16/02/2010

Je suis un criminel !

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Vite les menottes et le cul de basse fosse.

Je suis médecin et j’écris comme un médecin.

Mon écriture ressemble à une toile de Pollock. J’ai même de la peine, certaine fois à me relire.

Je suis la hantise des pharmaciens, surtout ceux qui sont bigleux.

Bref, si j’en crois « Le Matin » d’hier, je suis responsable de 200 décès et de 100 millions de dépenses en trop.

Il est 06h42 et la police est en train d’établir un cordon de sécurité autour de mon cabinet.

Les troupes d’élites sont présentes.

J’ai juste le temps d’écrire deux ou trois ordonnances en retard.

 

Bon soyons sérieux.

Comment peut-on écrire de telles stupidités.

Sur quoi reposent ces chiffres ?

200 morts, un délire.

Chaque ordonnance est contrôlée par un pharmacien. Un quelconque doute et c’est un coup de fil au médecin. Le travail est fait avec sérieux.

Le risque d’erreur minime.

En 16 ans de pratique, j’ai connaissance d’une erreur qui a été dénoncée aux autorités, la vie du patient n’ayant jamais été mise en danger. Et dans ce cas, l’écriture du médecin n’était pas en cause.

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Commentaires

Héhéhéhéhé, le violon, le violon, le violon !!!!!!!!
Bonne journée Bertrand.

Écrit par : velen | 16/02/2010

Je suis toujours impressionnée par le pharmaciens et pharmaciennes qui arrivent à lire les ordonnances des médecins.

Écrit par : K, | 16/02/2010

Il est frappant de constater la réticence du corps médical à accepter de poser un regard serein sur ses performances. Parce qu’enfin de quoi s’agit-il ? Il s’agit de s’interroger sur les possibles erreurs de diagnostics et sur les cas de traitement inadéquats. Cet aspect est-il si honteux qu’il ne pourrait souffrir un regard externe ? Les médecins font-ils un métier si complexe que personne à l’exception d’autres médecins ne pourraient les juger ? Lorsque qu’un avion s’écrase on examine le travail des pilotes, les spécifications du constructeur, l’action des aiguilleurs du ciel, bref la chaîne des responsabilités. Les enquêtes sont publiées, les leçons tirées de ces tragiques événements sont répercutées sur les procédures, la qualité du matériel, l’entraînement etc… En médecine ? La simple interrogation sur une pratique douteuse est immédiatement taxée de chasse aux sorcières. Haro sur ces pauvres médecins à qui l’on demande déjà tellement... Seul un collège de confrères peut me juger objectivement (bon j’ai fait mes études avec eux, on a couché avec les mêmes filles, on fait partie de la même association professionnelle mais cela ne change rien !). Les praticiens suisses sont décidément une bande de vieilles squaws susceptibles et acariâtres qui ne tolèrent aucune remise en question. l'auto-régulation et les diverses chambres de commerce comme le FMH ont montré leur inocuité. Il est temps de mettre en place un organe de surveilance du corps médical qui aura pour mandat de passer au fin tamis toutes les décisions qui affectent les patients.Fini la pêche aux moules chers docteurs!

Écrit par : Anastase | 16/02/2010

Ah mon brave Anastase ! C'est comme ça que l'on t'aime. Tu n'est jamais aussi grand que dans l'invective stérile, l'indignation indigente, la trépignation gratuite. On croirait entendre le tapotement nerveux de tes petits doigts aux ongles rongés sur le clavier, voir tes orteils se tortiller de plaisir dans tes éternelles charentaises (grâce à toi, ces deux mots sont désormais indissociables).
Soumettre ces roublards en blouse blanche à la scrutation d'un KGB sanitaire, quelle idée de génie ! Staline en a rêvé, Anastase l'a conceptualisé. Les camarades du Cercle libertaire de Carouge (anciennement Amicale Trotskyste du même lieu) en sont restés bouche bée d'admiration. On reconnaît là l'homme de terrain, celui qui a passé des années à berner les commissions et assécher tous les fonds imaginables pour financer somptueusement une activité inféconde.
En parlant de fond, il semblerait que tu y sois toujours solidement arrimé. Un peu comme une moule sur son rocher. En tant qu'inépuisable huître perlière de ce blog, il est vrai que la moule ça te connaît.

Écrit par : F. Salina | 16/02/2010

On dirait que les "invectives" d'Anastase tapent ou là ça fait mal. Parce que si il fallait mentionner que deux traits caricaturaux du corps médical:

- Il y aurait effectivement l'ecriture illisible, qui peut faire sourire, mais pourrait finalement s'avérer pas comique du tout. Est ce trop demandé d'écrire a peu près lisiblement ? Un plombier ayant passé bien moins d'années sur les bancs de l'uni y arrive bien pour ses devis. Alors quoi ? Si on se pose sérieusement la question on risque d'arriver a des conclusions pas très jolies...

- Un hermétisme absolu a la critique et un déni systématique de ses erreurs.

Et le poste du jour semble être une combinaison des deux.

Écrit par : Eastwood | 16/02/2010

Que de clichés.
Que de portes ouvertes enfoncées.
Je tiens à m'excuser d'être médecin. Vraiment un métier de cloportes.
je vous propose de nous exterminer. Comme cela la question est réglée.
L'histoire de l'écriture illisible, c'est du pipeau.
Mais cela permet à tous les atrabilaires de râler, d'éructer et de baver.
A peine je dis "blanc" qu'Anastase y voit une turpitude, un complot, une franc maçonnerie.
J'ouvre la bouche, c'est pas bien.
Je ferme la bouche, un scandale.
Franchement cela devient lourd, peu constructif, débile et sans intérêt.
Comme mes blogs...

Écrit par : Bertrand BUCHS | 16/02/2010

Ben voilà, une critique et hop on tombe dans la caricature du style "excusez moi d'être medecin"...

Vous pourriez plutôt nous expliquer pourquoi il semble impossible de faire un petit effort sur l'écriture, ne serait ce que par respect pour le patient et le pharmacien ?

Écrit par : Eastwood | 16/02/2010

Comme je suis rogneux aujourd'hui, j'en profite.
Les clichés sont teances.
Vous pensez que nous ne faisons pas un effort lorsque nous écrivons une ordonnance.
C'est vous qui tombez dans le panneau.
Je fais toujours hypergaffe lorsque je rédige.
Vous savez j'ai quand même une petite conscience professionnelle.
Question caricature vous êtes pas mal non plus.

Écrit par : Bertrand BUCHS | 16/02/2010

Et bien tant mieux si vous écrivez lisiblement. Mais faut croire que ce n'est pas le cas d'une bonne partie de vos collègues, et ce n'est pas moi qui ai crée cette caricature, comme on dit il n'y a pas de fumée sans feu.

Écrit par : Eastwood | 16/02/2010

Il semblerait que notre cher Salina, qui nous écrit depuis son camping-car parqué à demeure à la pointe à la bise toute forme de pensée qui n'est pas bêlante, conforme à l'idée qu'il se fait de la société est forcément scandaleuse, de l'ordre de l'invective, voire de l'isulte gratuite^. je trouve cela assez intéressant pour ma part et très révélateur d'une certaine Suisse. Au-delà de la caricature assez lourdingue sur mes prétendues relations avec le Komintern, toute forme de critique est immédiatement qualifiée de "communiste", "simpliste", "inepte". Quand à notre très cher Calimero-Buchs, je vous répondrai ceci: personne ne vous oblique à entretenir un blog et à partager tout ce qui vous passe par la tête. Cela dit, je ne remet pas en cause la profession de médecin en tant que telle, ce que je conteste c'est sa manière de revendiquer sa différence, de se parer d'un supplément d'âme sous prétexte qu'elle soulage les souffrances physiques de ses prochains (et encore faut le démontrer...) En Suisse la médecine libérale est une activité lucrative, une indsutrie comme les autres et qu'il faut traiter comme telle. Pas besoin d'en rajouter sur la vocation, le rapport patient-soignant, la prétendue mission quasi divine dévolue au corps médical etc... Personnellement je fais aucune différence entre un bon assureur, un informaticien compétent et un médecin. J'attends qu'ils se soumettent aux mêmes règles de tous ceux qui fournissent un service payant. Si vous vous voulez exonérez de toute critique de toute évaluation, travaillez de manière bénévole, enfilez vos sandales et aller sonder les bubons dans une rizière du Laos mais pour l'amour de Dieu arrêtez de pleurnicher sur votre sort. J'ai travaillé dans des pays où il y avait un cardiologue pour 500.000 hab, un oncologue pour un million et l'espérance de vie avoisinait les 43 ans, alors les angoisses des blouses blanches genevoises me font doucement rigoler. Un peu de décence.

Écrit par : Anastase | 16/02/2010

Ce qui me gêne dans cette polémique c'est les réactions.
Chaque fois qu'une polémique paraît, l'outrance, de ceux qui font partir cette campagne avec des exagérations indéniables comme dans ce cas et même dangereuse pour la tranquillité des patients, est indéfendable.
Me gêne aussi la réaction ironique de Mr. Buchs, car il n'y aurait qu'une seule erreur dans l'interprétation d'une ordonnance, c'est déjà une de trop, et envisager une solution pour l'éviter est-ce trop demandé.
Rendez-vous dans une pharmacie à 18h.30 ou un vendredi soir avec une prescription urgente et essayez de téléphoner au cabinet pour avoir une explication, faut-il attendre le landemain ou même le lundi pour commencer le traitement. C'est là ou l'ironie me gêne car si Mr. Buchs écrit correctement ses ordonnances, ce n'est hélas pas le cas de tous ses confrère.

Écrit par : graindesel | 16/02/2010

Ah mon brave Anastase ! Tu es notre dame patronnesse rouge dont la vocation semble être de mettre une vision réductrice au service des simples d'esprit. Le système de santé pour les (très) nuls, en somme. Tu es revenu de tes voyages avec un beau hâle et des idées plus courtes à défaut d'être pertinentes. Ah ça, observer la misère humaine depuis la terrasse d'un Hilton, ça remet les choses en perspective ! Je me demande d'ailleurs si tu as profité de ces safaris sociaux aux frais de la comtesse pour prendre des photos depuis le toit ouvrant de ta Jeep, histoire d'illustrer une de tes prochaines conférences au Cercle libertaire de Carouge. A moins que ta Maman ne les fasse passer à ses amies gloussantes entre deux tasses de thé et biscuits au gingembre.
Il est vrai qu'en matière de balourdise, tu te poses là. A lire tes interventions on se demande qui de l'hébétude ou d'une régression sénile a finalement eu raison de toi.

Écrit par : F. Salina | 16/02/2010

Oh les vilains clichés, le médecin est-il par essence un piètre scribe ? Que nenni, pas plus que les assureurs sont tous des voleurs...

Écrit par : Liseval | 16/02/2010

Il me semble tout de même que le patient est quelque peu oublié dans ce débat.

Personnellement, je ne vais pas chez un sorcier quand je vais chez le médecin. S'il souhaite me prescrire un médicament, je m'informe, de son nom, de l'existence d'un générique et de ses effets.
Et donc, si le ou la pharmacien(ne) ne peut pas lire, je sais le ou la renseigner. La moindre c'est tout de même savoir ce qu'on va avaler.

On ne peut pas à la fois prétendre être responsable et se reposer aveuglément sur les autres, tout en exigeant qu'ils soient irréprochables.

:-B

Écrit par : Pascale | 16/02/2010

Au-delà des titres racoleurs "200 morts" "100 millions de coûts", il me semble tout à fait justifié - pour la sécurité des patients - d'exiger que les ordonnances soient lisibles. Mon généraliste utilise un programme informatique pour établir les ordonnances, en trois clics il a accès à la Liste des spécialités, il choisit la posologie, imprime l'ordonnance, la mémorise dans mon dossier... Une économie de temps, à coup sûr. Quant aux coûts du système, bien sûr que c'est un certain investissement, mais c'est le lot de toutes les professions libérales.

Écrit par : Liseval | 16/02/2010

OK POUR L'ECRITURE...MAIS DANS D'AUTRE BRANCHE LIBERALE OU L'ON A PASSE QUELQUES ANNEES DE SA JEUNESSE SUR DES BANCS D'UNI IL EST VRAI, ET SELON LA PERSONNE QUE NOTRE ECRITURE SE PERSONNALISE EN BIEN OU MAL. C'EST VRAI QU'UN PATIENT NE DEVRAIT PAS ETRE PASSIF DEVANT SON MEDECIN, MAIS OSER DEMANDER EXACTEMENT DE QUOI ON SOUFFRE ET POURQUOI TEL TRAITEMENT. IL SERAIT DONC PLUS AISE QUAND ON SE RETROUVE DANS LA PHARMACIE ET SURTOUT SI ON LA FIDELISE LES RAPPORTS GRAPHIQUES SONT PLUS AISES. HEUREUSEMENT DR. BUCHS QUE VOUS N'AVIEZ PAS FAIT VOTRE BLOG AVANT CAR AUX LECTURES DE CERTAINS (E) JE N'AURAI PAS OSE VOUS CONSULTER ET DIEU SAIT QUE J'EN SUIS EXTREMEMENT RECONNAISSANTE DU RECONFORT EN PLUS DU TRAITEMENT APPLIQUE.
p.s. L'ECRITURE N'EST PAS L'APANAGE DE L'INSTRUCTION NI DE L'INTELLIGENCE.

Écrit par : Maggy-Laure Giorgini | 17/02/2010

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