26/10/2010

Résistance...

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Nous entrons en résistance.

La décision du Tribunal Fédéral obligeant les médecins à nourrir de force un prisonnier en grève de la faim est honteuse et scandaleuse.

Le président de la FMH (Fédération des Médecins de Suisse), le Dr De Haller, et le directeur médical de l’hôpital cantonal, le professeur Dayer, l’ont très clairement dit hier au soir.

Nous n’appliquerons pas cette décision.

Les médecins revendiquent une totale liberté de pensée et de pratique qui est inscrite dans le cadre du serment de Genève (serment d’Hippocrate réactualisé).

Nous sommes dans la marge et nous entendons y rester pour pouvoir défendre nos patients, pour pouvoir vous défendre.

Lorsqu’une personne signe des directives anticipées qui stipulent que nous devons la laisser mourir dans la dignité et que ces capacités intellectuelles sont entières au moment de la signature, nous les respectons, en dehors de toutes contraintes.

Un médecin ne peut pas être un instrument de la Justice.

Un médecin ne peut pas et ne doit pas assister à une exécution capitale.

Un médecin ne peut pas et ne doit pas assister à des séances de torture.

Un médecin doit rester libre de tous ordres étatiques.

Les conventions de Genève le stipulent très clairement.

Cette décision est grave.

Nous entrons en résistance…

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Commentaires

Bravo et vous aurez le soutien de la majorité de la population, laquelle pense, à l'inverse du TF, que votre éthique ne doit pas se laisser déborder par le droit. Les deux sont certes conciliables - et doivent même l'être dans la majorité des cas - mais en aucun cas un médecin ne doit raisonner qu'en termes de droit. Le concept de droits de l'homme n'est pas d'origine morale, mais une modalité spécifique du concept moderne de droit subjectif... Les droits de l'homme ont par nature un caractère juridique.[Jürgen Habermas]. Pour moi, la médecine doit à tous prix garder son origine moral en refusant de nourrir de force ce repris de justice.

Écrit par : lappal | 26/10/2010

Ainsi vous-même, le directeur médical de l'hôpital cantonal et le président de la fédération de certains des médecins suisses (FMH) prétendez être au dessus des lois et des organes démocratiquement élus.


Ainsi vous-même, le directeur médical de l'hôpital cantonal et le président de la fédération de certains des médecins suisses (FMH) niez la démocratie.


Ainsi vous-même, le directeur médical de l'hôpital cantonal et le président de la fédération de certains des médecins suisses (FMH) êtes favorables au meurtre.


Il est grand temps que le Procureur général ouvre une instruction contre ceux qui sont meurtriers, instiguent ou tentent d'instiguer au meurtre.


Il est grand temps que le directeur médical de l'hôpital cantonal soit viré et interdit de toute pratique.

Écrit par : CEDH | 26/10/2010

Ainsi vous-même, le directeur médical de l'hôpital cantonal et le président de la fédération de certains des médecins suisses (FMH) prétendez être au dessus des lois et des organes démocratiquement élus.


Ainsi vous-même, le directeur médical de l'hôpital cantonal et le président de la fédération de certains des médecins suisses (FMH) niez la démocratie.


Ainsi vous-même, le directeur médical de l'hôpital cantonal et le président de la fédération de certains des médecins suisses (FMH) êtes favorables au meurtre.


Il est grand temps que le Procureur général ouvre une instruction contre ceux qui sont meurtriers, instiguent ou tentent d'instiguer au meurtre.


Il est grand temps que le directeur médical de l'hôpital cantonal soit viré et interdit de toute pratique.

Écrit par : CEDH | 26/10/2010

je suis entièrement d'accord avec les médecins,d'ailleurs le sieur Rapaz n'en est pas à son coup d'essai,mal dans sa peau,a-t'il besoin d'être ensensé?peut-être envisage-t'il une statue comme celle du Général Guisan,cet homme fait du chantage,ni plus ni moins,celui qui veut vraiment mettre fin à ses jours n'avertira personne!

Écrit par : lovsmeralda | 26/10/2010

M. Rappaz opère depuis plusieurs mois un chantage car il pense être au dessus des lois et essaie de faire fléchir la justice pour un réduction de peine, donc il est pour la justice " à la carte ". C'est son droit de mener multes grèves de la faim. Le pouvoir en a décidé autrement ainsi que les médecins don't certains ont réagi. Donc si M. Rappaz est convaincu de son acte, il doit en assumer les conséquences mêmes les graves, y compris son propre décès. C'est absurde mais il est conscient, volontaire dans cette histoire. Ce chantage est assez nouveau en Suisse et peut être un cas de jurisprudence, ce que la justice et la politique veulent à tout prix éviter. Imaginez-vous un violeur d'enfant faire une grève de la faim pour sortir plus vite de prison. La justice n'est pas à "géométrie variable" sinon alors ce sont toutes nos lois souveraines qui devront variée selon les cas, les communautés, les types d'individus....

Écrit par : Suissitude | 26/10/2010

1) Les médecins ne peuvent être contraints à agir contre leur conscience.
Serait-ce un privilège réservé aux médecins ?
Qu’en est-il pour un gynéco intégriste qui refuserait d’accomplir un avortement ?
Les médecins sont-ils aussi respectueux de la volonté du patient qui refuse un traitement psychiatrique ?

Il me semble que le Tribunal fédéral rappelle l'obligation de porter assistance à une personne en danger.

Si cette personne refuse cette assistance, il reste à s'interroger pour savoir si elle à tout son discernement.

2) Lorsqu'on prend connaissance des motivations de BR,
on se demande s'il n'a pas perdu la raison :

- il a été jugé et condamné pour de multiples délits ;
- il devra comparaître à nouveau pour les mêmes délits commis
après la période jugée ;
- il s'imagine que son combat mènera à la légalisation du chanvre à fort THC ;
- il s'imagine qu'il sera le héros de ce nouveau "droit".

3) Rappelons que pour la période jugée, il a réalisé un chiffre d'affaires
de plus de 4 millions de francs, en commercialisant plus de 4000 kilos de chanvre,
soit un produit à plus de 1000 francs le kilo.

C'est bien plus que le prix payé aux producteurs de tabac,
et ceux qui rêvent d'un "cannabis pour tous" ne voudront sûrement pas
enrichir BR à ce tarif-là...

Il y aurait alors assez de concurrents plus bosseurs que lui,
et BR laissera tomber cette substance pour une autre activité.

Écrit par : Lyonnais du 69 | 26/10/2010

Si Suissitude, la géométrie de la justice suisse est variable, fort heureusement. C'est ce qui permet son intelligence

Écrit par : absolom | 26/10/2010

Pourquoi le directeur médical des hôpitaux cantonaux de Genève, le dénommé Pierre Dayer, serait-il un meurtrier s'il advenait que Rappaz meure ?

Parce que l'omission de celui qui a l'obligation juridique d'agir pour sauver la vie d'autrui et n'agit pas commet un meurtre et que dans le cas Rappaz l'obligation juridique d'agir des médecins concernés est établie.

http://www.tsr.ch/video/info/journal-19h30/#id=2616897

Écrit par : CEDH | 26/10/2010

@Absolom.La justice peut raccourcir les peines dans certains cas pour bonne conduite, bonne réinsertion, pour raison médicale grave (fin de vie) ou encore pour âge avancée ce qui est humain mais dans le cas de M.Rappaz, c'est lui qui fait le forcing pour que la justice aille dans son sens. Ce marchandage de réduction de peine injustifiée et cette instrumentalisation des institutions n'est pas possible.

Écrit par : Suissitude | 26/10/2010

Bonjour,
Personnellement j'estime que Rappaz s'est auto-infligé suffisamment de souffrances par ses grèves de la faim. A mon sens, il a payé bien davantage que s'il s'était contenté de rester peinard dans sa cellule, profitant des repas, des bouquins, de la télé et d'autres activités en taule.
Mais ce n'est que mon avis.
Je ne suis opposée au trafic de cette substance comme le faisait Rappaz (et je suis par voie de conséquence également opposée à la vente d'alcool et de médicaments "librement"), en revanche je verrai très bien une légalisation à usage thérapeutique comme c'est déjà le cas, qui pallie tout à fait à la prise médicamenteuse lourde et dégradante tant pour le corps que pour l'esprit.

Écrit par : sylvie | 27/10/2010

Je comprends vos dires Suissitude, et pourtant la justice ne dépendra jamais que de la grandeur du couteau que vous tenez par le manche...

Écrit par : absolom | 27/10/2010

S'agissant de l'accusation portée contre Pierre Dayer, directeur médical des hôpitaux cantonaux de Genève, ainsi que de tout autre médecin impliqué dans l'éventuelle mort de Rappaz, je ne peux que confirmer ce que j'ai écrit. Si Rappaz décédait il s'agirait d'un meurtre.

Ceux qui soutiennent les meurtriers ne font qu'inciter au meurtre.

A ce jour on est d'ores et déjà en présence d'une tentative de meurtre ainsi que de lésions corporelles (graves).

Je rappelle que la Constitution genevoise permet, en cas de flagrant délit, à tout un chacun de se saisir de l'auteur présumé d'une infraction et de le conduire auprès d'une personne compétente pour délivrer un mandat d'amener.

Il serait sain de mettre le Procureur général en face de ses responsabilités et d'amener les auteurs en question au Palais de justice.

Écrit par : CEDH | 27/10/2010

@Buchs

1. De nombreux praticiens et établissements exigent de leur patient de renoncer au secret professionnel pour que celui-ci devienne patient.

Plus précisément, ils exigent que le patient délient le médecin du secret à l'égard d'organismes de recouvrement -dont certains sont franchement louches- et des Tribunaux.

Pour faire valoir leur créance d'honoraire.

Voilà donc l'éthique médicale à l'oeuvre.

Cette pratique est encouragée par l'AMG (Association de certains médecins genevois), section genevoise de la FMH (Association de certains médecins suisses), puisque celle-ci tient à disposition de ses membres un formulaire contenant renonciation au secret professionnel.

Voyez-vous un inconvénient à ce que je résiste ?



2. Socrate condamné par Athènes a bu la cigüe bien que la possibilité lui ait été donné de fuire. C'était là son éthique. Pour les médecins impliqués dans l'affaire Rappaz le choix est moins dramatique : ils doivent se soumettre à la démocratie ou se démettre.

Mais au fond pourquoi n'avez-vous pas encore, Monsieur le député, déposé un projet de loi cantonale réglant la question en le sens qui vous convient ?

Le libre choix du médecin n'existe pas dans les hôpitaux publics. Ne pourriez-vous pas introduire une modification de la loi permettant à tout patient de refuser un médecin ayant participé au "traitement" de Rappaz ?

Écrit par : CEDH | 27/10/2010

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/e8592564-e734-11df-bb06-657c3093d46a/Bernard_Rappaz_au_plus_mal

Mourir, victime d'un meurtre commis dans un hôpital par des médecins, quelle triste fin.

Mourir, victime d'un meurtre au vu et au su du Procureur général qui laisse faire les meurtriers, quelle triste République.

Quelle est la responsabilité pénale d'un Procureur général qui laisse sciemment un meurtre horrible être commis ?

Écrit par : CEDH | 03/11/2010

http://www.lematin.ch/actu/suisse/hug-alimenter-force-bernard-rappaz-necessaire-343822

Ils sont en train de commettre un meurtre sur la personne de Rappaz.

Ils, ce sont les médecins impliqués dans le refus illégal d'alimenter Rappaz.

Ils, ce sont les hôpitaux universitaires de Genève.

Le Procureur général laissant faire, laissant le meurtre se commettre, je rappelle qu'aux termes de la Constitution genevoise toute personne à le droit de mettre la main sur celui qui est en train de commettre un meurtre et de le conduire auprès d'une personne compétente pour délivrer un mandat d'amener.

Ceux qui savent à l'intérieur de l'hôpital doivent agir.

Écrit par : CEDH | 03/11/2010

"Le chanvrier Rappaz tué par la Loi ?" Sous ce titre, nous venons de lire ici un commentaire bien pensé et bien senti:
http://www.lesdissidentsdegeneve.ch/index.php?option=com_content&view=article&id=1232:le-chanvrier-rappaz-a-larticle-de-la-mort&catid=1:nouvelles-quotidiennes

Écrit par : jaw | 04/11/2010

Permettez-moi de rester sur le terrain du droit tel qu'il est.

L'autorité cantonale d'exécution des peines compétente a ordonné que Rappaz soit nourri et sauvé. Cette décision est clairement conforme à la jurisprudence du Tribunal fédéral dont les juges ont été élus démocratiquement. Qui plus est, elle est conforme à la Convention européenne des droits de l'homme.

L'obligation des médecins concernés est une obligation juridique claire et incontestée.

Ils ont décidé de transgresser cette obligation juridique. Cette transgression les conduit à laisser mourir un homme qu'ils avaient l'obligation juridique de sauver. Ils commettent un meurtre.

Parmi eux, le dénommé Hans Wolff, médecin adjoint responsable de l’Unité de médecine pénitentiaire aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG). Son bureau est situé au centre médical universitaire.

Il a obtenu son diplôme de médecin en Allemagne.

http://www.tdg.ch/actu/suisse/etat-valais-ordonne-nourrir-force-2010-11-03

Adresse lieu de travail , Médecin-chef suppléant
Unité de Médecine Pénitentaire UMP
Service Médecine de Premier Recours
9, Avenue de Champel
1211 Genève 4, GE
Téléphone: 022 379 55 47
Téléfax: 022 379 59 85
Secrétariat : 022 379 59 69


Petit rappel constitutionnel :

Art. 22 de la Constitution cantonale : Droit d’appréhender
1 Dans les cas de flagrant délit, les organes de la police judiciaire ont le droit d’appréhender les participants présumés. Toute personne présente a le même droit.
2 Dans ces cas, la personne appréhendée doit être immédiatement remise à l’un des magistrats ou fonctionnaires ayant le pouvoir de décerner un mandat d’amener
a main sur celui qui est en train de commettre un meurtre et de le conduire auprès d'une personne compétente pour délivrer un mandat d'amener.

Flagrant délit de lésions corporelles (graves) et de (tentative) de meurtre.

Écrit par : CEDH | 04/11/2010

1. Il est bien possible que Rappaz ne puisse pas être nourri de force et ce en toute légalité à Genève.

En effet, Genève, contrairement au Valais semble-t-il, connait les directives anticipées.

Il semble qu'elles s'appliquent à la personne détenue.

Il semble aussi que la loi genevoise s'applique à Rappaz bien qu'il soit sous "responsabilité" primaire valaisanne, les lois et règles de l'établissement de détention s'appliquant, conformément au Concordat sur l'exécution des peines, à son cas.

J'ai vaguement l'impression que cette question pourrait bien devoir être tranchée par le Tribunal fédéral.

Dans cette hypothèse, il n'y aurait pas meurtre.


2. Dans la mesure où les Hôpitaux cantonaux genevois refusent d'alimenter Rappaz de force et vu l'évolution de son état de santé, il appartient aux autorités valaisannes d'interrompre sa peine.

Juste et saine application de l'article 92 CP, conforme à la jurisprudence du Tribunal fédéral, puisque Rappaz ne peut pas être soigné.

http://jumpcgi.bger.ch/cgi-bin/JumpCGI?id=26.08.2010_6B_599/2010

La question de savoir si les HCUG ont raison ou tort n'est pas déterminante. Le refus d'interrompre la peine, qui est de compétence valaisanne, est MAINTENANT devenu un acte illicite.

Écrit par : CEDH | 04/11/2010

bonjour
je suis medecin français ( désolé ...-:)) et je suis entierement en accord avec la décision des medecins genevois
le code de déontologie médicale est clair : il nous est demandé de respecter la volonté du citoyen faisant la grève de la faim .
Toute intervention médicale obéissant à un ordre (quel qu'il soit ) romprait cette regle
La medecine est basée sur la confiance . Confiance entre le malade et le medecin . Cette confiance repose sur la notion de secret ( du cas du malade ) et de respect (du malade et de son corps ). Si ces deux choses ne sont pas tenues alors la medecine a perdu son ame et tout est permis ( voir les dictatures )

Écrit par : bm | 07/11/2010

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