27/08/2010

Surmenage...

Surmenage.jpg

 

 

Sujet tabou dans notre profession.

Un médecin ne peut pas et ne doit pas « pêter les plombs ».

Il est là pour…

Il se doit être d’une humeur égale du matin au soir.

C’est comme cela.

Nous ne sommes pas des héros. Le travail avant tout.

Une façon d’être, enseignée par nos maîtres, à la dure, mais avec beaucoup d’humanité.

Alors pourquoi cette brusque augmentation de « burn-out ».

Surcharge de travail administratif ?

Manque de reconnaissance ?

Obligation de performance ?

Augmentation de la technicité au détriment de l’écoute ?

Péjoration de l’état psychologique de la population ?

Je ne sais pas.

Mais je me rends compte que les cas sont de plus en plus lourds. Le temps comme faisant partie de la guérison n’existe plus. Les rythmes naturels du corps sont oubliés.

Vite toujours plus vite, la maladie ne doit pas exister. Elle ne peut plus être pensée comme une composante naturelle de notre vie.

L’état psychologique de la population est préoccupant.

De plus en plus de personnes « larguées », sans repère, détruites socialement, seules.

L’augmentation du surmenage des médecins est le reflet de la dérive de notre société qui a oublié l’entraide, la chaleur humaine, la vie en groupe.

Le médecin est un miroir.

Il vous renvoie votre image, mon image.

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Commentaires

les patients ne demandent pas la perfection chez leur médecin,mais que celui-ci avoue tout simplement qu'il est fatigué ce qui se comprend dans ce monde de stress généralisé par nos politiciens.Surtout en chirurgie,ce qui éviterait de se réveiller en pleine intervention chirurgicale comme ce fut le cas pour moi,ou alors d'entendre par deux médecins venant de perdre l'un et l'autre quelqu'un de très cher,madame vous avez un cancer généralisé,sans prise de sang,ce qui me valut une opération de passé 9 h sur un sein qui n'avait strictement rien,ce qui fait dire à beaucoup après les nombreuses interventions subies,elle a donné de son vivant son corps à la science,cela ne vous étonnera pas que je dise,je n'ai plus confiance dans les blouses blanches,ayant travaillé dans les soins tout ma vie aussi ,et quand je vois le nombre de médecin devenus alzheimer,il est temps pour de nombreux citoyens aussi,d'arrêter de demander l'impossible ,les médecins sont des humains,et en comparant ceux del'époque qui travaillaient sans ordi ou autres machines accumulant erreurs sur erreurs,mais oui de nombreux scientifiques le disent eux-mêmes,hé bien nos médecins de campagne moins stressés savaient contenter leurs patients juste par une poignée de mains rassurantes,et cette si belle phrase:docteur combien vous dois-je?un poulet si vous allez mieux...tout a changé et à force de rendement ,rationnalisation,ces mots font frémir,l'humain transformé en objet.Mengele apprécierait,lui le promoteur du cobyage humain

Écrit par : lovsmeralda | 27/08/2010

Que le médecins s'unissent et tirent la sonnette d'alarme. On ne peut plus vivre comme ça. Peut-être que si les scientifiques le disent, ils seront écoutés. Lovsmeralda, vous avez raison d'être méfiante, mais j'aime votre poésie.

Écrit par : K, | 27/08/2010

Je crois en effet u'il faudrait décharger les médecins des tâches administratives. le Tarmed, la facturation, les relatiuons avec les fournisseurs sont en effet des tâches très lourdes.Salarions les médecins et vous verrez qu'ils iront mieux.

Écrit par : Anastase | 27/08/2010

Le problème et la solution se situent dans notre logique économique axée sur le consommateur. Tout est fait pour que les prix à la consommation diminuent, pour que le pouvoir d'achat du consommateur augmente. Il faut impérativement que le consommateur puisse, avec un certain montant, acheter un maximum de choses.

A partir de là, toutes les décisions sont prises en vue d'augmenter la pression sur les coûts de production. On ouvre les frontières aux produits étrangers, aux travailleurs étrangers, dans le but que le consommateur puisse avoir accès à des produits moins chers, et dans le but de forcer les producteurs locaux à s'aligner sur les prix les moins chers.

Comme toutes les idéologies modernes, ce mécanisme fonctionne uniquement dans le court terme. Car le consommateur bichonné se rend compte, tôt ou tard, qu'il est lui-même un coût de production. Sa place de travail est moins sûre qu'elle ne l'était autrefois (car des travailleurs étrangers, habitués à des salaires plus bas, pourraient bien prendre sa place) et, s'il est petit entrepreneur, il doit travailler plus pour s'assurer le même revenu puisque sa marge s'est réduite (sauf s'il a réussi à réduire ses coûts de production).

En fin de compte, on se retrouve avec plein de produits à acheter. On peut bien se dire que personne n'est obligé de les acheter, certes, mais ce raisonnement ne fonctionne qu'à l'échelle de l'individu. Car si personne n'achète les produits proposés, les gens qui produisent ou vendent ces produits perdront leur emploi.

Nous sommes pris au piège de la protection du consommateur-roi car personne n'avait pensé que la sur-protection du consommateur (notamment par le droit de la concurrence, qui est de plus en plus idéologique et inhumain) pourrait mener à la servitude autant de producteurs-esclaves, étant entendu que le consommateur-roi et le producteur-esclave sont presque toujours la même personne...

La solution sera vraisemblablement de revenir à des équilibres plus humains. Il faudra bien accepter:
- qu'il est normal et juste qu'une société veuille d'abord protéger ceux qui lui sont liés par la proximité et par l'origine (à vouloir être solidaire de tout le monde, on n'est finalement solidaire de personne, et c'est bien ce qui est en train d'arriver),
- que dans certaines limites une entente entre divers producteurs a peut-être un impact à la hausse sur les prix, mais contribue aussi à une plus grande sécurité de l'emploi.

Je pense qu'à relativement court terme, notre modèle économique va s'effondrer. Déjà pour des raisons purement internes (le consommateur-roi a de plus en plus conscience qu'il est en fait un producteur-esclave; il y a un sentiment de ras-le-bol assez général). Mais aussi pour des raisons extérieures (le producteur-esclave, en Chine et dans les pays émergents, en a assez d'être payé au lance-pierres pour que le consommateur-roi occidental puisse s'acheter pour trois fois rien des appareils très sophistiqués).

Soit les Etats européens prendront les mesures qui s'imposent (notamment en cessant de tout miser sur la mobilité et la non-discrimination à outrance). Soit les sociétés occidentales se détacheront de la logique étatique et accorderont leur confiance non plus à l'Etat mais à diverses mafias et cartels (qui, contre la perception d'un impôt plus ou moins volontaire, mettront en place leurs propres réseaux de distribution et de solidarité).

Écrit par : Sentenza | 27/08/2010

@Sentenzs : Merci pour ce magnifique commentaire.

Écrit par : Bertrand BUCHS | 27/08/2010

Et à qui doit-on cette ode au salariat ? Anastase, le corbeau maoiste ou André Langaney le rentier anarcho-zapatiste ?

Écrit par : F. Salina | 27/08/2010

" Soit les sociétés occidentales se détacheront de la logique étatique et accorderont leur confiance non plus à l'Etat mais à diverses mafias et cartels (qui, contre la perception d'un impôt plus ou moins volontaire, mettront en place leurs propres réseaux de distribution et de solidarité)."

N'avez-vous pas l'impression que c'est ce qui est en train de se produire sous nos yeux ?

Écrit par : F.Salina | 27/08/2010

@Salina : cela me fait penser aux caisses maladies...

Écrit par : Bertrand BUCHS | 27/08/2010

Ah Salina, on sent le Komintern reprendre la main! Mais dites-nous Salina vous ne nous avez pas encore martelé une vos brillantes analyses sur les réseaux de santé comme d'autres la lutte des classes. Que se passe-t-il? une crise de foi dans l'omniscience de la solidarité médicale partagée?

Écrit par : Anastase | 27/08/2010

C'est vrai, Salina, nous attendons vos lumières sur les réseaux de soins.

Écrit par : Bertrand BUCHS | 27/08/2010

Cher Dr Buchs pour les réseaux vous devriez vous adresser à M. Cassis. Il a le doigt sur le bouton.

Écrit par : F. Salina | 28/08/2010

Cependant ne vous emballez pas trop vite. Par "réseaux" Anastase entend sans doute ceux qui emploient Josette la Velue, sa vieille habitude des Pâquis.

Écrit par : F. Salina | 28/08/2010

@Salina : Cassis, c'est déjà fait. Après son exposé je me suis rendu compte que le référendum était inéductable.

Écrit par : Bertrand BUCHS | 28/08/2010

Il n'est en effet pas impossible que le PS lance un référendum.

Écrit par : F. Salina | 28/08/2010

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