08/07/2014

La faillite d'un système.

 

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4.5 % d’augmentation des primes d’assurances maladies en 2015.

A ce rythme, dans 10 ans, la grande majorité des suisses ne pourront plus payer leur prime et c’est l’Etat qui devra intervenir pour les couvrir.

A chaque fois les explications données, pour expliquer cette hausse, ne sont pas satisfaisantes.

On énonce un chiffre, le Conseil Fédéral râle et on se met d’accord pour un chouia de baisse.

Une année ce sont les médecins, puis les hôpitaux, puis les médicaments, pas de vison à long terme.

La politique de santé doit être menée par l’Etat, comme la politique de sécurité et l’éducation.

Un débat doit avoir lieu sur des questions essentielles comme qui doit financer la vieillesse, nos primes ou un autre système.

Doit-on continuer à payer nos médicaments 30 à 40 % plus chers qu’à l’étranger ?

Doit-on continuer à subventionner les cliniques privées ?

Doit-on modifier la liste des prestations ?

Si nous voulons que cela change et que nous sachions exactement pourquoi nous payons nos primes, une seule solution.

 

Se réapproprier la conduite de la politique de la santé en votant OUI à la caisse publique d’assurance maladie.

 

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Commentaires

Ah ah ah, mais mon Bertrand que'est-ce qui vous arrive ? Vous n'avez plus foi dans le capitalisme ? Vous réalisez seulement maintenant que la santé est un business lucratif qui rapporte des milliards ? Que vous en profitez ? Pas assez selon vous.

Vous allez vous faire exclure du PDC si cela continue. Un peu de démagogie ça passe mais pédale douce hein ?

Cela dit nous savons tous sur ce blog que vous ne voterez jamais oui, vous êtes beaucoupo trop attaché au système actuel. Cela dit j'ouvre les paris ok ? cela dit on vous connait, je ne prends pas un risque énorme.

Écrit par : Anastase | 08/07/2014

Vous me connaissez bien mal Anastase.
Mais je vous excuse.

Écrit par : Bertrand Buchs | 08/07/2014

Critique un peu facile !

Le fait est que la population vieillit et que les moyens à mettre en œuvre pour gagner encore un peu d'espérance de vie ou vaincre des maladies qui sont encore mortelles actuellement sont plus importants que pour soigner une grippe !

Faire croire que l'Etat va être meilleur marché que les entreprises privées est de la poudre aux yeux et vous le savez bien. Regardez ce qui se passe avec les Hôpitaux. Plutôt que d'avoir une planification réaliste et efficiente, chaque canton veut tout avoir. Cela produit de la surcapacité et des doublons qui coûtent extrêmement cher.

A l'heure actuelle, ce que vous n'obtenez pas d'un groupe d'assureur, vous l'obtenez de l'autre, il y a concurrence et négociation. Avec une caisse unique, il n'y aura plus de négociation. Face à la hausse des coûts (la caisse unique ne va rien changer dans ce domaine) vous n'aurez plus qu'un interlocuteur et plus de négociation possible. Comme les politiques voudront limiter au maximum cette hausse, il faudra choisir entre diminuer votre rémunération ou réduire le catalogue des prestations remboursées. Je me réjouis par avance de vous entendre ce moment venu !

Avoir une vision d'ensemble des coûts de la santé, cela s'appelle, par exemple, "réseau de soins intégrés" et cela concerne 1.95 millions d'assurés en Suisse. C'est le seul modèle qui tienne compte de la totalité des coûts générés. Ce type de modèle est bien plus répandu en Suisse alémanique et cela va avoir une influence certaine sur la différence de vote entre une partie de la Suisse romande et le reste de la Suisse.

A la négociation d'un partenariat entre tous les acteurs de la santé de façon responsable et libre vous semblez préférer la mise sous tutelle de l'Etat. Après tant de billets sur votre blog pour défendre et glorifier le rôle du médecin en cabinet privé, vous abandonnez vous aussi la partie et vous vous réjouissez de devenir "salarié" de l'Etat.

J'espère pour vous que votre syndicat sera aussi combatif que celui des policiers à Genève !!!

Écrit par : MC | 08/07/2014

Le système actuel est a la limite de l'escroquerie. Probablement on vous vole depuis des années et vous acceptez de payer sans pouvoir vérifier le bien fondé de vos primes. Vous êtes libre de vouloir continuer de vous faire tondre.
Je préfère être sous le contrôle de l'Etat que salarié d'une caisse maladie.
En Suisse nous pouvons agir sur l'Etat mais pas sur les caisses maladies.
Pensez vous logique d'avoir la police sous contrôle de Securitas ou l'instruction publique sous le contrôle d'une quelconque secte.
Et bien vous avez accepté que votre santé soit régie par une entité privée qui se moque comme en l'an 40 de votre bien être.

Écrit par : Bertrand Buchs | 08/07/2014

Excellente analyse par MC. En ce qui me concerne je ne me réjouis pas du tout à l'idée d'être mis sous tutelle par l'Etat. Rien qu'en ce moment, la CPEG ne m'a toujours pas versé ma prestation de sortie 7 mois après avoir quitté les HUG. Heureusement que je n'en ai pas besoin pour m'installer!

Écrit par : DP | 08/07/2014

M. Buchs, si en Suisse vous pensez que le citoyen lambda peut agir sur l'Etat, vous avez une grosse poutre dans votre oeil. Et si vous pensez que l'Etat sera plus efficace que la gestion privée, c'est carrément tout un gros tas de traverses de chemin de fer qui encombre votre vision. Je vous suggère un petit stage aux HUG pour mieux vous rendre compte à quel point la médecine étatique est efficace.

Écrit par : dp | 08/07/2014

Cher DP, je suis un incorrigible optimiste et je pense que nous pouvons réformer l'Etat. C'est le travail de tous les citoyens. Quand aux HUG je suis d'accord avec vous et je suis probablement le seul a le dénoncer a longueur de séances du GC.
Je crois que vous vous trompez en pensant que le prive est toujours parfait et l'Etat lamentable.
La vérité se situe ailleurs. Mais ce que je n'accepte pas c'est de me faire voler chaque mois par des organismes soit disant privés.
Nous avions lancer l'initiative pour séparer le prive du public. Monsieur Berset a voulu reprendre l'idée pour en faire un contre projet.
Dites moi pourquoi cela a été refusé par les chambres ? Simplement parce que la vache a lait du public allait disparaître. CQFD

Écrit par : Bertrand Buchs | 08/07/2014

c'est toute la pyramide qui est pourrie et le peuple lecteur vrai sado-masochiste se nourrissant d'articles de plus en plus déprimant pour ensuite exiger des soins ,c'est le monde à l'envers qui fonctionne à contresens du bon sens et à presque tous les niveaux
Et ce monde à l'envers fait le bonheur de nombreux charlatans ayant quitté leur pays ou les cancéreux meurent ou la folie est de plus en plus perceptible et ils voudraient nous faire croire à des traitement miraculeux?
Il faudrait cesser de faire croire n'importe quoi au peuple qui trime !

Écrit par : lovsmeralda | 08/07/2014

C'est juste, il y a certainement des profits, pas tous très équitables, mais le système marche, les factures sont remboursées, les soins prodigués. De mon côté le risque de désorganisation du système si cette initiative est acceptée me paraît dépasser le bénéfice potentiel (quel est-il du reste, à part d'empêcher les assureurs de réaliser des profits?).
Si vous pensez que l'Etat n'est pas capable de voler les citoyens, là aussi, je pense que vous vous trompez. Ce sera seulement d'une autre manière.
Si les chambres refusent de séparer le privé du public, c'est les chambres qu'il faut changer, et si le peuple ne veut pas changer les chambres, il faut qu'il assume ses choix. Peut-être que les votants ne sont pas contre un peu d'opacité comptable? faut-il que l'Etat mette toujours sont nez partout au centime près?
Larguer l'équivalent d'une bombe atomique sur tout le système de santé suisse me paraît largement excessif.

Écrit par : dp | 08/07/2014

Cher dp, le système marche tellement bien que les Genevois, les Vaudois et les Zurichois (et 4 autres cantons) attendent toujours le remboursement des primes trop payées des 10 dernières années, soit 2 milliards, oui 2000 millions... !
Mais bon, si vous avec confiance dans ces caisses... libre à vous

Écrit par : toto | 08/07/2014

Caisse publique qui fonctionne parfaitement bien : la SUVA

Vous ne trouverez aucun patron, ni même aucun PLR pour critiquer le bon fonctionnement de la caisse publique d'assurance accident SUVA (ex-CNA).
(il y a même des patrons qui n'ont pas l'obligation d'y adhérer qui le font volontairement, c'est dire...)

Elle a fait ses preuves et certaines années le montants des primes diminue si les charges ont baissé l'année précédente. Comme quoi...

Écrit par : toto | 08/07/2014

Le système actuel ne peut que dérailler puisqu'il est construit sur une concurrence artificielle. Si la différence entre l'assureur A et B repose sur la qualité des linges éponges qu'il vous offre un fois l'an ou encore sur les rabais de cure "wellness" qu'il vous a soit-disant obtenue auprès de l'un de ses "partenaires", cette concurrence n'est rien de plus qu'un miroir aux alouettes. Les alouettes étant nous nous les assurés, je pense qu'il est temps de cesser ce petit jeu.

La preuve de la dérive sont les surprimes qui nous ont été purement et simplement volées avec la complicité passive de la haute administration fédérale et qui totalisent tout de même plus de 800 millions. Le sommet est que grâce à l'appui de partis politiques complices, ils ne nous rembourseront que la couenne du lard, le gras restant dans leurs caisses.

L'autre preuve du double discours est que ces pseudo concurrentes se battent pour conserver le modèle alors que, dans le même temps, elles geignent pour dire que la LaMal n'est pas rentable. SI ce n'est pas rentable, qu'elles laissent la caisse publique assurer les prestations qui, selon elle ne sont pas rentables.

Ce double langage est juste insupportable et il est temps d'y mettre un terme. Et que l'on ne vienne surtout pas opposer la libre entreprise au modèle de caisse publique.Dans ce denier le libre choix des médecins subsistera peut-être même mieux que sous la pression d'assureurs qui ne sont pas là pour assurer nos soins mais pour soigner ses gains.
Heureusement qu'il y a des professionnels sérieux qui viennent aux côtés des patients-pigeons pour affronter les colosses du capital-assurance. Sans ces médecins lucides, nous risquerions d'être comme le coq français, plumés prêts à cuire.

Le MCG par son Conseiller d'Etat Mauro Poggia a toujours été de ce combat et nous aurons besoin de son appui et de celui d'autre politiciens de premier plan comme M. Maillard qui est un homme de grande valeur, particulièrement sur cette thématiques.

Si la caisse unique est montée sur le même modèle que la SUVA, elle fonctionnera très bien et tout le monde sera sur pied d'égalité.

Écrit par : Patrick Dimier | 08/07/2014

Il me semble quand même que ce sont avant tout le coût de la médecine en général qui est en cause plus que la gestion. En plus les retraites des fonctionnaires coûtent plus que dans le privé à l'employeur.
A mon avis si l'initiative passe cela ne changera rien.
Le mieux serait de revenir à une assurance de base plus restrictive et d'aider ceux qui doivent l'être mais en vérifiant...

Écrit par : Christian Favre | 09/07/2014

Parallèle très intéressant avec les caisses de pensions.

Comment expliquer que les caisses privées aient des taux de couverture bien meilleurs que les caisses publiques qui ont presque toute déjà été sauvées (recapitalisées) au moins un fois ?

Pour répondre au Dr. Buchs, le système actuel me permet de choisir entre plusieurs assureurs (avec des niveaux de primes très différents), plusieurs niveaux de franchise, plusieurs modèles de soins (standard, médecin de famille, pharma, managed care). La philosophie de ces caisses est parfois très différente, tout comme le service, le fonctionnement,... Et si je ne suis pas content je peux changer de caisse, tout comme de modèle d'assurance.

Il fut un temps où beaucoup de médecins se plaignaient de la SUVA à cause de l'impossibilité de négocier avec eux, des modifications unilatérales des factures (positions par remboursées),... En bref d'un certain monopole !

La Caisse unique sera pire encore. Aveuglé par le scandale des primes payées en trop et les problèmes que vous rencontrez vraisemblablement dans votre pratique avec certains assureurs vous foncez tête baissée vers l'échafaud.

La Caisse publique sera paralysée par sa composition même. Les politiciens ne voudront pas augmenter les primes, tout comme les représentants des assurés/patients, les collectivités publiques ne voudront pas renoncer à leurs infrastructures médicales et les médecins à 1 centime de leur valeur de point. Il en résultera un déficit chronique épongé par le contribuable (qui est aussi le payeur des primes).

Écrit par : MC | 09/07/2014

"Parallèle très intéressant avec les caisses de pensions.

Comment expliquer que les caisses privées aient des taux de couverture bien meilleurs que les caisses publiques qui ont presque toute déjà été sauvées (recapitalisées) au moins un fois ?" (MC)

Réponse 1
Certaines caisses privées avaient joué au casino avec des placement hasardeux dont la promesse de gains faramineux étaient tout simplement mensongère. On ne s'en est aperçu qu'avec la crise des subprimes et l'éclatement des bulles spéculatives, technologique autrefois, immobilière il y a tout juste 7 ans.

Réponse 2
L’état n'avait jamais versé sa cote part patronale de couverture pour la pension de ses retraités. L'argent avait été dépensé à autre chose, parfois à alléger le poids de la dette du canton.
C'est à cet endroit que le législateur doit travailler à une loi cantonale qui oblige l'exécutif à cotiser (le privé y est assujetti). Cela serait au moins transparent car cette cotisation apparaîtrait dans les dépenses réelles de fonctionnement et dans le patrimoine administratif de l'état.

Comme l'a soulevé Patrick Dimier, la liberté de choisir entre un linge éponge qui pèse 700g de coton/mètre carré et 550 gr/m2, peut aussi continuer à se faire avec de nouvelles offres entre des linges de
200 gr/m2 et 180 gr/m2,
C'est choisir l'un des deux produits, tous deux en bas de gamme, à la limite de la première nécessité.

Avec la Caisse Publique, cette première nécessité sera considérée comme seuil obligatoire de l'institution. La qualité qui doit s'ajouter selon les moyens globaux, sera offerte automatiquement et elle sera indépendante de la puissance économique des assurés. C'est tout simplement de la démocratie face au droit d'être secouru en cas d'atteinte corporelle. Si les moyens de soins progressent, tous en bénéficieront indistinctement.

Les caisses préfèrent nous offrir un large éventail de choix, tous à la baisse. Ils sont relatifs à l'intérieur-même d'une offre bloquée, même en payant une grosse franchise.

"Il fut un temps où beaucoup de médecins se plaignaient de la SUVA à cause de l'impossibilité de négocier avec eux, des modifications unilatérales des factures (positions par remboursées),... En bref d'un certain monopole" (MC)

Les caisses privées aussi sont réticentes à payer le dû facturé, c'est bien pour cela qu'elles ont inventé le système des points et de valeur de l'acte proprement médical. Souvent ce sont les médecin qui prennent sur eux de ne pas facturer le temps et certains actes utiles pour éviter aux patients des déconvenues avec leur caisse.

Distinguer ce qui est médical et ce qui ne l'est pas?
Autant créer un robot qui ne se met à fonctionner que lorsque le patient appuie sur le bouton après s'être introduit dans une cabine d'examen. Il n'aurait même pas besoin de décrire son mal. A sa sortie, il n'a qu'a ramasser son ticket de diagnostic comme d'un bancomat.

Des causes et des effets, cette relation semble bannie du concept acte médical. Si on prive le médecin des possibilités de connaître les raisons de votre affection, et le patient du temps de description, il ne restera plus que la pharmacopée et une ordonnance pour clore la consultation.

Voilà où mène la médecine déshumanisée.
La grande pharma fera le reste. Elle a développé ses propres écoles, ses laboratoires et ses séminaires de formation qu'il faut dire, en réalité, d'initiation au mode d'emploi de ses produits.

Les assurances se fichent éperdument des confrontations des médecins à des patients avec problématiques de santé complexes. De toute évidence, chaque individu est un une somme de vécu et de réactions qui le rendent singulier dont le traitement doit aussi être singulier, qui fait appel à des ressources supplémentaires outre celles purement professionnelles.
On ne peut même plus parler de thérapeutique, il faut expédier les cas dans les normes imposées. Des deux côtés, la douleur devient la seule préoccupation et trouver ce qu'il faut pour l'apaiser est censée libérer momentanément les deux protagonistes.

Bon nombre de jeunes médecins du pays ou étrangers n'ont pas les moyens de s'installer, la caisse publique pourrait mettre sur pied des unités médicales dans les quartiers et dans les communes pour les employer comme salariés, inclusivement dans la structure médecine universitaire. Y seraient tous gagnants, et les assurés et les médecins, eux, bénéficiant d'une synergie de formations continues dans les conditions professionnelles idéales.

Clairement, j'encourage les citoyens à donner leur préférence à la Caisse Publique. Les Caisses Privées ne sont préoccupées que par les gains et la capacité de rémunération de leurs actionnaires. La pression à la fois sur la profession médicale et sur les assurés est malsaine pour tous et démontre qu'elles n'ont pas vocation à s'occuper de la santé humaine.

Écrit par : Beatrix | 10/07/2014

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