12/09/2014

Une année...

 

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Le 13 septembre 2013, j’étais KO debout, complètement désarçonné, ne comprenant rien, doutant de tout, m’emportant violemment contre mes confrères psychiatres.

Adeline était morte. Pour rien ?

Elle prenait de grands risques pour défendre une idée magnifique. Réinsérer ceux qui avaient fait le pire, qui s’étaient mis en marge de notre société. Prouver qu’il était possible de tourner la page.

Idées humanistes ou complètement décalées ?

Nous nous sommes battus à quelques uns pour dire qu’elle n’était pas responsable, que nous étions responsables.

Nous pensions que notre gouvernement allait assumer ce dysfonctionnement majeur de nos institutions. Ses excuses m’avaient touché.

Et puis plus rien... Oui c’est vrai des rapports sans suites, à part un renforcement de certaines règles sécuritaires, mais aucune réponses à nos questions sur le contrôle interne obligeant à une surveillance d’une telle institution.

Une impression, comme d’habitude, de chercher des lampistes, ces fusibles si facile à changer.

Le conseil d’administration de des HUG a fâché en se défaussant et en n’assumant ses responsabilités.

Le Conseil d’Etat a essayé de mettre la faute sur les médecins et leur inutile secret médical.

Il a fallu que la parlement décide d’une commission d’experts pour que le directeur de l’hôpital sorte de sa réserve et admette que la responsabilité n’est pas seulement du côté de l’ex-directrice. Un petit pas.

J’attends depuis 1 an que nous assumions cette tragédie, que nous acceptions de dire que nous avons failli.

Je garde cet espoir, pas pour désigner un coupable, mais simplement pour remercier cette femme d’avoir assumé sa tâche sans se plaindre et s’être sacrifiée pour que nous puissions ouvrir les yeux.

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Commentaires

Je vous suis sur le fait qu'il faille assumer la responsabilité de ce décès.
Mais pas comme vous l'entendez.

Renforcer les règles sécuritaires a été un premier pas assez simple à faire.
La suite, si vous voulez agir pour ne pas culpabiliser qui que ce soit, est de limiter le secret médical concernant les individus dangereux. Puis alourdir les peines pour les crimes violents (on l'a bien fait pour les crimes "potentiels" comme les excès de vitesse).
Et finalement, arrêter de faire commission sur commission sur enquête parlementaire... Ca ne la ramènera pas. La lumière a été faite sur les circonstances du drame et sur les dysfonctionnements de cette institution.
Finalement c'est un dysfonctionnement de notre société. Nous ne pouvons pas sauver tous les criminels, il faut l'accepter.
Allez expliquer aux parents que l'assassin de leur fille aura droit, dans quelques années, à des sorties accompagnées pour se divertir. Il faut arrêter d'être gentil. Ca ne soigne pas, mais ça les écarte de notre société et, du moment qu'elle a failli à les réinsérer, elle doit protéger ses citoyens.

C'est dur, mais je ne veux plus voir ce type de drame, parce que nous nous sommes pris pour dieu.

Mirko Righele

Écrit par : Righele | 12/09/2014

Pauvre Adeline, que ne fait-on pas en ton nom. Que la foudre s'abatte sur ces médecins de Molières, ces sentencieux, ces prévaricateurs ces faux prophètes qui se saisissent de cette affaire pour attirer la lumière sur eux. Foutez la paix à la famille de jeune fille et arrêter de vous mêler de ce qui ne vous regarde pas.

Écrit par : Anastase | 13/09/2014

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