25/08/2009

La droite de la droite est-elle vraiment nationaliste ?

 

Je suis très étonné, mais l’UDC, ne ratant jamais une occasion pour célébrer la Suisse, son particularisme, la liberté de vivre seul dans son réduit national, a soutenu fermement la position du président de la Confédération face au régime Libyen.

J’imaginais une attaque en règle contre le manque de courage de monsieur Merz, un rappel de nos valeurs démocratiques et du respect strict de la séparation des pouvoirs.

Que nenni.

Pourtant c’est bien un des leurs, monsieur Valente, qui a courageusement, dès le début, défendu nos otages.

Sa prise de position m’a toujours paru juste et importante.

D’où mon interrogation.

Est-ce que l’UDC aime les dictateurs ?

Pense-elle secrètement que la démocratie est une grosse bêtise et qu’un régime un peu sévère et coercitif est meilleur.

Préfère-t-elle l’ordre à nos institutions.

J’avais eu un petit doute avec monsieur Blocher.

Et puis cet été j’ai lu le livre de Daniel CORDIER sur la résistance française.

Cet homme, qui a été le secrétaire de Moulin, était un jeune monarchiste, fervent adepte de Maurras.

Il a refusé d’accepter la mort de la France et il est parti seul à Londres. Il pensait que la droite de la droite française sous la houlette de Maurras défendrait l’honneur de son pays. Il s’avait que son idole était à Londres et qu’avec De Gaulle le renouveau de son pays était en marche.

maurras.jpg

Et bien, Maurras est retourné en France et la suite vous la connaissez. La droite de la droite a soutenu Vichy et les allemands.

Peut-être que j’enfonce des portes ouvertes !

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Commentaires

Il en faut vraiment peu pour étonner un radical, et surtout lui faire oublier l'histoire de son pays.

Alors que, durant la dernière guerre mondiale, les Conseillers d'Etat radicaux, en particulier Pilez-Golaz, flirtaient avec les nazis, ce fut Rudolf Minger, fondateur de ce qui devint l'UDC, qui, dans son célèbre discours sur le Rhin, insista sur l'esprit de résistance à l'Allemagne qu'il fallait montrer en tant que peuple souverain qui résisterait à toute invasion étrangère.

Pilet-Golaz, lui, radical vaudois bon teint, alors qu'il recevait dans son Cabinet les nazis suisses, choqua la population en évoquant la "réforme autoritaire de la démocratie" ou en inventant la "neutralité active", qui consistait en fait à se rapprocher de l'Allemagne. Pilet-Golaz en fit tellement qu'il dut démissionner en 1944, la vindicte populaire lui reprochant ses accointances avec les Hitlériens.

Écrit par : Pierre Bamio | 25/08/2009

Il en faut vraiment peu pour étonner un radical, et surtout lui faire oublier l'histoire de son pays.

Alors que, durant la dernière guerre mondiale, les Conseillers d'Etat radicaux, en particulier Pilez-Golaz, flirtaient avec les nazis, ce fut Rudolf Minger, fondateur de ce qui devint l'UDC, qui, dans son célèbre discours sur le Rhin, insista sur l'esprit de résistance à l'Allemagne qu'il fallait montrer en tant que peuple souverain qui résisterait à toute invasion étrangère.

Pilet-Golaz, lui, radical vaudois bon teint, alors qu'il recevait dans son Cabinet les nazis suisses, choqua la population en évoquant la "réforme autoritaire de la démocratie" ou en inventant la "neutralité active", qui consistait en fait à se rapprocher de l'Allemagne. Pilet-Golaz en fit tellement qu'il dut démissionner en 1944, la vindicte populaire lui reprochant ses accointances avec les Hitlériens.

Écrit par : Pierre Bamio | 25/08/2009

Historiquement, vous avez partiellement raison, cher Doc. La structure du régime pétainiste était largement basée sur les Croix-de-Feu... Et sur d'anciens communistes et socialistes reconvertis. Mais il y eut aussi de très nombreux représentants de la droite très à droite dans la Résistance, des réseaux entiers d'officiers. Et de Gaulle lui-même n'était pas franchement de gauche au départ.
Mais permettez moi de rappeler que la situation de la France en 40 et de la Suisse face à Tripoli n'a rien, mais alors là rien à voir. Et au passage, la Suisse en 40, le pays tout entier, a choisi la négociation et les courbettes. Ce qui a permis à mon père qui était précisément dans un de ces réseaux militaires de droite (bien que trotskyste... les guerres ont une fâcheuse tendance à bouleverser les convenances !) d'avoir son premier contact avec la Suisse et Genève, puisqu'avant de l'envoyer contrôler les accords d'armistice en Allemagne (C'était sa couverture officielle) ses supérieurs lui avait remis une adresse de repli à Genève, au cas où. Rien n'est jamais si simple, tout noir ou tout blanc.
Sur Merz, je m'étonne tout de même que vous parliez de manque de courage. Qu'il se soit trompé, c'est possible, nous verrons bien, qu'il ait agit seul, soit. Qu'il ait vexé le ban et l'arrière-ban de ceux qui croient encore que "y en a point comme nous", que nos bras sont plus noueux que les autres et que les valeurs d'un peuple peuvent se résumer dans un drapeau ou un hymne national, c'est évident. Mais manquer de courage, pour avoir pris sur lui de s'avancer seul en territoire ennemi, ça non je ne crois pas.
Bien sûr, contrairement à Winkelried, il ne risquait guère de se faire éventrer à coups de lance, mais par contre, de se prendre des coups politiques insurmontables, c'était presque assuré. Je crois vraiment, pour ma part, qu'il a souhaité se sacrifier pour tenter de débloquer la situation. C'est tout à son honneur.

Écrit par : Philippe Souaille | 25/08/2009

M. Bamio, à ma connaissance, notre bon docteur blogueur n'est pas radical, mais PDC. Pour ce qui est de Pilet-Golaz, vous avez raison, mais il n'était de loin pas le seul radical à l'époque. Et il y en eut quelques-uns qui furent de ceux qui aidèrent très concrètement la Résistance, française notamment.
Il me semble surtout que si l'esprit agrarien de Minger s'incarne en quelqu'un, c'est bien davantage en Mme Widmer-Schlumpf qu'en Blocher.

Écrit par : Philippe Souaille | 25/08/2009

Bonjour à toutes et à tous,

Bonjoru Docteur,

votre Conseillère fédérale, Mme Leuthard (PDC) serait elle aussi une collabo à la sauce Vichy ?

http://www.tsr.ch/tsr/index.html?siteSect=500000#channel=info;vid=11111687

L'UDC n'est ni aux affaires étrangères, ni au Conseil d'Etat, nous ne sommes en rien responsable dans la gestion calamiteuse de cette affaire, ni du contenu de l'accord négocié entre les parties.

Bien à vous,

Stéphane

Écrit par : Stéphane | 25/08/2009

Oui, en effet, l'auteur du blog est PDC et non radical. Mes excuses aux deux parties d'avoir opéré cette terrible erreur entre ces deux partis si proches dans leur centrisme.

La position du Dr n'en est que plus étrange. Son grand patron Darbellay a applaudi des deux mains à la courageuse action de M. Merz visant à faire libérer deux Suisses détenus en otage par un odieux et sanguinaire dictateur, dans une situation où Mme Calmy Rey a été totalement impuissante plus d'un an, en la laissant se créer en donnant le feu vert aux autorités genevoises et en parvenant pas à la gérer par la suite.

Quant à savoir qui est le plus agrarien, le fils du pasteur de campagne élevé au milieu des paysans ou la fille du Conseiller fédéral, chacun peut s'en convaincre par les actes. EWS sera-t-elle à Sempach samedi ?

Écrit par : Pierre Bamio | 25/08/2009

bonjour,

Encore une fois Stéphane (qui n'a que le prénom de sympathique) n'a rien compris au vrai sens du texte

Écrit par : steph | 25/08/2009

Moi l'UDC,je la qualifie de droite proto-patriotique.L'UDC reste plus proche de Philippe De villier en France que de Le Pen ou autres partis d'extrèmes droites allemand ou Hollendais.

A l'heure actuel,les leaders UDC n'ont jamais dérapés,sur les questions révisionnistes concernant les nazis et les camps de concentrations.Attitude généralement réservé aux nationalistes.

D.J

Écrit par : D.J | 25/08/2009

Pour l'UDC et en particulier l'aile zurichoise, le patriotisme s'efface simplement devant les milieux économiques, c'est tout. L'argent est le moteur de cette Suisse là. On agite le drapeau par populisme et on roule ce bon peuple dans la farine. Le but de ceux qui tirent les ficelles de l'UDC (soit dit en passant le parti le plus riche de Suisse) c'est faire du fric, l'honneur c'est pour la photo. On le ressortira c'est certain, plus tard, pour récupérer quelques voix. Comme on ne peux tout de même pas hurler notre désespoir de perdre un si bon client que la Libye, on met en avant le courage de notre cher président qui s'est sacrifié et qui a pris tous les risques (le pauvre) pour soit disant sauver deux personnes retenues en otage qui je le rappelle tout de même sont du personnel de ces multinationales ou entreprises suisses qui s'enrichissent et font commerce sans aucune vergogne avec une des pire crapule d'Afrique. Qui a dit que l'argent n'a pas d'odeur? Celui là pue la charogne!
Le problème c'est qu'une grande partie de mes impôts sont payés par ces mêmes entreprises et cet argent contribue au bien être de chaque Suisse. Alors je vais faire comme tous les Suisses, râler (un peu), oublier le plus vite possible d'où vient cet argent, continuer à rouler avec le pétrole de Tamoil et surtout me taire.

Écrit par : cloc | 26/08/2009

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