17/06/2010

Aujourd'hui, je porte une cravate noire !

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Hier le Conseil national a enterré l’obligation de contracter.

Derrière ce terme étrange se cache simplement le fait que les caisses maladies ont l’obligation de rembourser tous les médecins qui ont le droit de s’installer sur le territoire suisse.

Depuis des années, les caisses maladies veulent pouvoir choisir leurs médecins.

Elles ont gagné et les conseillers nationaux n’ont vu que du feu.

En n’obligeant pas les caisses à travailler avec tous les réseaux d’un canton, en leurs permettant de choisir leur partenaire, cette obligation tombe naturellement.

Soyons plus simple.

Si vous voulez garder votre médecin, vous allez payer 20 % de la facture au lieu de 10 %.

Sinon, il faudra entrer dans un réseau.

Le choix de médecin devient payant, ce qui va à l’encontre de la LaMAL qui pose comme principe la solidarité entre les assurées.

Les médecins devront apprendre à gérer des réseaux à responsabilité financière, ce qui bêtement signifie qu’il faudra faire des économies sur votre dos.

Il faudra que nous apprenions à travailler avec un budget.

« Désolé madame Fénolan, mais pour votre scanner vous allez devoir attendre, car j’ai dépassé mon quota. »

Les assurances vont pouvoir venir me dire comment je dois travailler.

Le super panard.

Etonnant.

Imaginez un ingénieur, un architecte, un avocat qui reçoivent des ordres de politiciens leurs dictant leurs façons de travailler.

Etonnant.

Et bien je suis dans ce cas. Je vais devoir suivre des conseils, des incitations.

Je suis un nul qui ne s’est rien faire, qui a besoin d’être mis sous tutelle.

Merci et encore merci.

Et au bout du compte, vos primes continuerons à augmenter…

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Commentaires

Bonjour,

vous n'etes pas du meme parti que le conseiller national PDC president d'Helsana?

De quoi vous plaignez-vous?

Les partis bourgeois ne se sont pas fait avoir, ils collaborent gentillement au bonheur des caisses.

Bonne journee

Écrit par : msqma | 17/06/2010

Et je le déplore depuis des années amèrement. Dans toutesles familles il y a des moutons noirs.

Écrit par : Bertrand BUCHS | 17/06/2010

Votre comparaison avec les ingénieurs est pariculièrement éclairante.Les ingénnieurs doivent respecter des prescriptions et des normes précises. La construction d'un pont ou d'un tunnel n'est pas laissée au seul jugement d'un "expert" dont le seul contrôle serait exercé par la chambre profressionnelle dont il fait aussi partie. Personne n'admettrait qu'un pont s'effondre ou qu'un tunnel s'écroule sans que l'on aille regarder de plus près si les normes de construction ont été respectée et le cas échaéant prendre des sanctions contre les contrevenants. A ma connaissance la médecine est sans doute la seule profession avec l'astrologie qui refuse toute forme de contrôle de qualité au motif que la médecine est si complexe si aléatoire qu'on ne peut l'évaluer de l'extérieur. Le résultat: Les assurances fatiguées des excès prennent le relais et imposent leur loi et certainment pas dans l'intérêt du patient. A force de tirer sur la corde Elsana and CO vont vous la mettre autour du cou et vous ne pourrez que vous en prendre à vous même car personne ne viendra vous sauver puisque vous n'avez pas eu l'intelligence de comprendre que réglementer une profession c'est aussi la protéger. A force de vous aaccrocher à des concepts philosophiques bidons et des excuses à deux balles, vous retrouvez à la merci des humanistes de l'assurance et des bienfaiteurs des pharmas. Bravo! bien vu! Elle sympa votre liberté. Ca va tout le monde a suivi ? Oui bien entendu je suis un aigri qui bla bla bla...

Écrit par : Anastase | 17/06/2010

Avec tout le respects que je vous dois, vous n'avez rien compris à rien Anasatase.
Vous pensez que la médecine est une science occulte.
Que je suis un sorcier.
je vous rappelle que les études de médecine sont strictement réglementées, que vos collègues professeurs à la faculté de médecine ne sont pas de joyeux farfelus, que la façon de faire de la recherche est strictement contrôllée.
Que la formation post-graduée est plus que sérieuse.
Que je n'ai pas trouvé mon doctorat dans un paquet surprise.
Bref que je suis en complête opposition avec vos allégations.
Bref c'est comme cela

Écrit par : Bertrand BUCHS | 17/06/2010

Je suis aussi navrée que vous docteur mais j'avais remarqué que depuis un moment le glorieux système avait déjà commencé à faire des siennes. Il y a six mois j'ai parlé avec ma première généraliste qu'il serait peut-être temps pour moi de refaire une ostéodensitométrie juste pour savoir comment les choses avaient évolué depuis la première il y a 13 ans... Elle m'a répondu que ce n'était plus remboursé... Ah bon ? Je croyais encore que munie d'une ordonnance la chose ne poserait pas de problème...Elle fait partie non pas encore d'un réseau mais d'un centre de soin (??) Eh bien voilà, les réseaux de soins (auquels je suis totalement opposée) vont devoir se mettre en place, mais tellement d'eau va couler sous les ponts d'ici à ce que cette chose se réalise sur tout le territoire national que bien d'autres objets vont nous tomber dessus d'ici là. Et puis ce ne sera pas si facile à mettre en place partout…  Mais ce système, qui est tombé dans le piège en premier ? Le patient lui-même qui n’avait pas compris qu’à force de penser à son seul porte-monnaie il allait mettre en péril sa liberté. Ça à l’air con ce que je dis, mais je suis persuadée que les gens quand il s’agit de leur fric ne voient jamais très loin, idem pour les franchises. Nous sommes dans un système à deux vitesses depuis longtemps et ce système a profité surtout ceux qui n’avaient pas encore trop de problèmes de trésorerie. Je ne parle pas des autres, de ceux qui n’ont aucun problème de trésorerie ! Non ceux qui me préoccupent ce sont ceux qui n’auront plus aucun choix.
Bon c’est pas tout docteur, il faut que je me mette en route pour trouver un nouveau généraliste à moins que, je fasse comme par le passé que je ne consulte que des spécialistes à 20%. Et puis, il y a cette histoire qui dit que depuis 2012 nous pourrons aller nous faire hospitaliser dans le canton de notre choix, mais c’est à quel prix ? Il va vraiment falloir songer à nous bouger pour une caisse unique, qu’en dites-vous docteur ?

Écrit par : méchante madame | 17/06/2010

"méchante madame" peut-être mais elle a tout compris (contrairement à d'autres...). Si on nous impose un docteur qui travaille pour les caisses et plus pour notre santé, on est vraiment foutus !

Écrit par : Gipi | 17/06/2010

Entièrement d'accord pas si "méchante madame".
Il faudrac aussi que vous signez notre initiative qui demande une séparation stricte entre la base et le privé. Une assurance ne pourra plus faire les deux.
Depuis des signatures en septembre.

Écrit par : Bertrand BUCHS | 17/06/2010

Ce qui s'est passé hier n'est malheureusement qu'une péripétie de plus dans le délabrement de notre système de santé. Depuis l'introduction de la LaMal, nous sommes allé de mensonges en augmentations de primes et c'est tout le système qu'il faut revoir, parce que dans moins de 10 ans nous serons écrasé par le poids de primes insupportables et une qualité de soins qui fera passer un dispensaire africain pour un hôpital universitaire.

Le vrai problème se situe dans la déresponsabilisation des assurés depuis l'introduction de la LaMal. Maintenant les gens vont aux urgences pour une éraflure, trouver le médecin pour obtenir une ordonnance pour une boite d'aspirine et surtout se faire rembourser des soins pour au moins le montant de leur prime annuelle.

Il faut quand même aussi reconnaitre que la LaMal a permis à pas mal de médecin de s'en mettre plein les poches en prescrivant des soins ou des examens qu'ils auraient évité de faire auparavant (on s'en fout c'est remboursé). Et on ne parle même pas des accointances entre certains médecins et les compagnies pharmaceutiques. Depuis 20 ans tout le monde s'en est mis plein les poches et ce au final, sur le dos des assurés qui ont vu leur primes exploser. Et c'est encore les assurés qui vont faire les frais des mesures prises hier...

L'autre vrai problème, c'est le système des caisses maladie et leur gestion opaque. Là aussi il faut tout revoir, passer à la caisse unique (sur la base du modèle CNA), revoir tout le système de ce qui est remboursé ou ne l'est pas (surtout les médicaments de base qui devraient pouvoir être obtenus sans ordonnance - par ex. pourquoi puis-je obtenir un Aspegic 500 librement et pourquoi dois-je avoir une ordonnance pour un Aspegic 1000, alors que c'est 2x un Aspegic 500 ?).

Là aussi, le système a totalement dévalorisé le travail des pharmaciens qui sont formés pour prescrire des médicaments sur la base d'un diagnostic posé par le médecin. Le médecin, par contre n'est pas a priori qualifié pour prescrire le médicament (mais aujourd'hui, un pharmacien ne peut pas prescrire un autre médicament - surtout moins cher - sans l'accord du médecin traitant) . A chacun son job, quoi. Bref, on pourrait en parler pendant des heures, le sujet est vaste et pointu.

Ce qui est aujourd'hui inadmissible, c'est que les politiques sont encore et toujours à la botte de l'économie et des caisses-maladie en particulier. J'appelle ça le syndrome UBS. Alors, à la caisse unique (gérée par l'administration fédérale) une assurance de base dont la prime est fixée sur le revenu (si la santé publique n'est pas une affaire d'équité sociale, je me demande ce qui l'est...) avec des prestations de base couvrant les besoins élémentaires de la population en terme de santé et aux caisses privées, les assurances complémentaires.

Merci de m'avoir lu.

Écrit par : st-antoine | 17/06/2010

Pour une fois notre brave Nanastase tente une amorce de débat d'idées, un embryon certes malformé mais c'est déjà un début prometteur.
Sur la forme, Anastase a raison dans la mesure où un contrôle qualitatif est nécessaire à l'activité de toute profession. Sur le fond, son argumentaire nous révèle qu'il connaît la pratique médicale à peu près aussi bien que feu ma grand-mère le football américain. On en viendrait presque à se demander s'il n'a pas gagné son titre universitaire avec un jambon fumé dans une tombola.
Son beau laïus sur la qualité se brise lamentablement sur la réalité d'une pratique dont la substance semble complètement lui échapper. S'il avait pris la peine de s'informer, il aurait découvert avec stupeur que le monde ne l'a pas attendu pour s'intéresser à la problématique de l'évaluation qualitative en médecine. Une littérature replète existe à ce sujet, et on ne saurait trop lui conseiller de suspendre sa lecture des mémoires de Béria pour se pencher dessus.
En la matière, à peu près tous les pays européens sont en train de mettre en place les outils nécessaires. La France, pays qu'Anastase connaît bien, publie même un classement annuel des hôpitaux, chose qui sera possible en Suisse dès 2012.

Écrit par : F. Salina | 17/06/2010

Et vous mon cher Salina, on se demande bien ce que cache votre aimable suffisance et quels diplômes vous êtes parvenus à arracher à de candides examinateurs. J'ai l'impression qu'il y a une petite rancœur contre les universitaires.Je frémis à l'idée qu'un individu dans votre genre puisse être amené à évaluer des hôpitaux bien que l'on puisse aisément vous imaginer remplir des petites cases et les recopier patiemment sur excel en espérant de pas avoir sauté une ligne. Merci quand même pour votre contribution décisive au débat, dommage que vous ayez omis de nous parler des réseaux de santé, vous le faites si bien.

Écrit par : Anastase | 17/06/2010

Mon brave petit Dédé, tu démarres au quart de tour, aussi prévisible qu'un horaire CFF. Si une telle rancoeur existait, elle ne serait rien à côté de celle - lugubre - qui te fait voir partout des praticiens en Porsche. Pour soigner ce qui ressemble fort à une psychose paranoïaque, je te suggère de quitter tes charentaises bien confortables pour le non moins confortable divan du Dr Freud. Au passage on pourra aussi te guérir du mal mystérieux qui te procure stupeur et tremblements à chaque fois que l'on mentionne le nom d'André Langaney, te faisant courir chez ta numérologue.
Tu verras, une fois guéri tu me remercieras d'avoir botté ici ton triste fessier.

Écrit par : F. Salina | 18/06/2010

De toute manière, moins on va voir de médecins, mieux on se porte.

Écrit par : K. | 18/06/2010

Et oui K, mais des fois nous sommes un peu utiles.

Écrit par : Bertrand BUCHS | 18/06/2010

Oui, vous êtes même parfois indispensables, je le reconnais.

Écrit par : K. | 18/06/2010

Quand 50% des membres de la commission de Santé sont directement liés aux assurances, dont Mr David Eugen Président d'Helsana siègeant à Berne depuis plus de 10 ans; quand plus de 60 parlementaires fédéraux sont à l'identique: l'état Hélvétique n'est plus une démocratie mais une oligarchie.

La Lamal a permis aux assurances de ne pas respecter la loi, de la faire modifier à souhait directement à Berne en excluant les cantons en la sabordant de ses finalités, de collecter des fonds financiers pour des campagnes mensongères et dénigrer toutes les professions et tous les citoyens, pour instaurer une dictature financière pour privatiser les fonds publics à outrance, pour finir par un système fasciste où la sélection eugénique (Mr David Eugen!!) sera la dernière boudate à venir!

Écrit par : lehcatte | 19/06/2010

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