05/02/2015

La loi du plu gros...

 

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La santé est un marché qui rapporte gros et qui va appartenir à celui qui en maîtrise toute la chaîne de décision.

Le petit artisan va disparaître.

Le médecin et le pharmacien vont perdre leur indépendance et deviendront qu’une pièce d’un rouage.

Deux exemples à Genève : la création d’une pharmacie sur un site publique (le nouveau bâtiment des lits des HUG), qui même si théoriquement elle va appartenir aux pharmaciens genevois, va entraîner la possible fermeture de 20 à 30 petites pharmacie de quartier (probable perte de chiffre d’affaire sur les ordonnances de 4 à 25 %) et la création d’une société de distribution des médicaments par la poste associée au Groupe Médical d’Onex et à sa pharmacie ouverte sur le site de Cité Génération.

Le démarchage des médecins a déjà commencé avec à la clé des offres de prix battant toute concurrence.

Cette concentration de la chaîne de production sur un site ou appartenant à la même société pose problème.

Premièrement la loi est claire. Elle interdit que les ordonnances soient traitées au même endroit. Le médecin prescrit et le malade, sans sortir du bâtiment, va se servir à la pharmacie qui est sur place. Un procès est en cours entre les pharmaciens et la pharmacie de Cité Génération.

La même chose est faite à l’hôpital cantonal, mais là bizarrement cela ne gêne plus les pharmaciens.

Deuxièmement : Il ne faut pas penser que ce qui se passe est un plus pour le patient. Sous les grands principes, il y a le fric. On ne fait pas cela pour vos beaux yeux. Il faut que cela rapporte. Alors on va rationaliser, limiter, baisser les marges des sous-traitants et éviter les traitements trop chers, car on sera en relation étroite avec les caisses maladies.

Vous allez me dire que c’est la vie et que nous ne pouvons plus rien y faire. C’est possible.

Mais le médecin doit rester indépendant des grands groupes de pression. C’est son devoir.

Vous n’êtes pas un objet commercial.

 

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Commentaires

Tiens, tiens, quand on parle de médecine il est de bon ton de parler fric et dénoncer sa toute puissance. En revanche, lorsqu'on vote une loi qui permet impunément à un grand groupe comme Uber de phagocyter un marché entier grâce aux milliards de dollars injectés par des groupes comme Google, Goldman Sachs ou Amazon, alors là on s'en fout comme de l'an quarante et on s'offusque de la résistance des artisans.
Un peu de cohérence Monsieur Buchs vous rendrait plus crédible. Un peu d'honnêteté intellectuelle nous donnerait la confiance qui manque de plus en plus envers le sérail politique qui défend tout et son contraire en fonction des opportunités ou des intérêts personnels.

Écrit par : Pierre Jenni | 05/02/2015

Et ce n'est pas fini! Avec l'accord Général international surles services AGS (TiSA en anglais)
Les 25 pays dont la Suisse risquent encore plus d'ouvrir le marché à la concurrence au domaine de la sante sans pouvoir légiférer au niveau national... Exigeons la transparence du Conseil fédéral! https://m.facebook.com/profile.php?id=1506880889593353

Écrit par : Jack_line | 05/02/2015

Quid des tractations en catimini à Genève sur accords TISA
=> discussions business de multis avec la santé + l'eau potable

"le Lundi 9 Février se tiendront à Genève les négociations sur l'accord secret de libre échange TISA, qui menace, entre autres, de vendre notre eau potable et notre santé à des grandes entreprises multinationales!" (avaaz)

https://stoptafta.wordpress.com/category/accord-tisa/
http://avaaz.org/

Écrit par : genevois déshérité | 05/02/2015

Bonjour Docteur Buchs,

Le travail des réseaux de soins, que vous avez largement combattus, montre qu'il y a des potentiels d'optimisation de la chaine de traitements et qu'il est parfois bien difficile d'obtenir la transparence et la collaboration sur toute cette chaine de traitement. Ainsi, naturellement se créent de telles initiatives. Et cela n'est pas fini, de nombreux partenariats entre le public et le privé vont se développer dans les prochaines années.

Quant à l'argument du fric comme motivation, il est démagogique et injurieux pour les collègues qui font ce choix. Il pourrait d'ailleurs être facilement retourné contre vous et le modèle que vous défendez.

Écrit par : MC | 09/02/2015

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