31/03/2009

Les faits sont têtus...

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La santé coûte. La santé à un coût.

Vouloir imaginer que nous puissions diminuer l’augmentation des dépenses n’a pas de sens.

La population est de plus en plus âgée.

Les personnes âgées ont droit à une prise en charge à domicile efficace.

Avec les années, les pathologies deviennent multiples et les traitements onéreux.

La technologie médicale a fait un bon en avant.

Les patients deviennent exigeants et à juste titre. Ils ne se contentent plus de vaines promesses et veulent le meilleur. Ils ont accès aux dernières informations médicales.

Imaginer que nous allons faire des économies sur le dos des malades est impensable.

Imaginer que vous n’allez pas avoir un traitement pour des raisons économiques n’a pas de sens.

La question est de savoir si nous voulons continuer dans cette voie.

10,8 % du PIB est-ce trop ?

La santé est-elle une priorité ?

Voulons-nous que l’Etat s’engage à maintenir l’accès aux meilleurs des soins pour tout le monde ?

Franchement y a-t-il un problème ?

Lorsqu’il faut sauver Swissair ou l’UBS l’argent existe. Lorsqu’il faut percer un tunnel, personne ne discute.

La seule question qui demande une réponse rapide est de savoir ; qui paye quoi ?

Le citoyen assume une part très importante des coûts (probablement une trop grande part), par ses primes, sa franchise, sa participation et ses impôts.

La confédération s’est énormément désengagée et a reporté sur les cantons et les habitants une grande partie des frais.

Il faut maintenant ouvrir un grand débat, et discuter de la répartition de l’effort.

Les enfants doivent-ils payer une prime d’assurance maladie ?

La vieillesse est-elle une maladie ?

Faut-il tout rembourser ? Le débat est ouvert avec la votation du 17 mai sur les médecines complémentaires.

Faut-il une prime unique pour toute la Suisse ? Il semble que certains cantons payent des primes trop basses et d’autres des primes trop hautes.

Faut-il revoir la gestion des caisses maladies ?

Faut-il rediscuter d’une assurance maladie-accident unique ?

Monsieur Couchepin pense noyer le poisson en prenant des décisions ponctuelles et en désignant des « boucs émissaires ».

A quand un grand débat sur la Santé …

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30/03/2009

La vie est un long fleuve tranquille...

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Et la politique de santé en Suisse un marécage…

Tiens cette fin de semaine, une nouvelle idée a germé dans le magnifique cerveau de vice-président de la conférence des directeurs cantonaux de la santé.

Les médecins débrouillez-vous ! Révoquez le TARMED, diminuez les revenus des spécialistes et augmentez ceux des médecins de premier recours.

CQFD.

Est-ce que ce monsieur a lu le dernier rapport de la caisse de compensation AVS de Saint-Gall ?

La médiane des revenus des spécialistes est plus basse que celle des généralistes, de mémoire 173000 frs contre 180000 frs.

Il confond tout simplement les médecins qui travaillent en dehors de l’assurance de base et qui facturent librement (tarif privé).

Ces médecins ont un revenu élevé, mais il ne peut pas être modifié par une modification du tarif de base.

Ils continueront à bien gagner leur vie. Il ne semble pas que cela pose un problème aux assurances privées (qui dit en passant sont les mêmes que pour le tarif de base).

Le manque de médecin de premier recours n’est pas un problème financier.

Nous l’avons dit et répété. C’est un problème d’intérêt, de compétence et de charge de travail.

Les facultés de médecine et les hôpitaux universitaires n’ont jamais joué le jeu.

La formation de médecin de premier recours a toujours été le parent pauvre du cursus hospitalier.

Le médecin de premier recours doit pouvoir utiliser une large palette d’outil diagnostic. La suppression du laboratoire est le début de la fonctionnarisation de cette spécialité avec comme perspective l’apparition du médecin trieur.

La féminisation de la profession (actuellement plus de 50 % de femmes en faculté de médecine) modifie complètement la façon de travailler du médecin.

Beaucoup plus de temps partiels, difficulté à assumer les gardes.

La vision d’un médecin corvéable à merci et travaillant 7 jours sur 7 est probablement caduque.

Au lieu de parler de revenus, (en aparté : qu’est-ce que j’ai fait au Bon Dieu pour devoir me justifier de gagner 180000 frs avant AVS en travaillant 60 heures par semaine et en devant prendre 20 à 30 décisions importantes par jour) il faudrait mieux discuter d’une planification sanitaire au niveau suisse en commençant par la mettre en place dans chaque canton.

Monsieur le vice-président, c’est votre rôle…

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27/03/2009

Travail de nuit...

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Après la parenthèse Couchepinesque, je me suis dis qu’il fallait que je revienne aux fondamentaux de la médecine.

Pourquoi parler du travail de nuit.

Simplement parce qu’il n’est pas bon pour la santé.

Cela on le sait et pour ceux qui ont du ou qui doivent travailler la nuit, ils le sentent dans leur corps.

Nous vivons selon certains rythmes qui permettent de régler notre horloge biologique.

Changer d’horaire, modifie et dérègle notre temps interne.

Le gouvernement danois vient de donner une compensation financière à 40 femmes ayant développé un cancer du sein. Il reconnaît que le travail nocturne augmente le risque de souffrir d’une tumeur. L’explication proposée est que nous produisons moins de mélatonine (hormone essentielle dans la régulation de notre rythme biologique) et que chez les femmes, ce fait augmente la production d’œstrogène augmentant le risque de cancer du sein.

Il est possible que d’autres causes interagissent (l’obésité, la consommation d’alcool).

Ce n’est probablement qu’un exemple des risques liés à ce type d’activité.

Il faut donc bien réfléchir avant de permettre de dérégulariser les temps de travail.

La crise économique ne doit pas être le prétexte pour accepter certains horaires et revenir aux pratiques du 19ème siècle.

Le travail de nuit doit rester une exception.

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25/03/2009

Et la suite !

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C’est super bien de descendre dans la rue.

Il faisait froid mais les cœurs étaient chauds bouillants.

Je ne veux pas revenir sur nos interrogations, nos demandes, notre combat.

Il faut maintenant réfléchir à après.

Surtout ne pas s’arrêter, ne pas se dire : voilà on a râlé, le boulot est fait à d’autres de conclure.

Rien n’est réglé. Notre ministre n’a pas bougé. Il changera de position que lorsqu’il sentira que la classe politique et la presse le lâchent.

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Alors la suite…

Des actions de plus en plus ciblées, des grains de sable dans le système par exemple une grève des crayons, l’utilisation des outils démocratiques à notre disposition comme l’initiative ou le référendum, un travail avec nos responsables politiques cantonaux pour commencer à faire et à construire une véritable politique de la santé axée sur le patient et non sur la compensation des pertes boursières des assurances maladies.

Il ne pas faut se fixer sur la réaction d’un homme qui est de toute façon en fin de carrière politique.

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24/03/2009

Jour historique

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Les toubibs sont en grève.

Et bien tant mieux.

Il a fallu que j’attende d’avoir 51 ans pour que je puisse m’initier aux subtilités du syndicalisme.

Bizarre qu’il faille en arriver là. Mais quand on a devant soi un mur valaisan à grandes oreilles, il est des fois nécessaire de montrer sa détermination.

Alors je rêve que brusquement la raison revienne, que la communication se rétablisse et qu’enfin on parle de la Santé, des besoins, des craintes, des maladies, de la prévention, de nos comportements, de nos besoins d’écoute.

Depuis ce jour de février ou j’ai lancé le « gros mot » de grève chez Pascal Décaillet et aujourd’hui : quel changement.

Enfin le débat est lancé, enfin les citoyens osent s’exprimer, enfin les politiques se réveillent et se rendent compte que les assurances maladies ont pris trop de pouvoir.

Monsieur Couchepin pense qu’après le 24 mars, nous allons nous essouffler et rentrer gentiment dans le moule. Et bien non, le plus dur est d’oser après tout est facile.

Rien ne va être comme avant. Le changement est programmé.

L’heure de la retraite a sonné, monsieur le Conseiller Fédéral.

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23/03/2009

91 % d'égoïstes ?

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« Vous n’avez pas honte.

Vous mettre en grève.

Vous êtes des sacrés privilégiés.

Et l’éthique.

Et le serment de Genève.

Vous n’avez rien compris.

Le nouveau tarif des analyses médicales a été mitonné pour vous, par de très gentils fonctionnaires sous les ordres de notre Père à tous. Vous allez faire exploser le compteur en l’utilisant.

Alors bande de nase, vous allez m’annuler votre manifestation de nantis, rentrer dans le rang et vous taire. »

 

Ce message je l’ai lu tout le week-end dans notre bonne presse unique.

J’en ai marre car il ne correspond à rien de réel.

Oui, 91 % des médecins genevois feront grève demain, le 24 mars.

Oui, l’ensemble des professions de la santé nous soutienne.

Oui, l’Association Suisse des Patients est avec nous.

Oui, la majorité des partis politiques ont émis plus que des doutes sur le tarif des analyses.

Nous ne défendons pas notre revenu.

Nous défendons la qualité des soins.

Nous nous battons contre une médecine à deux vitesses.

Nous nous battons contre une politique de la santé complètement surréaliste.

Nous nous battons pour le malade soit entendu et défendu.

Nous nous battons contre une vision comptable de la santé.

Le médecin doit pouvoir continuer à soigner en toute indépendance. Il doit pouvoir faire le maximum pour ses patients. Chaque malade est différent. Il n’est pas possible de limiter l’accès aux soins en définissant un prix par pathologie.

J’en ai assez que l’on m’enlève les instruments que j’utilise pour faire un diagnostic : le laboratoire, la radiologie, bientôt l’électrocardiogramme et finalement le stéthoscope.

J’en ai assez d’être contrôlé, d’être suspecté, de devoir me justifier.

J’ai l’impression que l’on me considère comme un voleur.

J’en ai assez de remplir de plus en plus de paperasses, avec souvent des questions surréalistes. Tiens par exemple, juste pour la route « Pourquoi prescrivez-vous des couches à une personne âgées ». La dernière fois, j’ai répondu : Devinez…

 

Alors oui, je suis un sacré égoïste et je le revendique haut et fort.

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19/03/2009

Le 17 mai, vous pourrez aller à la pêche...

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A quoi cela sert d’aller voter si votre avis ne va, de toute façon, pas compter.

Monsieur Couchepin vous l’a dit très clairement ; si le peuple suisse accepte la réintroduction des médecines complémentaires dans l’assurance de base, il n’appliquera pas cette décision.

Il est en verve le coquin.

Nous allons finir par le nommer Empereur de Martigny et alentours.

Mais alors à quoi sert mon avis un tant soit peu éclairé.

A rien.

Avec ce genre de prise de position, il est sûr que les personnes qui étaient contre vont changer d’avis juste pour le chicaner.

Le débat démocratique, on oublie.

Le parlement…en fin de compte c’est quoi le parlement, ah oui des bavards qui n’ont rien compris.

Bref vous bâchez, vous allez acheter une canne à pêche et vous allez rejoindre nos amis « le ni oui ni non mais tout au contraire ».

Ah oui autre chose.

Si vous voulez que cela change alors vous n’avez qu’une solution venir aux Bastions, le 24 mars à partir de 17h30, pour soutenir l’ensemble des professions de la santé et l’association suisse des patients dans son combat contre la politique (mais peut-on parler d’une politique) actuelle de la santé.

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18/03/2009

Merci, monsieur Sarkozy

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Grâce à vous, je vais enfin pouvoir maigrir.

Soyons plus précis, grâce à votre coach personnel.

Dans un journal suisse, qui vous aime beaucoup, Le Matin, elle a cafté et nous savons maintenant tout sur votre entraînement physique, sur vos trucs pour rester fit.

Moi qui suis un peu flemmard, je n’ai retenu qu’une chose : pas de chocolat après 17 heures.

Bingo, dernier carré à 16h59.

Avant open tiroir et adieu la mauvaise conscience.

Je vais me faire une sélection en fonction de l’heure et de l’humeur du jour.

Je me déjà sens tout léger et soulagé.

Génial cela marche dans l’instant.

Vous êtes trop fort, monsieur le Président.

Vous savez vous devriez devenir Président des Suisses. Un de vos prédécesseurs l’avait déjà été, mais il était plutôt empereur que président.

Vous savez défendre à merveille notre industrie. Après les montres, le chocolat…

Dites vous pourriez pas faire un petit effort pour nos banques !

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17/03/2009

Une sacrée perte de confiance...

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Nous sommes tous un peu déboussolés.

Nos repères ont brusquement disparu.

La crise bancaire, mais surtout le débat sur la gestion des fonds étrangers nous déstabilise.

A de multiples reprises mes patients m’ont fait part de leur révolte. Je ne ressens pas de peur, mais comme une sourde colère.

Contre les banques qui ont menti, qui ont caché des pratiques peu scrupuleuses.

Contre le gouvernement fédéral qui ne semble pas savoir défendre l’honneur d’un pays et qui capitule en rase campagne avant d’avoir combattu.

Pourquoi avoir honte du secret bancaire, alors que la majorité des états qui nous attaquent le pratique.

Pourquoi toujours se comporter ainsi.

Capituler sans avoir négocié.

Ce sentiment d’infériorité, ce manque de panache.

Lorsque l’on érige le consensus en dogme, il est impossible de savoir ou d’oser réagir.

Le Conseil Fédéral est une structure idéale pour des temps calmes, mais lors d’une tempête, il manque cruellement un vrai homme ou une vraie femme d’Etat.

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13/03/2009

Les Experts...

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Non pas la série américaine où des génies de la chimie amusante résolvent les crimes les plus tordus et improbables.

Mais tous ces bons messieurs et bonnes dames qui ont, depuis quelques années, remplacé nos politiciens.

Paroles d’expert, paroles d’évangile.

Les experts ont dit, les experts pensent, CQFD, la solution est trouvée.

J’ai souvent entendu cette réflexion : pourquoi discuter ce que les experts ont déclaré !

Et bien il faut en discuter, il faut en débattre et il faut critiquer.

Les questions doivent être politiques, les réponses doivent être politiques.

Il est très difficile pour un élu de tout savoir et surtout de pouvoir comprendre un rapport. Mais il possède une arme redoutable, le bon sens.

Il connaît le terrain et ses administrés.

Il doit oser les questions bêtes, il doit dire et revendiquer sa non compétence (pas son incompétence).

Et surtout, il doit avoir le temps pour réfléchir.

Son indépendance est à ce prix.

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12/03/2009

J'ai les portugaises ensablées...

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mes oreilles

 

 

 

Je suis nul de chez nul.

Je dois retourner à l’école primaire.

J’ai de gros problème en calcul.

C’est un super sous chef de l’Office Fédéral de la Santé Publique qui me la dit.

Oh gentiment avec un sourire plein de crème pâtissière.

Il n’y a pas de problème de tarifs pour le laboratoire du médecin. Si si, nous allons même faire une bonne opération financière.

J’ai beau reprendre les chiffres, les multiplier, les diviser, les mettre au carré, ben j’y arrive pas.

Il a plus, j’ai moins.

Bon sang, il est expert et moi rien.

Il sait et moi je doute.

Il veut mon bonheur et moi je râle.

J’ai honte.

Vous savez ; cela fait des années que les médecins sont pris pour des demeurés du chapeau.

Cela fait des années qu’à chaque baisse du tarif on nous annonce que nous gagnons trop d’argent.

Cette fois, nous avons dit stop, c’est fini. Ils n’ont pas compris que le problème n’était pas une question de pépètes, mais une question de formation, de santé publique, de qualité des soins.

La relève n’existe tout simplement plus. La médecine est devenue à deux vitesses.

Alors n’hésitez pas à venir manifester votre ras le bol, mardi 24 mars, à partir de 17h30 aux Bastions. Je compte sur vous.

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Désert médical

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11/03/2009

Anachronisme...

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Il est, peut-être, essentiel d’avoir un titre de spécialiste en gériatrie si on veut, un tant soit peu, comprendre la nouvelle façon de penser de l’Eglise Catholique.

La communication est tellement catastrophique et les prises de positions surréalistes (là je fais probablement injure à la mémoire de Breton) que les évêques suisses ont été obligés de contredire Rome.

Les églises sont vides et vont le rester.

Excommuniez des médecins brésiliens pour avoir fait avorter un enfant de 9 ans ?

Débile et stupide.

Ils ont eu raison. J’aurais fait la même chose.

Ce genre de décision est terriblement dur à prendre.

L’avortement n’est pas un geste banal et à banaliser.

Chaque cas est particulier.

Ici, le pronostic vital était engagé.

Aurait-il mieux fallu faire mourir la mère ?

Je suis en colère.

Je demande donc à Rome de m’excommuniez puisque je suis d’accord avec mes confrères.

Je demande à tous mes confrères catholiques de faire la même démarche.

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10/03/2009

Auto-diagnostic ...

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Tiens aujourd’hui en faisant mes courses, il ne faut pas que j’oublie de m’acheter un test pour les allergies, pour le sucre, pour le cholestérol.

Comme cela en préparant ma blanquette, je vais tout savoir sur moi.

Un petite goutte de sang et bing le diagnostic.

J’ai un peu les jetons et si le test était positif.

Vite un coup de bigophone à mon docteur, il va pouvoir m’aider et me rassurer.

Ouf c’est OK. Mais peut-être que quand même, que peut-être, bref j’ai décidé de me tester tous les 3 mois. Comme ça, pas de problème, j’ai ma santé à l’œil.

 

Pas très loin de la réalité, les auto-diagnostics sont en vente dans les grandes surfaces.

Et les questions angoissées commencent.

Et les coûts de la médecine grimpent.

Plus de 30 % de faux résultats.

Si le résultat est positif alors il faudra faire une prise de sang et demander un dosage à un laboratoire.

Et en cas de réponse négative, il faudra rassurer, expliquer, convaincre.

Qui a raison, qui a tort.

Faire des examens sans symptômes, juste pour voir, cela ne sert à rien. On ne traite pas un dosage de labo, mais un patient.

C’est la clinique qui décide de la marche à suivre.

Alors n’achetez pas ces trucs. Ils ne servent qu’à vous angoisser.

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09/03/2009

Une nouvelle façon de surveiller vos traitements...

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Le progrès, je vous dis, il n’y a que le progrès qui compte.

 

Je vous prescris un traitement. Je vous explique la marche à suivre, j’essaie de vous convaincre et après vous êtes libre de le prendre ou de ne pas le prendre.

Je ne vais pas vous surveiller, surtout pas.

C’est ce que nous appelons la compliance médicamenteuse.

Il semble que les résultats ne sont pas terribles et que plus le temps passe moins la patient suit son traitement.

Humain comme réaction.

Cela ne m’a jamais posé de problème existentiel.

Mais aux grands laboratoires pharmaceutiques, oui.

Des dizaines de millions de médicaments non vendus…Horreur.

Alors la bouche en cœur, les représentants des grandes firmes nous visitent pour nous proposer des services gratuits de surveillance thérapeutiques.

Un petit SMS pour vous signaler qu’il est l’heure d’avaler votre comprimé.

Le téléphone d’une infirmière pour vous demander si tout se passe bien.

La visite d’un soignant pour vous montrer et vous expliquer la marche à suivre.

Vous n’avez plus d’excuse.

Vous êtes surveillé, fiché, vous n’avez pas intérêt à vous soustraire au contrôle.

A quand le malus pour les réfractaires.

Bon jusqu’à maintenant il faut ma permission et je ne la donne pas.

Mais plus tard, lorsque je n’aurai plus rien à dire…

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06/03/2009

Cela fait bizarre...

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Tiens l’autre jour, je me suis dit c’est le printemps, les suisses-allemand sont revenus aux Pâquis.

Et oui, le salon de l’auto a ouvert ses portes.

Puis je me suis soufflé à l’oreille (difficile à faire et périlleux), mais à quoi ça sert la bagnole.

Parce que dans le quartier (Saint-Gervais), depuis l’ouverture du chantier du Tram et bien il faut mieux avoir revendu sa caisse et se déplacer avec ses guiboles.

L’infarctus guette, l’apoplexie se prépare et la crise de nerf est programmée.

Bon c’est tout bénéfice pour moi, comme toubib.

Mais quand même.

J’ai réfléchi (cela m’arrive une fois par année) et j’ai constaté que je ne viens plus au travail en voiture, que je me déplace en tram ou à pied et que je pense que lorsque ma voiture arrivera en bout de course et bien je ne vais pas la remplacer.

Je ne suis pas un anti.

Loin de là.

Mais les temps changent.

Alors l’ouverture du salon de l’automobile, cela fait bizarre.

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05/03/2009

Appauvrissement...

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J’ai un vice, je vous l’avoue, j’adore lire la presse. Je suis un « journalophage ».

Mais heureusement grâce à la crise, je vais faire des économies substantielles.

Fini, la « Julie », « le Matin », « Libération », « Le Monde » et tous les autres.

Dès potron-minet, la bonne parole sera gratuite. En trois lignes, nous saurons informer sur tout et le reste, surtout le reste.

Je me réjouis car j’arrive à faire le mot croisé du « Matin bleu » et de « 20minutes ».

Zut, ils fusionnent, quel perte de substance, de réflexion et de mots fléchés.

Il restera le « Courrier ».

C’est quand même bizarre, le seul journal qui devait disparaître, qui allait disparaître, va survivre.

Mais comment va-t-on faire pour savoir ?

Pour éviter la Parole Unique, le Grand Dispensateur de nouvelles.

Peut-être internet ?

Au secours… je commence à paniquer.

Orwell aide-moi !

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04/03/2009

Le Roi est nu...

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Dagobert avait mis sa culotte à l’envers, le Roi Couchepin n’a même plus le luxe d’en avoir une.

Sa décision régalienne de diminuer les tarifs des analyses médicales n’est soutenu par plus personne à part peut-être ses propres fonctionnaires.

Même SantéSuisse réagit. Son président, monsieur Ruey, doute de la pertinence de la mesure et son porte-parole avoue ne plus rien y comprendre.

La commission de gestion du Conseil national en rajoute une couche et l’association suisse des laboratoires médicaux projette une augmentation des coûts de 1 milliard.

Une belle cacade.

La décision de trop.

Le Roi va devoir s’en aller, déposer sa couronne.

L’erreur de monsieur Couchepin est politique. A force de se croire investi de la Seule Vérité, il s’est éloigné de la base.

Et il a réussi à réveiller les médecins qui n’avaient jamais su ou voulu utiliser leur force politique.

Cette affaire doit déboucher sur un large débat de tous les utilisateurs de la santé, patients en tête. Que voulons-nous comme système de santé ? Comment le financer ?

A partir du cas du laboratoire du médecin, nous devons parler des soins de proximités, des réseaux, du parcours de soins des patients, de la collaboration état-privé, des primes de l’assurance maladie.

Il faudra partir de la base et d’abord discuter dans les cantons. Le système suisse ne peut pas fonctionner si la Confédération impose ses solutions.

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03/03/2009

Du rififi à Cholestérol City ...

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Aujourd’hui on ne parle pas de grève, de caisses maladies, de monsieur Couchepin, bref on redescend sur terre.

Vous qui aimez les saucisses, la charcuterie, les fromages coulants et bien gras,

Vous qui faites de l’exercice devant votre télé en mangeant des chips.

Vous qui avez un taux de cholestérol dans le sang à faire peur à votre grand-mère.

Et bien vous avez probablement lu dans votre presse dominicale (le Matin Dimanche du 1er mars), en mangeant un croissant bien doré, qu’un cardiologue français, le docteur Michel de Lorgeril, ne croit pas à l’efficacité des médicaments que votre médecin vous a prescrits en urgences en vous prédisant les pires calamités.

Que faire, le doute !

Mais comme dans toute chose il faut utiliser la méthode vaudoise : le bon sens.

Il faut être ni pro, ni anti, tout au contraire.

Je dis toujours que je ne soigne pas un résultat de laboratoire ou une radiographie, mais un être humain.

Alors on se met dans le contexte, on cherche les facteurs de risque (obésité, diabète, hypertension artérielle, tabac, sédentarité) et on parle au patient.

D’abord on essaye de le convaincre de changer de mode alimentaire, de faire plus d’exercice, de laisser tomber l’herbe à Nicot.

Et puis tranquillement, sans se presser on décide.

Une saine négociation.

Une majorité n’aura pas de traitement médicamenteux, une minorité devra impérativement être sous anti-cholestérol.

Ne cédons aux chants des sirènes de l’industrie pharmaceutique.

A force de continuellement baisser le taux de cholestérol à partir duquel nous devons traiter, toute la population suisse va devoir avaler des pilules.

Nous vivons vraiment une époque formidable.

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"N'oublies pas de prendre ton comprimé contre le cholestérol"

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02/03/2009

Tiens. tiens ...

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Il y a des jours, des couleurs, des choses, des odeurs qui nous mettent de bonne humeur.

Il y a aussi quelques moments cocasses, des pirouettes de l’esprit qui enchantent.

Le débat sur le secret bancaire a permis de révéler un élément de rhétorique étrange et ébouriffant.

Le secret médical est comparé au secret bancaire.

Les partis de droite deviennent les pourfendeurs, les défenseurs, les preux chevaliers du secret médical.

C’est nouveau er rafraichissant.

Nous nous battons depuis des années pour que votre dossier médical ne soit pas divulgué.

Nous avons refusé que les diagnostics soient transmis aux caisses maladies.

Nous avons demandé que le rôle du médecin conseil soit clairement défini et que son indépendance soit renforcée.

La tendance a toujours été, de nous dire d’arrêter d’être paranoïaques et de faire confiance.

La tendance a toujours été, de la part de nos nouveaux ardents défenseurs, de vouloir un secret médical light.

Et aujourd’hui miracle, le secret médical est devenu la panacée universelle,

l’exemple, le dogme.

Nous allons nous en rappeler, faites nous confiance.

Mais franchement, peut-on vraiment comparer ces deux entités ?

J’en doute.

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