04/12/2009

Alors...on fait quoi maintenant ?

 

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C’est tordant, chaque fois que je m’en vais 4 jours, vous faites des bêtises. Papy Merz n’est pas terrible comme nounou.

Vous ne vous rendez pas compte, mais vous avez mis vos copains français dans une sacrée panade.

La relation chrétien-musulman avait été tranquillement mise sous le tapis. Un grand débat sur l’identité nationale avait été lancé.

Les râleurs pouvaient vitupérés contre l’incurie gouvernementale à vacciner contre la grippe salace.

Et patatra, les gentils suisses ne voulaient plus de minaret.

Aux abris, la trouille, la patate chaude, le non politiquement correct, comment faire, que dire.

Le Pen père et fille aux anges. Renaissance.

La rue goguenarde, pleine de sous-entendus, bruissant de commentaires admiratifs.

Je m’attendais à être agressé, voué aux gémonies. Que nenni.

Nous venons d’allumer un sacré incendie.

Ma maman me disait : « Attention, en société on ne parle ni d’argent ni de sexe ni de religion ».

Nos dirigeants ont manqué de discernement, mais surtout ils ont prouvé leur manque de culture.

Claude Lévi-Strauss écrivait dans « Tristes Tropiques » : « Que l’Occident remonte aux sources de son déchirement : en s’interposant entre le bouddhisme et le christianisme, l’Islam nous a islamisé, quand l’Occident s’est laissé entraîner par les croisades à s’opposer à lui et donc à lui ressembler, plutôt que se prêter, s’il n’avait pas existé, à cette lente osmose ave le bouddhisme qui nous eût christianisés davantage… »

Ce même Levi-Strauss parlait de la mythologie de la bonne distance en parlant de la coexistence harmonieuse entre deux peuplades indiennes, les Mandans et les Hidatsas : « Les Mandans disent en effet qu’à la fin de la préhistoire un groupe hidatsa voulut s’établir près d’eux pour apprendre la culture du maïs. Une fois l’apprentissage achevé, les mandans éloignèrent les Hidatsas avec une élégance toute philosophique : - Il vaudrait mieux, leur dirent-ils, que vous remontiez le courant et que vous bâtissiez votre propre village, car nos coutumes sont un peu différentes des vôtres. Ne les connaissant pas, les jeunes pourraient avoir des différends et il y aurait des guerres. N’allez pas trop loin, car les gens qui vivent trop loin sont comme des étrangers et des guerres éclatent entre eux. Voyagez vers le Nord seulement jusqu’au point où vous ne pourrez plus voir la fumée de nos huttes et là, construisez votre village. Alors nous serons assez près pour être amis et pas assez loin pour être ennemis ».

Alors, on fait quoi maintenant ?

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Commentaires

On fait quoi ? On continue de lire Lévy-Strauss, comme ça, on est sûr de ne pas se tromper :

« En face de la bienveillance universelle du bouddhisme, du désir chrétien de dialogue, l’intolérance musulmane adopte une forme inconsciente chez ceux qui s’en rendent coupables ; car s’ils ne cherchent pas toujours, de façon brutale, à amener autrui à partager leur vérité, ils sont pourtant (et c’est plus grave) incapables de supporter l’existence d’autrui comme autrui. Le seul moyen pour eux de se mettre à l’abri du doute et de l’humiliation consiste dans une “néantisation” d’autrui, considéré comme témoin d’une autre foi et d’une autre conduite. La fraternité islamique est la converse d’une exclusive contre les infidèles qui ne peut s’avouer, puisque, en se reconnaissant comme telle, elle équivaudrait à le reconnaître eux-mêmes comme existants.

« Plus précisément encore, il m’a fallu rencontrer l’Islam pour mesurer le péril qui menace aujourd’hui la pensée française. Je pardonne mal au premier de me présenter notre image, de m’obliger à constater combien la France est en train de devenir musulmane … »

Écrit par : Scipion | 04/12/2009

On fait quoi ? On continue de lire Lévy-Strauss, comme ça, on est sûr de ne pas se tromper :

« En face de la bienveillance universelle du bouddhisme, du désir chrétien de dialogue, l’intolérance musulmane adopte une forme inconsciente chez ceux qui s’en rendent coupables ; car s’ils ne cherchent pas toujours, de façon brutale, à amener autrui à partager leur vérité, ils sont pourtant (et c’est plus grave) incapables de supporter l’existence d’autrui comme autrui. Le seul moyen pour eux de se mettre à l’abri du doute et de l’humiliation consiste dans une “néantisation” d’autrui, considéré comme témoin d’une autre foi et d’une autre conduite. La fraternité islamique est la converse d’une exclusive contre les infidèles qui ne peut s’avouer, puisque, en se reconnaissant comme telle, elle équivaudrait à le reconnaître eux-mêmes comme existants.

« Plus précisément encore, il m’a fallu rencontrer l’Islam pour mesurer le péril qui menace aujourd’hui la pensée française. Je pardonne mal au premier de me présenter notre image, de m’obliger à constater combien la France est en train de devenir musulmane … »

Écrit par : Scipion | 04/12/2009

@Scipion

"Le seul moyen pour eux de se mettre à l’abri du doute et de l’humiliation consiste dans une “néantisation” d’autrui"

Vous êtes musulman Scipion ?

Écrit par : Phil | 04/12/2009

C'est fascinant comme chaque fois que l'on parle d'Islam nous voyons surgir des troupeaux d'Islamologues patentés, les adeptes des Fourest et Philippe Val ou de Samuel Huntington, les prophètes de l'apocalypse qui nous prédisent l'slamisation rampante, le grignotage de nos valeurs les plus sacrées. Le problème de l'Islam en Europe (beaucoup moins aux Etats-Unis) est qu'il nous confronte non pas à une autre religion mais à notre propre rapport au sacré et au spirituel. Nous vivons dans une société essentiellement déchristianisée qui prie entre les rayons des supermarchés le week-end, se soulage de sa finitude par l'étourdissement consumériste et qui rejette en bloc toute forme de morale qui viendrait entraver la poursuite de besoins particuliers. Car il ne faut pas se tromper, l'Islam ne "menace" aucunement nos valeurs chrétiennes (elles sont pour aisni dire les mêmes) mais plutôt leur absence dans une société qui a érigé la laicité au rang de religion. Cette peur si souvent évoquée pour justifier le vote funeste de la semaine dernière n'est que le reflet de notre propre abysse philosophique. Peut-on nier ou combattre une religion en niant ses manifestations externes ? Il me semble que les premiers chrétiens se réunissaient dans les catacombes, leurs fidèles étaient dûment crucifiés et cela ne les a pas empêché de prendre le pouvoir à Rome. Pourquoi ?

Les musulmans en général et les Musulmans suisses en particulier ne nous menacent en rien tant que les valeurs que nous proposons sont "compétitives", nous remplissent, donnent un sens à nos vies. Quelles sont-elles ? Cela n'est pas en interdisant des minarets que nous allons reboucher le trou béant de notre projet de société.

Précisons enfin que je suis totalement athée. Alors amis cagots et batraciens de bénitiers, merci de ne pas sauter dans ce que vous allez très certainement considérer comme un brèche.

Écrit par : Anastase | 04/12/2009

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