05/02/2016

Décision symbolique...

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Hier, le Grand conseil du canton de Genève a décidé de restreindre la portée du secret médical pour les détenus dangereux.

Il est vrai que le législatif a pris des précautions et a accouché de formules alambiquées pour nous expliquer que le secret médical était protégé.

C’est faux, ce secret n’existera plus pour une certaines catégorie de la population, les criminels dangereux.

Ce qui automatiquement crée deux catégories de personnes, celle qui sera protégées et celle qui ne le sera pas.

Avec à la clé, une légende urbaine qui consiste à penser que tout est dans le dossier du médecin et que celui-ci se tait alors qu’il connait parfaitement les désirs de meurtre de son patient.

Avec également une méconnaissance complète de la façon de travailler des médecins et des juges.

Lorsque l’on doit prendre une décision de libération ou de modification du régime pénitentiaire d’un détenu dangereux, il est obligatoirement demandé une expertise médicale. Dans ce cas, le médecin expert n’est plus tenu au secret vis-à-vis du juge et il doit répondre clairement aux questions posées. Le détenu peut s’opposer à cette expertise, mais dans ce cas, il sait qu’il ne va pas retrouver la liberté.

Les tribunaux ont depuis longtemps décidé que l’avis du médecin expert primait sur celui du médecin traitant. C’est le cas pour toutes les formes d’expertises (AI, perte de gain…).

Cela permet au médecin traitant de garder une relation de confiance vis-à-vis de son patient.

Les médecins qui sont ou seront employés par le département de la santé pour travailler à Curabilis ou dans d’autres prisons genevoises vont devenir des employés du département de la sécurité, des sous-gardiens aux ordres d’une hiérarchie non médicale.

Cela a été dit clairement par le Conseiller d’Etat Poggia. Ils devront obéir. Un point c’est tout.

J’encourage mes collègues a refusé tous postes ou tous transferts dans ces institutions.

Et je demande à l’Association des Médecins du canton de Genève de faire recours contre cette loi qui ne respecte pas le droit fédéral.

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Commentaires

"Refuser tout postes ou transferts dans ces institutions" cela veut-il dire que les médecins ne s'occuperont plus des détenus qu'ils soient dangereux ou non, ou alors sélectionnerez-vous les malades avant de les soigner.?? Ou alors vous mettrez-vous hors la loi en gardant certaines constations pour vous avec les risques que cela comporte pour les autres..

Écrit par : grindesel | 05/02/2016

En fait, ce qui vous dérange docteur c'est que vous ne pourrez plus vous cacher derrière un secret pour masquer vos incompétences. C'est un peu facile d'invoquer constamment un secret pour ne jamais devoir rendre des comptes.

Écrit par : Davide | 05/02/2016

Merci de soulever la difficulté dans laquelle est plongé le médecin.
C'est dans de tels cas que le médecin peut jouir de son libre-arbitre pour se laisser guider par sa conscience et avoir l'audace de transgresser une loi humaine au profit d'une loi plus profonde. Actuellement où n'importe quoi est formaté et réglementé, on oublie que ce pouvoir de libre-arbitre réside au fond de nous, quitte à en assumer les conséquences qui, souvent, sont bien moindres que celles qui menacent.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 05/02/2016

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