05/09/2009

Pénurie

Après la courte trêve de cet été, retour des soucis.

A quelle sauce va-t-on être mangé. Petits oignons, champignons, madère ou « soupe à la grimace ».

Augmentation des primes d’assurances maladie, que va faire notre gouvernement ? Va-t-il accepter une « certaine hausse » ou bien tenir ferme sur ses positions : « Pas plus de 1 % »

Notre prochain conseiller fédéral et nos bons parlementaires vont-ils oser un fois dans leur courte vie réfléchir sur la santé, sur notre santé en dehors de toutes les pressions des « gens qui savent ».

30 francs par consultation, suppression de l’obligation de contracter, obligation de passer par un médecin de famille, augmentation de la participation à 20 % en cas de consultation directement chez un spécialiste, bref, vous allez payer, vous payerez et vous continuerez à payer.

Manque de médecins, manque d’infirmières, manque d’aide-infirmières, formation au rabais, pillage des personnels de santé d’autres pays.

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Aucune vision à long terme, aucun programme pour promouvoir les professions de la santé.

Pas de dialogue entre l’Etat et le privé. Listes d’attente qui deviennent impossibles à gérer. Une pression de plus en plus grande sur les personnes âgées.

Il faut refonder notre système de santé. Il faut oser.

Contrats de prestation entre l’Etat et la clinique privée pour diminuer les listes d’attente en chirurgie.

Intégration des médecins de la ville dans l’hôpital publique pour pouvoir participer à la formation des jeunes collègues en, par exemple, leur demandant de diriger la policlinique de médecine.

Création de concept du médecin de confiance (idée émise il y a au moins 10 ans par mon collègue Claude AUBERT) chargé de gérer votre dossier médical. Ce qui permettra d’éviter les consultations inutiles sans vous obligez à choisir votre médecin dans une liste.

Repenser le financement de la santé par la Confédération. Qui s’occupe des enfants, des vieux. Comment diminuer la pression des primes pour les classes moyenne. Faut-il tout rembourser ou enfin discuter démocratiquement du catalogue des prestations. Peut-on envisager la gratuité des primes jusqu’à 18 ans ? Faut-il considérer la vieillesse comme une maladie ou comme un état physiologique ?

Doit-on rouvrir les débats sur la caisse unique ? Pourquoi une assurance maladie différente d’une assurance accident ?

Vous voyez il y a matière d’un vrai débat de société, d’un changement complet de paradigme.

Alors osons !

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Commentaires

Toutes vos propositions vont dans le bon sens, à savoir celui d'une maîtrise des coûts au niveau de l'offre de soins. Bien que connues depuis longtemps, ces mesures ont aux yeux de certains groupes de pression le défaut de consolider l'assurance de base au lieu de l'affaiblir. C'est pour cette raison qu'on leur en préfère d'autres qui ne font que puiser davantage dans la poche des assurés. A la rationalisation de l'offre, on préfère le rationnement par le biais de la suppression de l'obligation de contracter et le financement moniste (pourtant rejetés en votation populaire) dans une logique de déplacement de l'offre vers l'assurance complémentaire.
En lieu et place d'une caisse unique politiquement controversée, il suffirait de créer une caisse maladie publique active uniquement dans l'assurance de base et qui serait en concurrence avec les autres caisses privées. Une telle mesure ferait baisser les primes par le jeu de la concurrence en contraignant les assureurs à réduire leurs frais de fonctionnement et cesser le financement croisé des régimes d'assurance.

Écrit par : F. Salina | 05/09/2009

De bonnes propositions, oui, mais le système suisse de la santé est aux mains des mafias de l'assurance et de leurs appuis politiques, alors ne nous leurrons pas...

Écrit par : Alex64 | 07/09/2009

De bonnes propositions, oui, mais le système suisse de la santé est aux mains des mafias de l'assurance et de leurs appuis politiques, alors ne nous leurrons pas...

Écrit par : Alex64 | 07/09/2009

D'après un article de presse remontant à 3 ans, les assureurs maladie disposent du lobby de loin le plus "généreux" du Parlement. Bien que très puissant ce lobby comporte 2 faiblesses majeures.
Premièrement il n'emploie que des parlementaires issus des partis de droite, UDC et PRD/Lib en tête. Un défaut rédhibitoire si l'on prétend influer sur les assurances sociales qui ont toujours été un des domaines d'action privilégiés de la gauche.
Deuxièmement, le manque de perspective et de compétences en matière de santé des cadres de santésuisse. Le monde de l'assurance maladie et celui de la santé, même s'ils se touchent, n'en sont pas moins des univers fondamentalement différents. Il suffit de consulter le niveau de compétence professionnelle souvent inadéquat des "têtes pensantes" de cette organisation pour comprendre le caractère étroit et extravagant des mesures qu'ils tentent d'imposer à Berne au moyen d'une force de frappe constituée de parlementaires plus vénaux qu'intéressés à comprendre les enjeux de la santé.

Écrit par : F. Salina | 07/09/2009

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