26/11/2010

Le médecin expert : un ennemi public.

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La perpétuelle bataille entre les avocats et les médecins experts.

Si vous êtes d’accord avec eux, vous êtes un bon expert, si vous êtes contre, vous êtes un vendu.

Un peu primaire comme réflexion.

Maître Poggia va déposer un projet de loi pour créer une organisation cantonale chargée de gérer les expertises.

OK, mais ces organisations existent déjà, elles s’appellent des COMAI (centre d’Observation Médical AI) et Genève en possède une.

Ce sont ces organisations qui ont négocié avec l’OFAS (Office Fédéral des Assurances Sociales) un forfait de 9000 francs pour des expertises faites par 3 experts.

En moyenne, une expertise c’est 10 heures de travail pour un expert. Il va toucher au maximum 2000 francs (le reste est pour les frais de fonctionnement de l’organisation) soit 200 francs de l’heure. Je rappelle que le Tarmed (le tarif officiel des médecins) c’est 220 francs de l’heure.

Alors où est le scandale…

Comme médecin expert, je me dois d’être complètement indépendant de l’organisation qui me mandate.

C’est la règle et si je m’éloigne de ces directives, je suis passible de sanctions sévères.

C’est déjà arrivé. Un confrère a été exclu de l’Association des Médecins de Genève.

Sur le plan éthique nous n’avons pas de leçons à recevoir d’un avocat.

Le problème actuel ce n’est pas les médecins experts. Une organisation cantonale n’y changera rien.

C’est le fonctionnement de l’AI. Plutôt le dysfonctionnement de l’AI.

Là, il y a une bataille à mener.

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Commentaires

Sur le plan éthique nous n’avons pas de leçons à recevoir d’un avocat.

Eh oui nous médecins sommes au-dessus des lois. L'éthique c'est nous qui la définissons, c'est nous qui l'appliquons, c'est nous qui la contrôlons. Manquerait plus ça !!! Et j'aouterai que s'l y a des problèmes ce sont les uatres, les aussurances l'Etat, la mondialisation. bref pas nous, manquerait plus que ça.


Je crois que ce billet résume toute l'arrogance et la morgue de cette corporation qui se croit encore au siècle de Louis XIX. Comment? qu'entend-je? des manants nous posent des questions à nous ? nous la main de Dieu sur terre? Le soleil qui ne se couche jamais? Nous qui soulageons la misère du monde? Sir des cloportes sont à votre porte et ils s'interrogent sur vos dépenses. Quoi mais que l'on fasse donner la garde immédiatement et que l'on en pende un ou deux pour leur apprendre le respect.

Tout le monde sait que les expertises médicales c'est la poire pour la soif, de l'argent prestement gagné, qui tombe régulièrement, ça paie les vacances et le cmap de ski des enfants.Alors maître Poggia a parfaitement raison mais je doute qu'il puisse abattre ce sinistre dongeon.

Écrit par : Anastase | 26/11/2010

on sait les voyages d'études favoriser les échanges culturel,ceux de notre canton ouvrirent tout grand la porte à une filière des pays de l'Est,la filière Bulgare sans oublier celle de Roumanie ,des médecins s'installèrent et délivrèrent des certificats AI généreusement distribués à une certaine catégorie d'individus,l'AI sans doute mise au courant trop tard en effet les toubibs en question,et l'étaient-ils vraiment avait quitté notre région,même mon gynéco est un ancien agent secret de Ceaucescu,ma question a ce niveau y'a t'il aussi expertise pour controler l'authenticité des diplomes?avec internet c'est si simple de falsifier,surtout en 2002,c'était l'extase national avec l'expo!/j'ai quitté mon gynéco suite à ses propres révélations/après un décès on porte un regard beaucoup plus pointu sur les questions existentielles!
bien à vous bonne journée!

Écrit par : Elena | 26/11/2010

Hé mon petit Anastase ! Tu t'es levé du pied droit ? On croyait rêver en te lisant ce matin. Langaney, l'apôtre du néo-zapatisme bourgeois qui soutient publiquement Maître Poggia, tête pensante du MCG ! Ou alors serait-ce un nouveau méfait du complot des blouses-blanches-cathos-qui-roulent-en-Cayenne, et leurs complices les footballeurs-valaisans-membres du PDC ? Ou plutôt l'oeuvre du gang des footballeurs-cathos-qui-roulent-en-Cayenne et leurs séides les blouses blanches-valaisannes-membres du PDC ? Quel que soit l'agencement de tes petites haines on est certain de tomber juste.
Une chose est certaine, si tu mélangeais pas tes neuroleptiques avec de la vodka de si bon matin, tu ne confondrais pas loi et éthique.

Écrit par : F. Salina | 26/11/2010

"Sur le plan éthique nous n’avons pas de leçons à recevoir ..."

Sachez que vous n'avez pas le monopole de l'éthique.

Et d'ailleurs éthique dans la bouche d'un ... politicien.

Écrit par : CEDH | 26/11/2010

Vous savez Salina, vous me rappelez un étudiant que j'ai eu récemment et qui était comme vous, toujours un peu à côté de la plaque, maîtrisant mal les concepts mais les assénant avec un aplomb jamais démenti. (votre petite sortie sur les réserves des assurances et leur gestion paritaire a fait beaucoup rire un ami qui haut cadre fédéral). Je ne sais pas où vous avez vu que je confondais la loi et l'éthique mais comme vous ne pourriez définir ni l'une ni l'autre cela m'inquiète moyennement. Quant à cet étudiant, j'ai été dans l'obligation de lui signifier que son travail de séminaire ne corrspondait pas aux exigences académiquues. Il répétera probablement son année car je ne suis pas le seul récipiendaires de ses travaux bâclés.

Écrit par : Anastase | 26/11/2010

@ Dr. Buchs

Or donc tout va bien. Circulez, rien à voir. L'éthique est là. L'Ethique avec un grand E car il s'agit de l'Ethique médicale. La seule, l'unique, la meilleure.

Cependant, une fois de plus, l'Ethique collective, exprimée par un organe démocratiquement élu invalide votre opinion. Et que dit-elle, l'Ethique collective ?

"Dans le cadre de leur pratique quotidienne, les Ire et IIe Cours de droit social ont constaté que l’assurance-invalidité, en ce qui concerne les aspects liés à l’instruction médicale, présente plusieurs déficits d’ordre institutionnel et organisationnel auxquels la jurisprudence ne peut remédier. Il convient en particulier de relever l’absence d’un contrôle continu de la qualité des expertises, le manque de transparence quant au choix des experts et aux relations que ceux-ci entretiennent avec l’assurance-invalidité (de nombreux assurés soupçonnent les offices AI de confier systématiquement des mandats aux mêmes experts, de sorte que ceux-ci seraient soumis à l’administration par un lien de dépendance économique, sans qu’il ne soit possible de réfuter ces soupçons de manière globale et définitive, faute de données disponibles à ce sujet) ou encore l’inexistence de données statistiques de base par type de diagnostic permettant de déterminer l’influence de certaines pathologies sur l’octroi ou le refus de prestations d’invalidité."

Voilà ce qu'a exposé le Tribunal fédéral dans son rapport de gestion 2009.

Si vous voulez conserver un peu de crédibilité, il est urgent que vous et chaque expert indiquiez le nombre d'expertises et votre chiffre d'affaire avec les différentes assurance sociales (et privées).

En effet, certains en font une activité démentiellement lucrative. Entendu par le Tribunal administratif :

"M. Balaydier a expliqué à cette occasion qu'il avait pratiqué environ 1'200 expertises depuis le début de sa pratique en qualité d'expert à la demande d'assurances privées et de l'AI. Suite à l'accroissement des demandes, il avait créé la Clinique V______, spécialisée dans les expertises et les conseils médicaux. Le centre effectuait actuellement environ mille expertises pas an."

Écrit par : CEDH | 26/11/2010

Mon brave petit Anastase, que l'on ait eu la faiblesse de remettre entre tes mains le destin d'étudiants en dit long sur l'errance des procédures de nomination de notre université. A défaut de faire rire un prétendu "haut cadre fédéral" tes sorties absconses et balourdes ont au moins le mérite de nous rappeler que bêtise et ignorance font souvent bon ménage.
Quant à ton pauvre étudiant, on l'imagine peu motivé par l'exemple d'un professeur plus préoccupé de ruminations narcissiques que de progrès scientifique. Soutenir un mémoire sur le léninisme chez les lémuriens lui aurait sans doute évité tes foudres...

Écrit par : F. Salina | 26/11/2010

Entièrement d'accord avec vous, je n'ai rien à cacher.
Quand au Dr Balaydier... Nous vous avons pas attendu.

Écrit par : Bertrand BUCHS | 26/11/2010

Le montant de 9000 francs mis en avant par Poggia est le montant forfaitaire d'une expertise pluridisciplinaire particulièrement difficile comportant au moins 3 experts dans le cadre d'un COMAI.

En 2007 et dans le canton de Vaud, l'expert somatique de ville touchait moins de 2000 francs par expertise et l'expert psychiatre dans les 2750 francs.

Il existe cependant un nombre non négligeable de médecins qui dépendent trop de l'AI. Ce problème concerne plus particulièrement les psychiatres. Franchement, Dr Buchs, comment peut on émarger pour plus de 100'000 francs en une année à l'AI et être indépendant de l'AI ? Ces quatre là doivent être éliminés.

Le problème n'est donc pas seulement Séchaud ou Baleydier.

Mais comme vous n'avez rien à cacher : Des chiffres, merci.

http://www.vd.ch/fileadmin/user_upload/organisation/gc/fichiers_pdf/182_Texte_CE.pdf

Écrit par : CEDH | 27/11/2010

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