01/07/2009

Pas assez de carabins ?

carabin.jpg

 

 

 

Nos hôpitaux tirent la langue. Ils connaissent un gros problème d’effectif. Pas assez de médecins assistants.

La solution toute faite ; augmentons le nombre d’étudiants en médecine.

Le petit problème c’est que nos facultés de médecine ne peuvent, tout simplement, pas en accueillir plus.

Il faut des enseignants, de places de stage et surtout ne pas diminuer la qualité de l’enseignement.

J’ai toujours remarqué, au travers de mes multiples vacations hospitalières, que les hôpitaux manquaient cruellement d’imagination.

Ils ont eu, pendant des décennies, la vie facile. Médecins corvéables à merci, travaillant plus de 70 heures par semaine.

Nous l’avons fait, sans nous plaindre, par tradition et par respect pour nos ainés.

En échange, nous avions la chance de côtoyer des chefs de service extraordinaires qui transmettaient leur savoir clinique.

La médecine a changé, les jeunes médecins ont changé, la profession s’est fortement féminisée. Les jeunes confrères n’ont plus été d’accord de travailler autant. L’horaire hebdomadaire a été ramené à 50 heures. Par conséquent, il a fallu augmenter les postes. Très bien.

Mais je reviens à mon manque d’imagination. Rien n’a été fait pour garder ces médecins dans les structures hospitalières. Vous vous formez et puis basta allez vous faire voir ailleurs. Perte énorme de compétence. Une fois que vous êtes à 100 % efficace, vous prenez la porte. Aucune entreprise ne se comporte comme cela. Il faut donc plus de postes fixes dans nos hôpitaux, ce qui aurait l’avantage d’améliorer l’encadrement des débutants.

Les solutions existent, comme pour tout, un peu de bonne volonté, quelques idées novatrices et le tour est joué.

carabins2.jpg

De la souplesse que diable… Pourquoi je ne peux pas suivre mes patients une fois qu’ils sont hospitalisés, pourquoi cette barrière étanche entre la ville et l’hôpital. Pourquoi je ne peux pas transmettre mes connaissances cliniques fondées sur des heures de pratique et des milliers de consultations.

A vous de juger…

06:59 | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Facebook |  Imprimer | | | |

Commentaires

Le sujet est très bien posé! Merci!
Vous évoquez une barrière étanche entre la ville et l'hôpital, ce qui est déplorable pour le patient.
Nous pouvons aussi parler de la barrière étanche entre la médecine et les thérapies alternatives. Maintenant que l'article constitutionnel est établi, il est temps de laisser les thérapeutes alternatifs offrir leurs services quand ceux-ci sont plus efficaces que les méthodes académiques. Pour l'instant, cela se passe en catimini, dans certains services. Que proposez-vous pour une généralisation?

Écrit par : Marie-France de Meuron | 01/07/2009

Je propose la création d'une chaire de médecine alternative

Écrit par : Bertrand BUCHS | 01/07/2009

à ce que j'ai entendu, certains hôpitaux gardent une liste des numéros de téléphone des "coupeurs de feu" mais c'est un fait qu'on essaie de garder secret...

Écrit par : K. | 01/07/2009

Non ce n'est pas secret, j'ai eu recours à ces personnes lorsque je travaillais à Sierre et que nous avions beaucoup de brûlures (Du temps d'Alu Suisse)

Écrit par : Bertrand BUCHS | 01/07/2009

Je regrette qu'une fois de plus, le sujet de la santé en soi - et non ses coûts- ne suscite pas plus de débat, contrairement aux minarets dont le sujet est tellement moins quotidien pour nous. Soutenir ou construire notre santé est une démarche passionnante. Pourquoi ne provoque-t-elle pas plus de dynamique de réflexion dans le peuple?

Écrit par : Marie-France de Meuron | 02/07/2009

Dr. Buchs, Merci pour ce témoignage! quand j'ai raconté l'histoire des coupeurs de feu appelés par les médecins suisses à un américain, il ne m'a pas cru et m'a même insultée. Je n'ai malheureusement pas pu trouver de preuves pour lui montrer...

Écrit par : K. | 02/07/2009

Les commentaires sont fermés.