06/01/2015

Un grand merci à SantéSuisse.

 

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Juste avant les fêtes, j’ai reçu de la part de la Caisse des Médecins, la société coopérative qui gère ma facturation, le message suivant : « Sur injonction de plusieurs caisses-maladie, la Caisse des Médecins a été sommée de cesser avec effet immédiat d’établir des factures accordant un rabais de 10% aux patients dans leur forme actuelle (montant du BVR différent de celui de la facture)…Pour l’avenir afin d’être en totale conformité avec les règles de la Lamal une remise accordée à un patient doit être obligatoirement mentionnée sur la facture qui est envoyée à l’assurance ».

Donc voilà, je suis sommé de renoncer de décider ce que je fais de mes factures.

En conformité avec les règles, et non la Loi, certaines caisses maladies décident.

Drôle de démocratie.

Cela ne m’étonne pas, puisque depuis 1996, les assurances maladies font comme elles veulent.

Donc fini d’aider les patients qui ont de la peine à boucler leur fin de mois.

Je perdais 10 % sur ma consultation, l’assurance ne perdait rien.

En quoi cela les regarde. J’établis une facture pour mon patient en non pour l’assurance, tout en devant respecter le TARMED.

La médecine libérale est vraiment en train de mourir.

Nos confrères français s’en sont également rendu compte, eux qui se battent pour ne pas être payés directement par les assurances, mais toujours par le patient.

Ils ont compris qu’ils devenaient les otages des assurances.

J’en ai un poil ras la casquette…

 

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Commentaires

Vous devriez en parlez à beaucoup de vos nouveaux collègues qui n'ont pas encore compris les dangers du Tiers payant

Bonne journée à vous

Écrit par : MC | 06/01/2015

Je trouve cet article très intéressant, et il me convainc une fois de plus que les assurances-maladie font bien leur job de surveillance.

En tant qu'assuré, et payeur de primes, je suis assez choqué par cette pratique qui consistait à fournir, en réalité, une facture au patient qui ne correspond pas au montant réellement payé.

Le patient qui n'avait pas atteint sa quote-part annuelle versait 90% au médecin et se voyait rembourser de 90% par l'assurance; il n'avait donc pas à bourse délier. Il échappait donc à l'obligation légale de participer aux coûts de la santé par le biais de la quote-part.

Le patient qui avait atteint sa quote-part, versait quant à lui toujours 90% au médecin mais touchait 100% de la prestation, empochant au passage les 10% de différence en liquide ! L'assurance-maladie est là pour financer les coûts de la santé, pas pour procurer un revenu supplémentaire aux patients.

C'est là un détournement grave du système. Si l'on applique ces "ristournes" à l'ensemble du système, les assurés verseraient 2 milliards de trop par année.

Qui sont les gagnants d'un tel système ? Le médecin, qui trouve là un moyen d'attirer des patients, l'assuré, qui échappe à la quote-part ou, pire, encaisse directement de l'argent sur le dos des autres assurés.

Comme assuré, on peut en avoir "un poil ras la casquette…", vous avez raison.

Écrit par : Philippe Nantermod | 06/01/2015

Cher Philippe Nanternod,
Ta remarque est exact si cette pratique était generalisee.
Dans mon cas ce n'est qu'une dizaine de cas par an qui s'ajoute à tout ce que je ne facture pas ( téléphone, ordonnances) avec moi les assurances font de grosses economies ( je suis à 80 % de la moyenne des factures ). Il me semble que j'ai le droit de temps en temps de donner un petit coup de pouce à des gens peu fortune.

Écrit par : Bertrand Buchs | 06/01/2015

Monsieur Buchs je vous souhaite malgré tout mes meilleurs vœux pour 2015

Écrit par : lovsmeralda | 06/01/2015

Au final, vous avez l'impression que le médecin libéral renonce à une partie de son gain pour aider plus pauvre que lui.

Jusque là rien d'anormal et plutôt sympa de voir qu'il y a encore des humanistes dans la carrière. Le problème c'est plutôt que, précisément à cause du système de solidarité, votre grandeur d'âme, au final, se fait financer par l'ensemble des assurés. Et cela, sur le principe, ce n'est pas acceptable. Il est normal et rassurant que les assurances tiquent un brin.

Surtout qu'il y a probablement d'autres moyens de se rendre bénévolement utile qu'en ponctionnant la solidarité nationale...

Écrit par : Ulysse Will | 06/01/2015

A la lecture du commentaire de Philippe Nantermod, je tombe des nues en découvrant le degré d'imagination de ce qu'il faut bien appeler des fraudeurs.
La LAmal est critiquable sur de nombreux points, mais ses règles doivent être respectées. Rien ne justifie que le montant du BVR soit différent de celui de la note d'honoraires.

Je n'ai aucun doute sur votre humanisme Dr Buchs, mais cette pratique doit être bannie.

Cordialement !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 06/01/2015

Cher Jean d'Hôtaux, ne vous faites pas de soucis. Cette pratique n'exigera plus au niveau de mon prestataire la caisse des médecins. Maintenant cette façon de faire était connue des assurances et ne se faisait pas dans leur dos, puisque la Caisse des Medecins avait intégré ce mode de facturation dans son logiciel. Donc je n'ai jamais imaginé que je faisais de fausses factures et que je mettais en danger l'assurance maladie suisse.

Écrit par : Bertrand Buchs | 06/01/2015

" Pour l’avenir afin d’être en totale conformité avec les règles de la Lamal une remise accordée à un patient doit être obligatoirement mentionnée sur la facture qui est envoyée à l’assurance ». "

Si l'on vous écrit que vous devez être en conformité avec les règles de la LAMAL c'est une malhonnêteté de votre part de prétendre que se sont les caisses maladies qui décident. Les règles de la LAMAL ce sont des règles de l'état pas celle des caisses maladies.

D.J

Écrit par : D.J | 06/01/2015

attention vous parlez de respecter les LOIS
Celle qui faudrait respecter est celle UNIQUE du marché!
Je vous invite à relire ma présentation...

Le marché selon Porter...
Ya un prestataire et un demandeur. (Méd / patient par exemple)

Le business Méd --> offre une prestation demandée par le patient
Puis
Méd acheteur
La pratique montre que dépassé 3% de prélèvement intermédiaire l'acheteur by passera

Voilà c'est tout!
La relation € ne souffre d'aucun intermédiaire!!
Et là les assureurs jouent les intermédiaire ds cette relation € alors qu'ils ne font pas partie du modèle!!
Et en plus ils désirent réglementer le tout alors que se sont de simple boomarker qui parient sur les risques!

Donc la théorie ne leur prévoit pas de place!... Et pourtant?

La LOI corrige ou essaye de corriger des problèmes vieux de 50 ans! Et le problème c'était l'inégalité sur les paris de bonne santé ou seul les bons risques... Et l'état a essyé de corriger ce biais...

Puis ces parieurs essayent de réglementer un jeu dont ils ne sont pas acteur un point c'est tout!

Mon explication ne plait pas? Tant pis c'est la LOI du marché! Et ce dernier aura tjrs raison!
Bonne lecture

Écrit par : Gini | 07/01/2015

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