26/05/2009

Chronique d'une mort annoncée...

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Pascal Couchepin vient de terminer sa carrière fédérale.

L’annonce d’une augmentation de 15 %, en moyenne, des primes d’assurances maladies pour 2010 est une honte, un scandale.

Le résultat d’une politique des petits copains, d’une imprévoyance et surtout d’un manque de contrôle, volontaire ou inconscient, de la gestion des caisses maladies.

Comment expliquer des réserves à -3% dans le canton de Berne.

Comment expliquer des réserves qui augmentent à Genève (de 45 à 48 %).

Est-ce que les Genevois et les Vaudois ont payé pendant des années pour que les cantons suisses-alémaniques soient meilleurs marchés ?

Comment expliquer qu’il est prévu une hausse de 7 % à Genève, alors qu’en fonction des réserves disponibles, le status quo devrait prévaloir ?

A combien de centaines de millions se chiffrent les pertes en bourses des caisses maladies ?

Nous avons connu Swissair, l’UBS, nous allons connaître le « big bang » des caisses.

Depuis hier, c’est le silence absolu des responsables de SantéSuisse. Monsieur Castelli, monsieur Ruey, toujours prompts à nous faire la leçon sont aux abonnés absents.

Bigre, il est difficile dans ce cas de figure de nous resservir le couplet bien connu « c’est la faute aux autres ».

Je veux bien être « un cochon de payant » mais j’exige la vérité.

Nous allons payer les pertes en bourse, soit personne n’avait prévu la crise, mais lorsque la bourse flambait est-ce que j’ai profité des bénéfices accumulés ?

Est-ce que « l’étanchéité théorique » entre l’assurance obligatoire et l’assurance privée a bien fonctionné ?

J’exige un audit des caisses maladies fait par un organisme indépendant.

Ras le bol de me faire berner …

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Commentaires

Totalement en accord avec votre billet. Je me demande de quelle manière, nous citoyens, allons pouvoir rompre ce cercle infernal, qui nous est présenté comme inéluctable... Il est peut-être enfin temps que le peuple suisse descende dans la rue, manifeste son ras-le-bol ! ça suffit de nous traiter comme des profiteurs du système, qui ne feraient qu'augmenter les coûts de la santé. Examinons plutôt d'un plus près ces organismes, ces assurances qui nous accablent de tous les maux et comme vous le dites, exigeons un audit par un organisme indépendant.

Écrit par : snups | 26/05/2009

Tout à fait juste. Santésuisse a de bonnes raisons d'être dans ses petits souliers car les assureurs portent une responsabilité écrasante dans ce triste spectacle.
L'augmentation des primes qu'on se propose de nous faire avaler est théorique puisque celle des coûts réels devrait se situer autour de 4,5%.... ou plutôt devait, car les assureurs se sont dépêchés de la revoir à la hausse (6% ce matin et les enchères ne sont pas closes) afin de rendre moins suspecte la hausse de 15% qu'ils vont exiger pour renflouer leur réserves. Et l'OFSP n'y trouve rien à redire...
Le spectacle lamentable qu'on nous offre amène de nombreuses questions.

-Comment se fait-il que santésuisse qui a d'ordinaire la main lourde lorsqu'il s'agit de fixer les primes se soit trompé à ce point, comme par hasard juste avant une votation fédérale qui menaçait ses intérêts ?

-Comment se fait-il que l'OFSP ait validé en connaissance de cause des primes manifestement sous-évaluées ?

-Quelle est l'étendue réelle des pertes en bourse des assureurs ?

-En jouant sur les vases communicants, les assureurs ne nous font-ils pas aussi payer pour combler les pertes sur investissements de l'assurance complémentaire ?

A aucune de ces questions il n'a été donné de réponse satisfaisante jusqu'ici. Tout est fait pour nous dissimuler la vérité et nous en distraire.

M.Couchepin avait affirmé en 2007 vouloir se battre "à mort" contre la caisse unique, ce qui l'a amené à se rendre complice de la manipulation minable dont on entend aujourd'hui nous faire payer le prix.
Il est temps que M. Couchepin aille rejoindre ses petits amis dans sa petite province octodurienne, et que des réformes en profondeur soient entreprises, dussent-elles déplaire aux assureurs. Leur inconfort est un sacrifice bien modeste pour guérir notre système de santé.

Écrit par : François Salina | 26/05/2009

Peut être serait il temps de commencer à utiliser intelligemment les bulletins de vote...

Écrit par : alex | 26/05/2009

Pourquoi s'acharner sur Couchepin. Finalement, le peuple n'a que ce qu'il mérite. En effet, par deux fois, il aurait eu l'occasion de prendre un nouveau virage. D'abord il a refusé, en votation, le projet du financement des cotisations en fonction du revenu. Ensuite, l'année passée, il a refusé le projet de la caisse unique torpillé par les bourgeois et les fascistes blochériens qui ont laissé croire les coûts étaient maîtrisés. Aujourd'hui, il ne faut pas pleurer. C'est trop tard.

Écrit par : Robert | 26/05/2009

Et oui le peuple a toujours tort de se faire manipuler.
Mais bon ce n'est pas une raison de baisser les bras.
A la longue on gagne toujours.

Écrit par : Bertrand BUCHS | 26/05/2009

Si seulement!

Les "primes" maladie ne sont pas une assurance, mais un impôt. En tant que tel, bien sûr qu'il doit être proportionnel au revenu. Et il ne peut y avoir de concurrence quand le marché est captif, car obligatoire.

Écrit par : Johann | 26/05/2009

A titre de complément, la lecture de cet extrait d'un article de Bertrand Kiefer peut s'avérer fort instructive. Il est d'ailleurs surprenant que les médias laissent dans l'ombre cet aspect important des coûts de la santé:

"...En attendant cette initiative, que de phénomènes étranges, dans le monde des assureurs maladie. Au mois de février 2009, deux grands assureurs font état de leurs comptes 2008. Le Groupe Mutuel d’abord. Il déclare une perte de 112 millions dans l’assurance obligatoire et un excédant de 59 millions dans les assurances complémentaires. Merveilleux cas de figure (pour la direction) : le Groupe peut distribuer de l’argent à ses actionnaires. Les 112 millions de perte de l’assurance obligatoire seront compensés en puisant dans les réserves et en augmentant les primes.
A peu près au même moment, Helsana fait une annonce similaire : pertes de 1,38 milliard dans l’assurance de base et bénéfice de 1,17 million dans l’assurance complémentaire. Là encore, un merveilleux hasard est à l’œuvre. La tempête boursière a touché le public bien plus que le privé. Une bonne étoile protège la partie lucrative de l’entreprise des méchants revers qui affectent sa partie sociale.
Un peu plus tard, au mois d’avril dernier, c’est le tour de la CSS d’annoncer ses résultats. Toujours la même configuration. Perte de 123 millions de francs dans la partie assurance obligatoire, bénéfice de 35,2 millions de francs dans les assurances complémentaires.
Certes, on pourra remarquer qu’il est normal que toutes ces assurances gagnent de l’argent dans le domaine complémentaire : elles y ont les coudées franches pour faire leur business. Mais le problème n’est pas là. Il est que les assurances entretiennent un immense flou dans leur gestion public/privé. Nul ne sait comment elles répartissent leurs salaires, leurs loyers, leurs frais. Ni comment elles distribuent, mélangent et transfèrent leurs investissements et réserves. Rien, dans le système actuel, ne les empêche d’attribuer les pertes de leurs placements financiers selon leurs intérêts, d’éponger dans le secteur public les dettes contractées dans le secteur privé.

Autre phénomène qui ne porte pas à l’optimisme. Pascal Couchepin vient de nommer Pascal Strupler, secrétaire général de son département (autrement dit son bras droit), à la direction de l’OFSP que Thomas Zeltner abandonnera à la fin de l’année. Il est trop tôt pour juger des intentions de ce nouveau directeur. Mais il est assez tôt pour s’inquiéter de la nomination à un poste-clé d’un des principaux artisans du programme de PC dans le domaine de la politique de santé.
Dans un pays qui n’a pas, à la différence de tous les autres de l’OCDE, un département de la santé, avec un ministre qui s’y consacre à plein temps, le rôle d’un office comme l’OFSP est d’une importance majeure. Il exige que son directeur soit résolument au service de la médecine. Donc manifeste une indépendance farouche vis-à-vis des intérêts de l’industrie (dans le domaine de la prévention en particulier), des pressions des assurances et même des velléités politiciennes de faire de la sous-enchère sanitaire.
Depuis que le secteur LAMal lui a été transféré, l’OFSP doit gérer des tâches qui appartiennent à des sphères très différentes : d’une part, organiser et promouvoir la santé publique, tout en donnant une impulsion à l’ensemble du système de santé. D’autre part, surveiller les caisses-maladie (tâche que jusqu’à maintenant l’OFSP a exercée avec un amateurisme si poussé qu’il est probablement voulu). Médecin, Thomas Zeltner était avant tout passionné de santé publique. Il a laissé à Peter Indra la difficile tâche de la non-surveillance des assurances. Si Pascal Strupler devait non seulement ne pas améliorer l’efficacité du contrôle, mais transformer l’OFSP en une nouvelle entité au service des visions mégalomaniaques des caisses-maladie, ce serait un casus belli pour le monde médical. On attend de sa part des signes rapides montrant que ce ne sera pas le cas. Ce qui supposerait qu’il change de vision, jette sa gourme et se fâche avec son patron."

Écrit par : François Salina | 27/05/2009

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