11/05/2009

La presse dominicale

presse.gif

Il faut exister. Il faut être visible tous les jours de la semaine et surtout le dimanche, car là le vulgaire pékin a le temps de vous admirer. Réfléchir, je ne sais pas, mais vous lire oui.

Il faut des images et des phrases chocs. Une idée, deux c’est déjà trop.

Tant pis si cela entraîne une simplification ou des raccourcis abruptes.

J’imagine tous nos femmes et hommes publics se dire le jeudi soir « Vont-ils me téléphoner, je dois trouver une petite idée, que dire, que faire ? »

Et puis cela donne du grain à moudre pour le reste de la semaine.

Dimanche scoop, lundi clarification, mardi démenti.

Et c’est reparti, le mouvement perpétuel enfin démontré.

Tiens par exemple monsieur Darbellay hier dans le « Matin Dimanche ».

Faire des économies sur le dos des patients en fin de vie.

Réaction unanime contre, méconnaissance du travail des médecins et des structures existantes.

On touche là à l’indicible,  faire des économies sur la mort, l’espoir, la relation intime entre le soignant et le soigné.

Il fallait une phrase scoop, CQFD.

Et le lundi…

12:12 | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook |  Imprimer | | | |

Commentaires

Histoire racontée par un de vos confrères :
un jeune médecin en stage au CHUV après un stage à La CdF, ville du Jura. Opération pointue d'un vieillard de passé 85 ans. Espérance de vie : 0.
Utilisation en cours de route d'une forme d'insuline hyper-chère. Le jeune médecin remarque qu'à la CdF, dans les mêmes circonstances, ils avaient utilisé une solution meilleure marché. Il s'est fait traité de nazi par les lausannois.

Moralité : au delà du fait que la reductio ad Hitlerum est le seul argument des trentenaires de ce pays (cf la Soupe de RSR), Darbellay n'a fait qu'effleurer le début du scandale que constitue l'acharnement thérapeutique envers les personnes en fin de vie. Cobayes pour les pharmas ou les grands pontes en mal d'expérimentation de techniques nouvelles ?

Écrit par : Géo | 11/05/2009

Les commentaires sont fermés.