14/06/2013

Corvéables à merci ?

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Passionnant édito de Bertrand Kiefer (comme toujours) dans la revue Médicale Suisse.

Les médecins assistants en ont marre.

Trop d’heures de travail.

Un avenir bouché.

Des structures hospitalières qui ont tendance à oublier l’humain pour se concentrer sur le rendement et l’efficacité.

En 2002, nous avions obtenu 50 heures de travail hebdomadaire et un maximum de 7 jours de travail de suite.

Avant, jusqu’à 80 heures par semaine et aucune limitation du nombre de jours de travail de suite.

Je me rappelle avoir fait, régulièrement, 14 jours sans congé.

Et bien cet accord n’est toujours pas appliqué.

La seule différence entre eux et nous, c’est que nous étions défendus par nos patrons, nous avions une formation pratique et clinique de premier choix et nous ne dépendions pas du bon vouloir de l’administration.

Et surtout, nous avions un avenir. Une formation valable, la possibilité d’ouvrir un cabinet ou de postuler à un poste de médecin chef.

Les hôpitaux ont perdu leurs âmes.

Ils sont devenus des usines de hautes technologies.

Il faut produire.

 

« Plus personne n’est censé se dévouer, dans le monde hospitalier actuel, clarifié par un management ultra contrôlant. Et pourtant, des médecins assistants, la société attend un service altruiste, désintéressé, qui aille au-delà de la loi. Ils ne sont pas comme les cadres administratifs ou ceux des assurances-maladie, qui refuseraient la plus petites de leurs gardes. Non les assistants sont la chair de l’hôpital. S’il faut les comparer à d’autres groupes humains, c’est plutôt du côté des travailleurs sans papiers et des prostituées qu’il s’agit de regarder. Ils sont de ceux qui, dans l’hypocrisie générale, sacrifient leurs corps pour que l’insouciance puisse continuer ».

Bertrand Kiefer

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