05/06/2010

La dérive des pharmas.

big-pharma.jpg

 

 

Gestion de la pandémie H1N1, indépendance des experts, validité des travaux scientifiques.

Bonne question, posée par le conseil de l’Europe, qui demande que le nom des experts ayant travaillé pour l’OMS sur la grippe H1N1 soit publié.

Un doute, un simple doute, une atmosphère, rien de prouvé.

Mais …

Je travaille depuis 16 ans en pratique privée et je remarque quelques bizarreries.

Les visiteurs médicaux deviennent de plus en plus agressifs et tendancieux.

Tellement que je suis en train de me dire que je ne vais plus les recevoir.

Ils n’hésitent plus à démolir la concurrence avec des arguments risibles et souvent fallacieux.

Les congrès médicaux deviennent des foires commerciales, les congressistes passant plus de temps à se faire remettre de gadgets et déambuler au travers de stands luxueux que d’écouter les exposés.

Les chercheurs sont sponsorisés par les pharmas, payés par les pharmas, soutenus par les pharmas.

L’Etat n’a pas les moyens pour soutenir une recherche indépendante.

Les articles scientifiques deviennent des arguments marketing.

Les résultats sont sortis de leur contexte, réarrangés pour « faire bien ».

Heureusement qu’il reste des journaux médicaux comme le British Medical Journal et le Lancet.

Grâce à eux j’ose encore croire à une objectivité.

10:49 | Lien permanent | Commentaires (8) | |  Facebook |  Imprimer | | | |

Commentaires

Après quelques cas retentissents d'articles "arrangés" par les pharmas, les grandes revues médicales ont été contraintes de mettre en place des mesures drastiques qui obligent les auteurs à faire état des liens privés ou professionnels qu'ils pourraient entretenir avec l'industrie pharma.
Un récent scandale aux USA a même révélé l'existences d'officines qui se chargent de rédiger un article sur commande puis de le faire endosser (moyennant finance) par un scientifique au-dessus de tout soupçon.
Le recherche ne pourrait pas se faire sans les moyens considérables de l'industrie pharmaceutique, mais elle deviendrait inutile -voire dangereuse- si elle se subordonne à ses seuls intérêts financiers.

Écrit par : F. Salina | 05/06/2010

Mon cher Salina, vous êtes décidément la mère Denis de la politique de santé. On a envie de hurler "ah c'est bien vrai ça ! Votre contribution sur le fond est absolument décisive en particulier votre conclusion. ll est quand même intéressant de relever que semble chacun semble désormais s'offusquer de la nature résolument mercantile de la médecine. Mon Dieu mais quelle découverte ! Il y a néanmoins une absence notable, il semble en effet que dans ce brillantissime exposé les médecins ne prennent aucune part à ce trafic de substances alors qu'ils en sont les revendeurs. C'est un peu comme dire que les sportifs sont les "victimes du dopage".

Écrit par : Anastase | 05/06/2010

Ahh! merci pour ce texte. On n'en parle pas assez de la puissance des pharmas et de leurs agissements malhonnêtes. L'avidité pourrit vraiment tout dans ce monde. La maladie ne devrait pas être rentable. Et les médicaments ne devraient pas rendre malade.

Écrit par : K. | 05/06/2010

Mon brave petit Dédé, nous n'avons pas tous ici ta science infuse. Celle qui rendait les communiqués du Komintern si incontestables et tes notules si risibles. S'il est permis de douter que les sportifs soient les victimes du dopage, il est par contre incontestable que tu es victime d'un déplorable bêtise mâtinée d'une ignorance qui se voudrait péremptoire.
La tâche consistant à chiffrer l'étendue du gaspillage de fonds public qui a résutlé de ton activté scientifique étant résolument trop immense, je propose que tu nous parles un peu de ton prochain livre traitant de l'inceste chez le lombric de Sumatra.

A défaut de mère Denis, on dira que tu notre Gerald Durrell version pervers polymorphe.

Écrit par : F. Salina | 05/06/2010

@Salina et Anastase vous recommencez. Stop. Silence.

Écrit par : Bertrand BUCHS | 05/06/2010

Dr Buchs, il me semble que vous êtes bientôt mûr pour les médecines alternatives oû vous pourrez peut-être retrouver l'art de guérir, si cher aux médecins d'autrefois!

Écrit par : Marie-France de Meuron | 05/06/2010

En lisant aujourd'hui quelque chose sur l'essor que prend l'électrochoc aux USA je me disais qu'il ne faudrait jamais croire que la médecine sait ce qu'elle fait et surtout ne pas croire qu'elle agit pour notre bien. Les médecins devraient se méfier de ce qu'ils apprennent et ont appris.

Écrit par : K. | 06/06/2010

Parmi les journaux médicaux dignes de crédit, (vous connaissez sans doute, mais il me parait bien utile de le rappeler) il faut mentionner "Prescrire", revue française intégralement financée par les abonnements de ses lecteurs et donc libre de toute influence économique ou politique.

Confraternellement

Écrit par : Ch | 08/06/2010

Les commentaires sont fermés.