19/08/2009

Vouloir faire des réformes est difficile...

 

Je suis impressionné par l’agressivité des citoyens américains au sujet de la réforme de l’assurance maladie.

48 millions d’américains n’ont pas d’assurance et dans cette catégorie de population l’espérance de vie est de 50 ans.

Il y a donc urgence.

Des organisations humanitaires sont même obligées d’organiser des consultations gratuites.

Et bien le bon citoyen lambda panique et imagine que son beau pays va devenir communiste.

Etonnant et compréhensible si l’on considère que les pères fondateurs des USA se sont toujours méfié d’un pouvoir centralisateur et dictatorial.

Stupéfiant comment on peut manipuler l’opinion publique avec des arguments chocs et malhonnêtes.

Terrible cette pression du lobby des caisses maladies qui arrivent même à faire plier un Président pouvant s’appuyer sur une nette majorité parlementaire.

Bizarre ces distributions de photomontage montrant le Président des Etats-Unis transformé en Hitler, sans d’aucune plainte pénale ne soit déposée.

obama.jpg

Mais n’est-ce pas le rôle de l’Etat de prendre en charge les plus pauvres ?

ObamaHitler.jpg

Chez nous, la situation est nettement meilleure du point de vue prise en charge et soins. Mais attention, de plus en plus de personnes ne paient plus leur prime d’assurance maladie ou ne peuvent plus avancer la somme de leur franchise.

L’augmentation prévue des primes oblige ou obligera une réforme en profondeur du financement de la maladie.

La pression du lobby des caisses maladies sera aussi forte qu’aux USA.

 

Sur le front de la grippe, rien, dormez tranquille. Pas un téléphone depuis 3 semaines. Mais où est ce terrible virus ?

Que va-t-on faire de nos 130 millions de dose de vaccins ?

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Commentaires

Bonjour Bertrand,
Très bon blog. Il est vrai que les américains ne sont pas habitués aux grands changements. Pour le nouveau continent, il est surprenant que ses habitants ne soient pas plus novateur et conscient du bien d'une assurance maladie.
Cela dit, je suis choqué de voir Obama en habits hitlérien. Je suis contre ce genre d'identification, d'assimilation. c'est déplassé quant on pense à ce qu'il s'est passé sous cette ère. A ça place, je réagirai. Le Président des Etats-Unis ne cherchent qu'à faire du bien pour sa nation. Je sohaite de tout coeur qu'il arrive à mener à bien son chantier. Il aurait droit à un meilleur traitement.
Amitiés
François

Écrit par : velen | 19/08/2009

Bonjour M Buch,

Malheureusement les américains attendaient ce moment avec impatience:
FAIRE COMPRENDRE A OBAMA QU'UN NOIR N'A PAS A CHANGER LES ETAS-UNIS

Obama à servi de trompe l'oeil le temps que l'économie reparte...maintenant que tout va bien (nous dit-on) le racisme peut reprendre ses droits.

C'est vraiment triste ...mais y'a pas de miracle...même au USA.

Sur ses mots bien à vous Doc ;O)

Écrit par : M.U.R | 19/08/2009

Les grands assureurs maladie ne sont pas les seuls opposés à cette réforme. Ils sont au centre d'une coalition hétéroclite minoritaire mais fortement active et virulente qui réunit ce que le pays compte de plus réactionnaire, allant des milieux racistes à la droite dure du parti républicain en passant par l'industrie pharmaceutique et le ku-klux-klan. L'activité de lobbying à Washington a atteint des sommets inégalés de mémoire d'homme. Les grands assureurs, qui ont le plus à perdre dans cette réforme, y ont déjà investi plus de 140 millions $ en trois mois.
En prenant possession du bureau ovale, M. Obama a hérité d'un système de santé dont l'implosion a été dramatiquement accélérée par la crise économique.
Le système de santé américain est le plus cher du monde, et en même temps le moins efficient. Il consomme 13% du PIB mais laisse 45 millions de citoyens sans aucune couverture, et 100 autres millions avec une couverture insuffisante. Aux USA, l'assurance maladie est fournie par l'employeur. En perdant son emploi, on perd du même coup son assurance maladie, et il reste pour seule alternative la contraction d'une assurance privée très chère (en moyenne, 400 $ par mois) et donc hors de portée des chômeurs.
Il est donc urgent de fournir à ces personnes une assurance maladie adéquate dans un pays dont le niveau sanitaire de la population est tombé au niveau de celui de la Slovaquie.
L'assurance maladie aux USA est opérée par des compagnies privées à but lucratif, souvent propriétaires d'un réseau de soins, qui peuvent refuser une demande d'assurance pour des raisons de l'âge ou d'état de santé. Si elles acceptent, elles peuvent le faire au prix de réserves (exemptions de couverture pour certaines maladies) ou alors ajuster la prime au risque. Un tel système engendre donc des primes très élevées et une exclusion massive de la couverture maladie.
Mais où passe donc tout cet argent ? Plus de 50 milliards $ par année alimentent les bénéfices de ces compagnies d'assurances et autres industriels de la santé. C'est le noeud de cette contestation car la réforme Obama prévoit la création d'une assurance maladie publique à but non lucratif. Elle disposerait ainsi d'un avantage concurrentiel décisif face à des assureurs privés organisés en cartels dans de nombreux Etats, gourmands en profits avec des frais administratifs avoisinant les 20%, et donc largement inefficients.
Ce qui est présenté à des citoyens crédules et peu éduqués comme un combat idéologique n'est en fait que la défense d'intérêts sectoriels s'appuyant pour la circonstance sur le ressort racial d'une Amérique profonde et la soif de revanche d'un parti républicain qui croit y entrevoir une perspective de renouveau.

Écrit par : F. Salina | 20/08/2009

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