28/11/2014

Comment bien faire ?

 

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Vous voulez aller travailler à Berne, dans notre belle administration fédérale.

Cela tombe bien, il manque des suisses romands.

A soutenir donc.

Vous postulez, vous avez le bon profil mais patatras ce n’est pas possible car il vous manque une connaissance parfaite de l’allemand technique.

Donc on résume, pour aller travailler à Berne dans notre belle capitale, il faut être parfaitement bilingue.

La priorité aux romands, c’est de la poudre aux yeux.

Dans n’importe quelle entreprise privée, si vous correspondez au poste, on va vous donner un cours accéléré dans la langue qui vous sera utile.

3 à 4 mois en immersion, axée sur le travail que vous allez faire.

A Berne, niet.

Il faut mieux travailler à l’école et espérer que nos heures passées sur la littérature allemande puissent nous servir à quelque chose.

Allez une petite motion déposée au parlement.

Qui s’y colle ?

Simplement de donner des cours accélérés d’allemand avant de commencer à un poste.

Et peut-être que nous aurons quelques romands dans l’administration fédérale.

 

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17/11/2014

Quelques réflexions...

 

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Le premier salon  suisse de la santé a eu lieu sur le site de l’EPFL. Un succès qui a dépassé toutes les espérances.

Bravo aux organisateurs.

Juste une remarque.

Pourquoi à Lausanne et pas à Genève, sachant que le responsable de cette manifestation est doublement genevois. Monsieur Bertrand Kiefer est le rédacteur en chef de la Revue Médicale Suisse.

Probablement parce que les conditions étaient meilleures à Lausanne et qu’il pouvait bénéficier d’une synergie avec l’EPFL.

Les automnales avaient peut-être la priorité.

Une réflexion.

Genève est à la traîne pour tout ce qui touche la santé.

Le CHUV et l’EPFL sont devenus les leaders.

Exit l'idée de campus universitaire sur le site du PAV ou de la jonction (dépôt TPG).

Rien de prévu, à part rénover nos bâtiments universitaires.

Des querelles entre cliniques et HUG.

Mais rien de positif, pas de projets pour l’avenir.

Peut-être le centre sur le cerveau, mais il est là grâce à l’EPFL.

Il va falloir réagir ou devenir une charmante sous-préfecture comme dans la chanson de Trenet.

 

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11/11/2014

Faut-il instituer un moratoire sur les équipements médicaux lourds ?

 

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La question se pose principalement pour les équipements radiologiques depuis que le Tribunal fédéral a tranché en faveur du gouvernement neuchâtelois qui s’était opposé à l’achat d’un scanner par une clinique privée.

Le canton de Vaud désire légiférer en mettant en avant la maîtrise des coûts de l’ambulatoire.

En tant que médecin traitant, je n’ai aucun intérêt financier à prescrire ce type d’examen.

Je pourrais donc conclure qu’il faut laisser faire la libre concurrence. Les meilleures vont rester et les mauvais mourir.

Oui, mais c’est dans un monde parfait et le diable se cache dans un petit détail.

L’accès rapide à un examen le rend brusquement banal.

Vous perdez la réflexion de la nécessité de le faire.

Je le fais pour être sûr de ne pas me tromper et après je verrai bien s’il m’est utile.

Nous sommes en train de renverser notre raisonnement clinique.

Je vois mon patient, je L’EXAMINE, je pose un diagnostic différentiel et après je me pose la question des examens en tenant compte des coûts-bénéfices.

Actuellement je remarque que mes confrères discutent avec leur patient, prévoit un panel d’examen et après ils trient en espère avoir un diagnostic donné par l’examen.

Le problème c’est que l’examen confirme ou infirme le diagnostic que vous avez posé préalablement. Il répond à votre question. Sans question pas de diagnostic et des examens complètement inutiles.

Tous les jours, je vois des personnes qui viennent me voir avec 1 à 2 examens radiologiques alors qu’un simple examen clinique aurait suffi pour poser le diagnostic. Entre une consultation à 100 frs et un bilan radiologiques entre 1000 et 2000 francs sans compter les consultations du médecin traitant et les coûts des arrêts de travail la conclusion est claire.

Oui l’augmentation des équipements radiologiques augmentent les coûts de la médecine.

Deux solutions : suivre la proposition vaudoise et légiférer ou diminuer le prix de ces examens.

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07/11/2014

Sommes-nous des hypocrites !

 

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Quel vent de révolte contre les juges étrangers.

Depuis que la cour européenne des droits de l’homme, organisation à laquelle nous participons, a accepté le recours d’une famille afghane, nous avons tous revêtu notre habit de Guillaume Tell.

Il faut respecter la loi. Un point c’est tout.

La cour européenne ne dit pas autre chose, mais elle ajoute que pour une famille, il faut simplement s’assurer que des conditions d’accueil minimales soient mises en place.

Garantir le regroupement familial, avoir un logement salubre et une possibilité de scolarisation.

Rien d’autre.

L’obligation de rester sur le territoire d’entrée en Europe n’est plus gérable. L’Italie doit assumer la quasi majorité des réfugiés.

Trouvez-vous logique que nous fermions les yeux ?

Vous savez à quoi ressemble notre réaction : a un symptôme d’un état dépressif.

Nous ne voulons plus sortir de chez nous. Nous voulons être protégés. Nous n’avons plus de projet d’avenir à part vivre au jour le jour.

Et surtout nous ne supportons plus l’autre, qui devient une potentielle agression.

Nous ne vivons plus. Nous survivons.

Va falloir mettre en place une psychothérapie collective.

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04/11/2014

Deuxième essai.

 

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Monsieur le Conseiller d’Etat Poggia a présenté dans la presse, hier, l’amendement général qui a pour but de corriger son projet de loi sur le secret médical concernant les détenus potentiellement dangereux.

On ne parle plus de ce satané secret médical mais de collaboration, d’obligation et de la commission de lever du secret.

 

Rappelons d’abord certains faits :

 

  • L’affaire Adeline n’a rien à voir avec le comportement des médecins.

  • La situation actuelle ne pose aucun problème à la Justice et à la direction des prisons.

  • La collaboration existe et elle fonctionne.

  • Il ne faut pas confondre le rôle du médecin expert avec celui du médecin traitant.

  • En cas d’expertise, le secret médical est levé à la demande de l’expertisé.

  • On ne touche qu’au secret médical mais on conserve le secret de l’avocat ou de l’ecclésiastique.

  • Et pour terminer, il n’existe pas, dans la littérature médicale, de critères de dangerosité.

Ce nouveau projet de loi, sous réserve de son examen en commission, semble inutile, car ne modifiant en aucun cas la pratique actuelle.

Un règlement aurait pu suffire.

Il semble que premièrement que l’on veuille faire porter la responsabilité politique de l’affaire Adeline aux médecins.

Deuxièmement, il me semblerait, et j’ai fait cette proposition, plus intéressant de demander au service médical des prisons (qui est en train de devenir un des plus important au monde) de faire un travail de fond sur les critères de dangerosité.

Une fois connus, la discussion pourrait avoir lieu sur des bases solides.

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