19/02/2015

A quoi sert le Procureur général de la Confédération ?

 

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Bon, je ne suis pas juriste mais juste un péquenot. Mais quand même avec un petit peu de bon sens, on aurait pu penser, supputer, imaginer qu’une banque peut, pouvait, aurait pu (cocher la bonne réponse) recevoir de l’argent lié au crime organisé ou à la vente d’armes.

C’est vrai, il existe une loi qui l’interdit.

Donc puisque la loi existe, il est impossible que la loi soit détournée de son but.

Naïveté ou monstre fumisterie.

Je suis partial et j’ai tendance à croire à la deuxième solution.

Mais que la Confédération possède les fichiers de la HSBC depuis 6 ans et qu’elle attende le travail de centaines de journalistes, cela dépasse l’entendement.

La cerise sur le gâteau, c’est que même avec les preuves apportées par la presse, le Procureur ne réagisse pas.

Lorsque j’ai appris la perquisition de la banque, j’ai immédiatement pensé que le Procureur général du canton de Genève agissait sur mandat de la Confédération.

Et bien non.

Hier soir au TJ, j’ai assisté à une scène d’anthologie. Le Procureur Jornod a dit qu’il avait agi sur sa propre initiative et qu’il avait averti le Procureur de la Confédération qui lui avait souhaité bonne chance.

Bon, je vais aller prendre un comprimé d’antidépresseur pour pouvoir voir le monde en bleu ciel et me dire que JAMAIS les banques ont pu abriter de l’argent sale, ou alors à l’insu de leur plein gré.

La vie est belle et demain sera un nouveau jour.

 

PS : Merci, Monsieur le Procureur général Jornod d’avoir simplement fait votre boulot.

 

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Commentaires

Et bien comme homme politique de droite, cela devrait vous fgaire réfléchir non ?

Écrit par : Anastase | 19/02/2015

Bonjour,

L'affaire n'est pas dans le sac. En effet, l'argument spontané (spontanéité valant ici aveux de faiblesse) de Jornot selon lequel il ne va pas enquêter sur la base de documents volés mais sur la base de ceux qu'il a saisi pourrait fort bien tomber à plat.

En effet, dans un Etat de droit pour perquisitionner il faut un motif suffisant. Et en l'occurrence la perquisition se fonde sur des données volées. Cela est déjà un problème. Il pourrait peut-être, être surmonté, au vu de la gravité des infractions, si les données avaient été remises pas le voleur ou par un privé au bout d'une chaîne de personnes privées. Mais tel n'est pas le cas. Le voleur les a remis à l'Etat français, qui les a remis à des journalistes, lesquels ont à leur tour, publié ce qu'ils voulaient.

L'intervention de la puissance publique française dans la chaîne d'information qui a conduit à la perquisition pourrait bien invalider celle-ci. Il est a prévoir que les personnes physiques, si ce n'est est HSBC, mettront en avant cet argument.

A suivre ...

A propos si un voleur venait à soustraire les dossiers de l'un de vos confrères généralistes ou psychiatres et les remettre à un Etat étranger et que cet Etat les expurge selon son bon vouloir avant de les remettre à des journalistes qui en publieraient ce qu'ils voudraient, le PG devrait-il coffrer sur-le-champs ceux des patients qui aurait eu la faiblesse d'avouer à leur médecin quelque indélicatesse passée ou bien encore perquisitionner le cabinet de vos confrères ?

Je vous entend déjà vous indigner.

Écrit par : Tard | 19/02/2015

Je pense que c'est un bon moyen de redorer le blason de son parti PLR dont la communication se base ces jours sur un message de "sagesse": ils deviendraient soudain contre les politiques des extrêmes et représenteraient la voie centrale du compromis (voir leurs affiches actuelles).

Mais au moins le boulot se fait. Donc on s'en réjouit..

Écrit par : Jack_line | 20/02/2015

@Tard,

Il y a une différence notoire entre une banque qui accepte des fonds "mafieux" alors que la loi l'interdit, d'un médecin qui ne ferait qu'écouter un patient révéler ses infractions.

En effet, dans le premier cas, la banque commet un délit, alors que dans le 2e cas, le médecin n'en commet aucun.

Écrit par : toto | 20/02/2015

Bonjour, Merci pour votre article. Je ne prends jamais d'antidépresseurs et préfère agir. J'ai créé hier une pétition demandant au Conseil fédéral d'ouvrir une enquête suite à l'inaction pendant 5 ans des Ministères Publics. Merci de la signer et de la transmettre autour de vous. Meilleures salutations.
https://secure.avaaz.org/fr/petition/Au_Conseil_federal_suite_aux_revelations_de_SwissLeaks_Une_enquete_expliquant_linaction_des_Ministeres_Publics_depuis_20/?launch

Écrit par : Michèle Herzog | 20/02/2015

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