profane, mais ça me paraît aberrant au plus haut point.

Écrit par : gamine | 16/02/2009

Regard sur un Médecin généraliste - extrait de mon roman qui montre le rôle que joue un médecin de proximité dans la vie des gens....................

"Depuis des années, il est le médecin du quartier. Ils l’ont surnommé affectueusement « El Gato ». Après ses consultations officielles dans son cabinet – situé idéalement au centre ville – qui lui permettent de vivre et qu’il finit par détester. À force de remplir des tonnes de papier, absurdité imposée par les assurances. Il doit soupeser, disséquer, analyser à la loupe, trancher ses gestes, leur donner des valeurs, des quantités, des points. Il a l’impression d’être devenu une machine à décortiquer des gestes. Un robot à remplir des fiches, quand il serre la main à ses patients, il se demande combien de points attribuer à cet acte. Et il jure régulièrement : « Putain de paperasserie. Ces cons nous transforment en ronds-de-cuir à remplir des putains de formulaires pour ces putains d’assurances ! »

Entendre ce déversement agacé sortir de la bouche d’un gars en blouse blanche rassure les patients, heureux de constater qu’ils ont encore affaire à un humain qui a choisi son métier pour soigner des gens et non pas pour remplir des cases à cocher jusqu’à l’épuisement.

Écrit par : duda | 16/02/2009

Cette action aura des chances d'aboutir si elle est concertée, massive et durable. Dépourvu de tout projet de gouvernance en matière de santé, M. Couchepin n'est sensible qu'aux rapports de force. La baisse des réserves qu'il a imposée aux assureurs sous la contrainte des cantons n'est qu'un exemple parmi d'autres et lui a valu d'être privé de dessert pour deux semaines chez son ami M. Revaz du Groupe Mutuel.
La baisse des tarifs de laboratoire imposée par l'OFSP ne permettra au mieux qu'une économie minime mais conduira sans doute au démantèlement de la médecine de proximité, ce qui est sans doute le but visé par cette mesure. Privé de son autonomie de diagnostic, le généraliste ne sera plus qu'un intermédiaire administratif charger d'appliquer le rationnement des soins imposé par les assureurs maladie.
Cette dérive représente un grand danger pour notre système de santé et devrait mobiliser non seulement les médecins, mais également les patients dans leur ensemble car ce sont eux qui payeront de leur santé l'impéritie de M. Couchepin.

Écrit par : François Salina | 17/02/2009

@Salina - Oui, pour une mobilisation très forte médecins-patients parce que on grignote des prestations chez le médecin et c'est le patient qui finit par avaler la pilule amère. Pour cela une communication claire, précise via tous les cabinets médicaux, via la presse, les journaux, la radio. Il faut buzzer à fond. Une campagne sympa, un slogan simple relayé par tous
Allez - dessinons un joli slogan ! - "Mon médecin, ma santé" - Ou une chanson - moins de labo, moins de radio, moins de médico, plus de bobo........." Couchepin, touche pas à mes soins etc.. ! Lançons donc un concours de slogan

Écrit par : duda | 18/02/2009

Les signataires de votre pétition onr reçu une lettre de Pascal Couchepin. Ce qui est étonnant, c'est que cette lettre, datée du 2 février 2009, est signée par Pascal Couchepin, Président de la Confédération ! Hors, de puis le 1er janvier, c'est M. Metz qui est Président ! Couchepin et la modestie, ça fait deux !

Écrit par : Octave Vairgebel | 20/02/2009

La grève est contraire à la tradition médicale. Elle traduit des frustrations profondes de professionnels exacerbés. Grèves et manifestations n'existeraient pas si l'intrusion de tiers ne venait pas perturber le contrat Hippocratique qui regit tacitement les rapports entre médecins et patients dans un marché libre.

Aujourd'hui, le médecin ne peut plus se contenter de soigner ses patients. Il doit également combattre une bureaucratie pathologique qui l'empêche d'exercer correctement son métier. Malheureusement les grèves de médecins sont le plus souvent menées sans analyse étiologique. En s'attaquant au symptôme Couchepin, les meneurs du movement actuel de protestation FMH en tête, ne s'attardent pas suffisamment sur les questions morales soulevées par la réglementation arbitraire de notre profession. Nous n'avons pas encore saisi l'enjeu d'une bataille d'idées qui oppose l'Etat et ses saprophytes à ceux qui se battent pour une société plus lbre.

Écrit par : Alphonse Crespo | 24/02/2009

Les commentaires sont fermés.